Suisse
Politique

L'accord entre la Suisse et les Etats-Unis résumé en 6 points

On vous résume le deal entre la Suisse et les Etats-Unis en 6 points

Après plus de trois mois à 39%, un accord est enfin trouvé. La Suisse et les Etats-Unis se sont entendus sur un nouveau régime douanier.
14.11.2025, 23:4015.11.2025, 08:44
Team watson
Team watson

Entre investissements massifs et promesses d’ouverture, la Suisse cherche à apaiser Donald Trump et à protéger ses exportations face aux taxes punitives. Pour retrouver un accès privilégié au marché américain, la Suisse s’engage à investir 200 milliards de francs aux Etats-Unis d'ici à 2028, mais pas que...

Qu’est-ce qui s'est passé vendredi?

La Suisse et les Etats-Unis sont parvenus à un accord dans leurs négociations sur un nouveau régime douanier. Comme l’a annoncé le Conseil fédéral, le nouveau taux de douane s’établit à 15%. Jusqu’ici, il était fixé à 39%.

La Suisse et les États-Unis s’accordent sur un tarif douanier à 15 %.
Le ministre de l’économie Guy Parmelin a obtenu un résultat lors de son déplacement aux Etats-Unis.Image: watson

Le délégué américain au commerce, Jamieson Greer, a avait déclaré, peu avant le Conseil fédéral, sur la chaîne CNBC: «Nous avons conclu un accord. Nous publierons aujourd’hui les détails sur le site de la Maison-Blanche.» Il confirmait ainsi, une première fois, ce qui avait déjà un peu fuité: la Suisse n’aura bientôt plus à payer de droits punitifs de 39%.

Lors de la conférence de presse qui a suivi l'annonce officielle, le conseiller fédéral Guy Parmelin s’est montré satisfait. L’accord constitue un grand soulagement pour l’économie suisse, a déclaré le ministre UDC. Il a également réaffirmé que la Suisse ne s’était engagée à rien qui puisse menacer sa souveraineté.

Bien, mais que dit la Maison-Blanche?

Dans un communiqué publié vendredi soir (heure suisse), la Maison-Blanche indique que la Suisse et les Etats-Unis ont convenu de «promouvoir un commerce équitable, équilibré et réciproque».

L’objectif est de finaliser l’accord au premier trimestre 2026.

Le communiqué détaille aussi les domaines de coopération renforcée entre les deux pays. Un passage du texte – le point 3d – risque de susciter le débat en Suisse:

«La Suisse entend examiner avec les États-Unis les mesures qui limitent actuellement l’accès au marché pour les produits de volaille et à base de volaille»

Une ouverture qui faciliterait l’exportation de produits agricoles américains vers la Suisse.

Mais que comprend exactement l’accord?

Lors de la conférence de presse, le Conseil fédéral a annoncé que la Suisse allait faire plusieurs concessions aux Etats-Unis. Entre autres: d’ici à la fin du mandat de Trump en 2028, les entreprises suisses investiront 200 milliards de francs aux Etats-Unis.

epa12494231 United States Trade Representative (USTR) Jamieson Greer speaks to journalists outside the White House in Washington, DC, USA, 30 October 2025. US President Trump said that the United Stat ...
Le délégué américain au commerce, Jamieson Greer.Image: keystone

Greer avait déjà mentionné cette somme sur CNBC. Le délégué américain a précisé que 70 milliards seraient investis dès l’an prochain, dans des secteurs comme l’industrie pharmaceutique ou l’extraction aurifère. «Nous sommes très enthousiasmés par cet accord et par son importance pour l’industrie manufacturière américaine», a-t-il déclaré.

Le Conseil fédéral a également annoncé que la Suisse supprimerait les droits d’importation sur certains produits américains: l’ensemble des produits industriels, ainsi que le poisson et les fruits de mer. En outre, elle accordera aux Etats-Unis de nouveaux contingents d’exportation sans droits de douane. Cela concerne:

  • Du bœuf, jusqu’à 500 tonnes;
  • De la viande de bison, jusqu’à 1000 tonnes;
  • De la volaille, jusqu’à 1500 tonnes.

Selon la Maison-Blanche, ces investissements suisses s’étaleront sur cinq ans et toucheront les 50 États américains. Le Liechtenstein, cosignataire de la déclaration d’intention, investira pour sa part 300 millions de dollars et prévoit une hausse de 50% des emplois dans son secteur privé.

