Il avoue avoir abusé sexuellement des enfants de crèches suisses
Un éducateur aurait abusé sexuellement d'au moins 15 enfants dans plusieurs crèches suisses. C'est ce que rapporte la télévision suisse alémanique SRF sur la base de l'acte d'accusation du Ministère public bernois. Les faits se seraient produits dans deux établissements privés, l'un dans la région de Berne, l'autre dans celle de Winterthour, sur une période d'environ un an et demi.
L'accusé, un homme de 33 ans qui résidait dernièrement dans la région de l'Emmental (BE), aurait emmené ses victimes dans une pièce vide – les toilettes ou le dortoir, mais aussi la salle principale de la crèche. A huis clos, il aurait abusé des enfants et a filmé ces actes. Les victimes présumées sont âgées de 1 à 4 ans. La plupart d'entre elles sont des filles.
Une première enquête en 2022
Les agissements de l'éducateur avaient failli être découverts pendant l’été 2022: une mère aurait signalé à la direction de la crèche de Winterthour que sa fille de quatre ans lui avait raconté avoir été victime d’abus. La crèche aurait alors déposé plainte auprès de la police cantonale de Zurich.
Pourtant, l'enquête a pris fin en mai 2023: l'accusé a refusé de faire une déposition et la fillette est également restée silencieuse lors de son interrogatoire. Le parquet de Zurich a déclaré à la SRF que cela n'avait pas permis de corroborer suffisamment les soupçons d'abus.
La SRF indique que l'accusé n'a pas été condamné à l'époque, mais qu'il a été licencié par la crèche de Winterthour. A l'été 2023, il a pris ses nouvelles fonctions dans une crèche de la région de Berne. Il aurait notamment bénéficié de références positives de la part de son ancien employeur. La crèche de Winterthour a déclaré à la SRF qu'elle avait été tenue au silence en raison d'une enquête en cours. Chez son nouvel employeur, l'homme a gravi les échelons jusqu'au poste de chef de groupe.
En février 2024, l'éducateur a finalement été arrêté. Il était soupçonné d'infractions liées à la pédopornographie. Lors de son arrestation, la police aurait saisi environ 800 images illégales. Parmi celles-ci figuraient les vidéos enregistrées dans les deux crèches.
Le procès du suspect s'ouvrira fin avril devant le tribunal régional de Berne. L'homme est notamment accusé d'attentat à la pudeur, de contrainte sexuelle, de viol et d'actes sexuels avec des enfants. Selon son avocat, il a avoué avoir abusé de 15 enfants âgés de 1 à 4 ans.
Les crèches risquent-elles quelque chose?
On ignore pour l'instant si les deux crèches risquent également des poursuites judiciaires. L'avocate des victimes, Laura Jost, leur reproche des lacunes organisationnelles, sans lesquelles de tels incidents n'auraient pas pu se produire. De plus, selon l'acte d'accusation, il y aurait eu des signes avant-coureurs des agressions. Certains enfants auraient présenté des inflammations au niveau des parties intimes, alors que d'autres se seraient débattus lors des changements de couches et auraient commencé à rejouer des scènes des agressions.
Laura Jost souhaite désormais faire déterminer par la justice si les crèches sont également responsables. A l'automne 2025, elle a déposé une plainte pénale au nom des familles contre la crèche bernoise. L'avocate a affirmé à la SRF:
Les responsables des deux crèches se disent consternés par cet incident. L'avocat de l'établissement bernois a déclaré à la SRF que les autres éducateurs et la directrice n'avaient jamais rien remarqué. La crèche de Winterthour écrit qu'elle est «profondément touchée et bouleversée».
Les deux structures soulignent qu'elles disposaient de protocoles de sécurité destinés à prévenir de tels incidents. Parmi ceux-ci figurent notamment la règle selon laquelle la porte de la salle à langer doit rester ouverte, ou l'interdiction d'utiliser des appareils électroniques personnels. Depuis, les mesures de sécurité auraient été renforcées, notamment grâce à l'installation de nouvelles caméras de surveillance.
L'avocat réfute par ailleurs l'idée selon laquelle il y aurait eu des indices laissant présager des agressions.
La présomption d'innocence s'applique tant à l'accusé qu'aux responsables des deux crèches. Il n'y a pas encore de jugement définitif concernant l'homme de 33 ans, malgré ses aveux, selon son avocat. (dab)
