Procès ‘Ndrangheta en Suisse: six ans de prison requis
Les armes saisies lors de l'arrestation de l'accusé et de son complice, résidant tous les deux en Argovie, possédaient une grande importance aux yeux de la mafia calabraise, a déclaré un procureur du MPC lors de sa plaidoirie qui a duré plus de trois heures.
Le procureur du MPC a également affirmé que les membres de la ‘Ndrangheta privilégiaient la Suisse alémanique au Tessin. Les autorités tessinoises sont davantage conscientes du danger posé par les organisations mafieuses.
La mafia calabraise est établie en Suisse depuis plusieurs décennies, a poursuivi le procureur du MPC. C'est précisément pour cette raison que ce procès est si important, a-t-il expliqué, ajoutant que l'«essence» de ce procès confirme que la 'Ndrangheta est enracinée dans le tissu social, économique et institutionnel de la Suisse.
Loi du silence et mots codés
Le quinquagénaire s'est comporté comme un mafioso typique, selon le MPC. Il a notamment fait preuve de la discrétion typique des mafiosi, toujours selon le MPC. L’accusé n’a ainsi jamais emporté son téléphone portable lors des réunions avec ses complices et il a toujours parqué sa voiture relativement loin de ces lieux de rencontre.
L’accusé a ainsi illustré le principe de l’omerta, en se taisant lors de la procédure pénale. Toutefois, des conversations ont pu être enregistrées à son insu.
Selon les retranscriptions de ces conversations, il utilise des mots codés, par exemple le mot “farine” pour évoquer la cocaïne. Dans un autre enregistrement, l'accusé se plaint d’un de ses complices, car il parle beaucoup trop. «Les mafiosi ne parlent pas», a commenté le procureur.
Au vu de ce code du silence, l'homme était parfaitement conscient de ce qu'il faisait, a ajouté le MPC. Dans un tel environnement, assurer des «preuves substantielles» n'est pas facile, a-t-il conclu.
L'homme est accusé d'avoir agi en tant qu'intermédiaire de la 'Ndrangheta en Suisse dans des trafics de drogue et d'armes illégales. Ces trafics auraient généré pas moins de 1,3 million de francs, qu'il aurait fait passer en Italie par avion et en voiture, selon l'acte d'accusation. Le procès doit durer encore plusieurs jours. (sda/ats)