Certains produits resteront-ils taxés à plus de 15%: les marchandises qui, avant l’épisode d’avril, étaient déjà soumises à un taux supérieur à 15 % retrouvent leur niveau initial. Helene Budliger a cité l’exemple du fromage Sbrinz : auparavant taxé à 19 %, il s’était vu infliger le tarif punitif de 39 %, soit un total de 58 %. Il reviendra désormais à son taux de 19 %.

Est-ce gravé dans le marbre?

Non — pas complètement. Certaines étapes politiques doivent encore être franchies. Comme l’a précisé Guy Parmelin, il s’agit pour l’instant d’une déclaration d’intention non contraignante. Dans les prochains mois, il faudra conclure un traité, à l’image d’un accord de libre-échange. «Celui-ci devra être approuvé par le Parlement et sera soumis au référendum», a-t-il expliqué. Il est donc trop tôt pour crier victoire.

«On ne peut donc pas encore se reposer sur nos lauriers»
Guy Parmelin

Quels produits font encore débat?

La déclaration d’intention n’inclut aucune concession touchant directement l’agriculture suisse. Selon Parmelin, les négociations continuent sur le fromage et le café.

Certaines concessions concernent des produits agricoles importés, mais elles ne touchent pas les secteurs clés de l’agriculture suisse. La production nationale de bœuf et de volaille reste protégée. En revanche, dans le domaine industriel, la Suisse s’est engagée à aligner une partie de ses standards techniques sur les normes américaines.

Ce que cela signifie est encore à déterminer.

Les entreprises pharmaceutiques suisses continueront de bénéficier d’exemptions : elles ne paieront toujours pas de droits de douane. Or, la moitié des exportations helvétiques vers les États-Unis provient de ce secteur. Washington garantit également que d’éventuelles taxes sur les médicaments ne dépasseront pas 15%.

S’agit-il d’un succès pour la Suisse?

L’annonce n’est pas arrivée totalement par surprise: dès la fin de matinée, l’UDC avait publié un communiqué évoquant un accord douanier. On y parlait déjà d’un taux fixé à 15%. Peu après, le parti a toutefois retiré son communiqué. Il s’agissait d’une erreur, a expliqué une porte-parole à watson.

L’accord annoncé vendredi met fin à des mois de va-et-vient. Cet été, le président américain Donald Trump avait imposé à la Suisse un droit d’importation de 39%, la sanctionnant ainsi nettement plus durement que l’Union européenne.

Et le gouvernement fédéral de conclure:

«Bien que les droits de douane restent supérieurs au taux en vigueur avant la mise en place des surtaxes, en avril, leur abaissement devrait se traduire par des impulsions positives pour l’économie suisse.»

Certes, 15% représentent une nette amélioration par rapport aux 39% précédents. Mais l’accord marque tout de même un recul: avant l’offensive douanière de Donald Trump, les exportations vers lesEtats-Unis n’étaient taxées en moyenne qu’à… 0,6 %.

Le retour de Tom Felton en Drago Malfoy fait fureur à Brodway
Video: watson
Ceci pourrait également vous intéresser:
Avez-vous quelque chose à nous dire ?
Avez-vous une remarque ou avez-vous découvert une erreur ? Vous pouvez nous transmettre votre message via le formulaire.
3 Commentaires
Comme nous voulons continuer à modérer personnellement les débats de commentaires, nous sommes obligés de fermer la fonction de commentaire 72 heures après la publication d’un article. Merci de votre compréhension!
3
Le département d'Albert Rösti attaqué pour ses «coûts exorbitants»
Contrats coûteux avec des agences de relations publiques externes, pavillon d'accueil dernier cri, accusations de dissimulation: le Parlement fustige la communication de l'Office fédéral des routes.
L'Office fédéral des routes (Ofrou) s'appuie largement sur les meilleures agences de relations publiques du pays, et cela a un coût. Sur la base de la loi sur la transparence, nous avions révélé en octobre 2024 que l'Ofrou attribue régulièrement d'importants mandats de communication à des prestataires externes. Des missions souvent attribuées de gré à gré, c'est-à-dire sans appel d'offres public.
L’article