Ce que révèle l'audition d'un personnage-clé du Constellation
L'audition de l'ex-responsable de la sécurité en protection incendie de la commune de Chermignon (VS) révèle d'inquiétants manquements dans l'inspection du Constellation avant son inauguration en 2015, révèle la RTS.
Personnage-clé de l'enquête sur l'incendie de Crans-Montana, l'homme avait été interrogé une première fois le 8 avril dernier, mais avait choisi de garder le silence, faute d'avoir eu accès au dossier pénal. Celui-ci a depuis pu être consulté, le prévenu a répondu aux questions des procureures, le 28 juillet dernier.
En tant que chargé de sécurité mais aussi commandant des pompiers locaux, il était en poste lorsque les Moretti étaient devenus gérants du bar et lors des travaux d'envergure que le couple y avait réalisés.
Selon la RTS, les autorités communales, averties, n'avaient alors pas jugé nécessaire de soumettre le chantier à une enquête publique. Mais une telle procédure avait tout de même vu le jour en septembre 2015 pour ce qui est de la construction d'une véranda.
Une porte de secours qui n'en était pas une
L'ex-chargé de sécurité avait alors dû remplir un document intitulé «Mesures de sécurité et de défense incendie pour autorisation de construire», relate le média public. Pour ce faire, il s'était contenté de suivre les plans remis lors de la mise à l'enquête publique, sans se rendre au Constellation.
Ce document a ensuite été contresigné «presque les yeux fermés» par le conseiller communal en charge des Travaux publics, écrit la RTS. Il faisait notamment mention de la fameuse porte du rez-de-chaussée, alors «considérée comme sortie de secours et voie d’évacuation».
Mais cette porte n'était en réalité pas conforme en tant qu'issue de secours, relève la RTS, et ce malgré un contrôle final effectué par le chargé de sécurité au bar en février 2016. La nuit de l'incendie, celle-ci était de plus fermée, bloquant la fuite de nombreuses victimes.
Il n'a pas mis les pieds au sous-sol
D'autres lacunes émanent de ce contrôle effectué deux mois après l'inauguration du Constellation, avec notamment une autre porte qui s'ouvrirait dans le sens inverse du sens de fuite, contrairement à qui ce qui avait été stipulé lors de la mise à l'enquête publique.
La RTS évoque également un autre manquement concernant la distance maximale de 35 m entre le point le plus éloigné du bar et les voies d'évacuation. Il s'est avéré que cette consigne n'a jamais pu être vérifiée puisque l'ex-chargé de sécurité n'était pas descendu au sous-sol du bar lors du contrôle, là où se trouvait la désormais tristement célèbre mousse acoustique hautement inflammable.
Lors de son audition, l'ancien employé communal a admis que l'inspection s'était déroulée «uniquement au niveau du rez-de-chaussée». Ce qui amène la RTS à conclure: «Aucun contrôle poussé du Constellation n’a donc eu lieu avant son inauguration en décembre 2015». (jzs)
