Voici combien il y a de Gandalf et d'Anakin en Suisse
Cela fait plusieurs années que les prénoms les plus donnés en Suisse sont Noah, Liam, Emma, Mia ou Sofia. 2025 n'a pas fait exception, comme l'ont confirmé les chiffres diffusés par l'Office fédéral de la statistique (OFS) la semaine dernière. Si vous avez lu les nombreux articles consacrés au sujet, vous savez également que les prénoms les plus répandus dans notre pays sont Maria et Daniel - l'an dernier, on en comptait environ 73 000 et 63 000, respectivement.
Il faut dire que la Suisse connaît une diversité de prénoms impressionnante. L'OFS en répertorie près de 70 000, dont des milliers qui ne sont portés que par une poignée de personnes. On y trouve notamment des noms liés à de traditions et régions très différentes, ainsi que plusieurs versions d'un même prénom (Chloé, Chloe, Chloée, Khloé,...), sans parler des variantes dues aux langues nationales.
En y regardant de plus près, on s'aperçoit également qu'il existe une catégorie bien particulière de prénoms: ceux issus de la pop culture. Et on ne parle pas de prénoms préexistants rendus populaires par un film (pensons à Harry, par exemple), mais bien de noms inventés par la littérature ou le cinéma.
Un exemple? Atreyu, le prénom du héros du roman et du film culte L'Histoire sans fin, est porté par neuf personnes en Suisse. On compte également cinq Renesmee, un personnage de la saga Twilight, ainsi que quatre Kal-El, soit le nom kryptonien de Clark Kent.
Le poids des sagas
Au-delà de ces exemples ponctuels, on se rend compte que certaines sagas ont puissamment marqué l'imaginaire collectif. Prenons la série Game of Thrones, véritable phénomène populaire dès la sortie de sa première saison, en 2011 - un engouement que l'on retrouve dans notre liste des prénoms.
Le personnage de Daenerys semble avoir été particulièrement apprécié, malgré certains choix discutables pris dans la dernière saison: cinq personnes portent son prénom, alors que huit s'appellent Khaleesi, soit l'un de ses titres. On compte également 12 Sansa. Il s'agirait d'un nom d'origine sanskrite, mais la courbe montrant sa cote de popularité laisse peu de place au doute: on ne le retrouve qu'après la sortie de la série 👇
En revanche, l'influence de la série est plus difficile à mesurer sur les prénoms qui existaient déjà. Le personnage d'Arya, par exemple, porte un nom indien et iranien, qui a commencé à se diffuser en Suisse à partir du début des années 2000.
Gandalf et Galadriel
L'univers du Seigneur des Anneaux a eu une influence encore plus profonde. La preuve? L'OFS a recensé trois Theoden, quatre Gandalf, quatre Frodo, quatre Galadriel et cinq Aragorn vivant en Suisse.
Les prénoms issus de l'univers de Tolkien ayant rencontré le plus grand succès appartiennent à deux personnages féminins: Eowyn, nom de la nièce du roi Theoden, est actuellement porté par une trentaine d'individus. Bien qu'inspiré du vieil anglais, ce prénom a bel et bien été inventé par l'écrivain britannique.
Les Arwen sont encore plus nombreuses, à savoir un peu plus de 200. Il s'agirait d'un prénom d'origine galloise, mais les tendances peuvent de nouveau fournir un indice: ce nom connaît son heure de gloire en Suisse juste après la diffusion du premier volet cinématographique de la trilogie, en 2001.
On remarque que d'autres sagas tout aussi populaires n'ont pas eu le même succès. Certes, on compte une septantaine d'Anakin en Suisse, mais nous n'avons trouvé aucun autre prénom issu de l'univers de Star Wars. De même, mesurer l'impact des livres et des films d'Harry Potter est difficile, puisque plusieurs personnages portent des noms tout à fait courants, du moins en anglais.
Et qu'en est-il des méchants? A notre connaissance, aucun Sauron ni Voldemort ne vit en Suisse. L'OFS indique que trois personnes s'appellent Thanos, mais il s'agit d'un prénom grec antérieur à l'univers Marvel.
Peu de règles en Suisse
On peut finalement se demander ce que dit la loi. Pas beaucoup, expliquent nos confrères de la Tribune de Genève: à l'heure actuelle, seuls les prénoms «manifestement préjudiciables aux intérêts de l’enfant» sont refusés. Ce qui laisse finalement une large marge de manœuvre aux officiers d’état civil.
Avant 1994, en revanche, l'ordonnance fédérale prévoyait que les prénoms «choquants ou absurdes» devaient être refusés, tout comme ceux qui ne permettraient pas de reconnaître clairement «le sexe de l’enfant».
