Le plan de Parmelin serait «l’un des pires projets jamais présentés»
Il s’agit d’un changement de paradigme, a affirmé le ministre de l’Agriculture. La réforme doit offrir aux agriculteurs une plus grande marge de manœuvre entrepreneuriale et renforcer leur responsabilité individuelle. Mercredi, le conseiller fédéral UDC Guy Parmelin a présenté en termes élogieux les projets du gouvernement pour la future politique agricole suisse.
Son propre parti tient pourtant un tout autre discours. Pour Marcel Dettling, président de l’UDC et agriculteur, il s’agit de «l’un des pires projets jamais présentés par le Conseil fédéral».
Selon lui, la réforme apportera de nouvelles prescriptions aux agriculteurs, alors que la Confédération promet de réduire la bureaucratie. Il assène:
Le patron de l'UDC voit également d’un très mauvais œil l’inscription dans la loi d’une trajectoire de réduction des émissions de gaz à effet de serre pour l’agriculture.
L’un des principaux changements de cap tient au fait que la Confédération entend désormais responsabiliser davantage non seulement les agriculteurs, mais aussi le commerce de détail et les consommateurs. Les détaillants devraient, par exemple, harmoniser leurs labels relatifs au bien-être animal ou promouvoir la vente de certaines variétés plus résistantes.
L’intention est bonne, estime le conseiller national UDC Martin Hübscher, lui aussi agriculteur. Mais il craint que la mesure ne se transforme en «boomerang pour les producteurs», car elle pourrait accentuer la pression sur les prix. Il explique:
Les agriculteurs s’opposent à une légère baisse du budget
Le budget constitue un autre point de friction. A partir de 2030, le Conseil fédéral veut consacrer en moyenne 31 millions de francs de moins par an à l’agriculture qu’actuellement. Cela correspond à une baisse de moins de 1%.
Néanmoins, l’Union suisse des paysans a déjà annoncé qu’elle s’opposerait à cette réduction modérée. Dans le même temps, en coulisses, le lobby agricole de droite tente de faire monter le prix de son soutien à l’accord de libre-échange avec le Mercosur: plusieurs centaines de millions de francs supplémentaires pour l’agriculture sont en jeu.
Un point irrite particulièrement certains agriculteurs: la Confédération entend financer des dépenses supplémentaires dans certains domaines, notamment les mesures d’adaptation au changement climatique et le renforcement des mesures écologiques, en réduisant les paiements directs. L’Union suisse des paysans exige au contraire que l’argent soit économisé ailleurs.
L’UDC espère des «mesures plus audacieuses»
Malgré toutes ces critiques, l’agriculteur et conseiller national UDC Martin Hübscher voit aussi de bonnes pistes dans le projet. Il salue notamment la volonté de la Confédération d’accorder davantage de responsabilités aux agriculteurs: les paiements directs ne seraient plus versés pour la mise en œuvre de certaines mesures, mais en fonction de la réalisation d’objectifs définis.
La Confédération recueillera jusqu’en décembre les avis sur la réforme agricole prévue, avant de procéder éventuellement à certains ajustements. Martin Hübscher résume les attentes de ses collègues du parti et de la profession sous la forme d’un espoir diplomatiquement formulé: «Le Conseil fédéral aura alors la possibilité de prendre des mesures encore plus audacieuses.» (trad. hun)
