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Interview du professeur suisse en études européennes, Gilbert Casasus.
Interview du professeur suisse en études européennes, Gilbert Casasus.Image: Shutterstock
Interview

«Avec l'UE, la Suisse veut tout prendre, mais ne rien donner»

Le Conseil fédéral a annoncé, ce mercredi 26 mai, l'arrêt des négociations sur l'accord-cadre entre la Suisse et l'Union européenne (UE). Qu'est-ce que ça signifie pour nous? Cinq questions à Gilbert Casasus, professeur en études européennes à l'Université de Fribourg et à la fibre pro-européenne.
26.05.2021, 17:4528.05.2021, 14:44
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Le Conseil fédéral vient d'annoncer la mort de l'accord-cadre. Est-ce grave, docteur?
Gilbert Casasus:
Ce qui est grave, c'est moins cet enterrement de deuxième classe que l'argumentation que nous venons d'entendre de la part du Conseil fédéral lors de sa conférence de presse. J'ai eu l'impression d'assister à un discours de propagande. On peut le résumer ainsi: «Nous, la Suisse, on est les gentils, eux, l'UE, ce sont les méchants». Pire: «Ce que nous voulons, c'est maintenir la voie bilatérale», alors que la voie bilatérale vient de subir son plus grand échec depuis 1999. Elle est désormais comparable à un vélo qui a perdu une roue.

A votre avis, aurait-il été possible de continuer à négocier?
Ce n'était pas une question de pouvoir continuer à négocier, mais de le vouloir. De fait, il n'y avait plus aucune volonté. La Suisse a confirmé aujourd'hui que c'était elle qui ne voulait pas de l'accord-cadre, pas l'Union européenne. Le Conseil fédéral essaie de faire porter le chapeau à l'UE. Or, ce n'est pas elle qui est en cause. Ce que je note, c'est un constat de faillite du logiciel européen de la Suisse.

Des mesures de rétorsion sont-elles à redouter de la part de l'UE?
Il va se passer ce que nous savions déjà et que l'UE a toujours dit: les contrats, comme ceux des marchés médicaux, qui arrivent à expiration, expireront à la date en question. La seule solution qui est maintenant donnée à la Suisse, c'est de venir elle-même vers l'UE avec des propositions; l'Union, elle, ne va plus le faire. Jusqu'aux prochaines élections fédérales, en 2023, il y a peu de chances que la Suisse fasse quelque chose en ce sens. Passé ce délai, elle y sera obligée.

A quel futur faut-il s'attendre pour les relations entre la Suisse et l'Union européenne?
Nous envoyons aujourd'hui au reste du monde une image de profiteurs. On veut profiter des avantages et surtout ne pas endosser les inconvénients. C'est exactement ce que me disait mot pour mot un ambassadeur d'un grand pays européen la semaine dernière: «Depuis que je suis en Suisse, j'ai l'impression que dès qu'elle parle d'Europe, c'est pour dire qu'elle veut tout prendre, mais ne rien donner». En clair:

«C'est une politique "à la carte", mais la carte contient du caviar et du homard réservés à la Suisse»

Une petite musique court qu'en Suisse, on s'en sortira toujours quoi qu'il arrive. Qu'en penser?
Je partage cette idée que la Suisse s'en sortira, comme elle s'en est sortie lors du refus de l'adhésion à l'Espace économique européen en 1991. D'ici deux ou trois ans, en se rendant compte de la pression qui pèsera sur la Suisse, au niveau économique, mais aussi académique par exemple, notre pays – ou ses cohortes, par exemple le patronat – arrivera en mendiant auprès de l'UE, en s'excusant d'avoir été méchant en 2021 et en lui demandant d'être gentille à son tour, en s'ouvrant à la négociation de nouveaux accords.

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