Cette appli suisse ultra-sécurisée est en danger
La start-up Nym, lancée en 2018 à Neuchâtel, s’est imposée avec un réseau destiné à sécuriser les communications en ligne, notamment dans des pays où la liberté d’expression est limitée, comme la Russie, l’Iran ou encore la Chine.
Mais elle se trouve désormais menacée par une révision d’une ordonnance fédérale, écrit le média neuchâtelois ArcInfo.
L’entreprise propose plus précisément une application qui fournit un réseau privé virtuel (VPN). Elle s’appuie pour cela sur environ 700 serveurs opérés par une communauté mondiale, rémunérée en cryptomonnaies.
Le service est payant et vise à garantir la confidentialité des échanges, qu’il s’agisse de transactions bancaires, «de consultations d’informations ou de messages privés», précisent nos confrères.
Sa spécificité est d’aller au-delà des VPN classiques, en supprimant aussi les «métadonnées», comme l’heure de connexion ou le fait d’accéder à un service.
Alexis Roussel met en avant la protection de la liberté d’expression qu'offre sa plateforme, et met en garde contre les conséquences d'une réforme fédérale qui pourrait lui mettre des bâtons dans les roues.
«Une véritable épée de Damoclès»
Nym revendique aujourd’hui plus de 10 000 utilisateurs et assure que «personne ne peut savoir qui utilise le service et ce qui passe dans le réseau». L’entreprise emploie 45 personnes dans le monde, dont sept en Suisse.
Mais son avenir en Suisse est incertain. Comme Proton ou Threema, Nym s’inquiète de la révision de l’ordonnance sur la surveillance des télécommunications, qui pourrait imposer la vérification de l’identité des utilisateurs pour un service comme celui-ci.
Alexis Roussel estime ces exigences incompatibles avec leur modèle d'affaires, et risquées pour la sécurité des données. Après une première consultation critique en 2025, une nouvelle phase est prévue entre fin 2026 et début 2027.
(dag)
