Manif anti G7: le moment où ça a dérapé dans la violence
«Ne restez pas là: avancez, avancez!» Il était 16h35 dimanche lorsque soudain tout s'est accéléré, dans un début de violence. Alors que le cortège avait quitté le quai Wilson tout en suivant le parcours autorisé, sa tête avait marqué une halte à l'angle des rues Ami-Lévrier et rue du Mont-Blanc. La foule chantait et scandait des slogans, certains tenaient des pancartes. En tête de cette manifestation, la Grève féministe.
Nous sommes alors à quelques encablures à peine du pont du Mont-Blanc, symbole de la Genève internationale dans le viseur de nombreux anti-G7 qui souhaitaient y passer coûte que coûte . Les autorités n'ont pas cédé et les moyens avaient été déployés pour empêcher toute escapade en sa direction. Policiers en tenue antiémeutes et boucliers, camionnettes en travers de la route, camions lance-eau à proximité et des motards en duo sur la selle en patrouille.
Et soudain, les Blacks Blocs...
Alors que le vaste cortège s'ébroue de nouveau dans un esprit festif, toutefois entrecoupé par des cris «Tout le monde déteste la police», l'ambiance finit par changer parmi les manifestants. Toujours dans la rue Ami-Lévier, la plupart des individus qui composent les rangs sont soudain tous habillés de noir et visages masqués. Des drapeaux en faveur d'un mouvement kurde d'extrême gauche sont brandis et des appels en faveur de la Palestine résonnent. L'humeur n'est plus la même.
C'est alors qu'au milieu de ces Black Blocs apparents, des cris surgissent et une fumée commence à s'élever à hauteur de la gare routière. Sur place au même instant, watson aperçoit une voiture de la marque Tesla et aux plaques françaises prendre feu sur son toit. Un tag vert «Eat the rich» a été peint rapidement sur la carrosserie.
Les images 👇
Des gens s'écartent rapidement, d'autres s'approchent, des photographes accourent, et une épaisse fumée noire commence à s’élever, âcre, et à lécher la façade de l'immeuble. «Avancez, ne restez pas là,» crient certains, tout de noir vêtus. D'autres demandent si les pompiers ont été alertés. Pas l'ombre d'un policier en uniforme sur place, alors que des habitants interloqués, voire apeurés, observent la scène depuis leurs fenêtres avant que la fumée ne les indispose.
Sous les flammes et la chaleur intense, les pneus explosent, puis d'autres matériaux dans le véhicule transformés en brasier. En face, le cortège des manifestants poursuit son trajet, et le slogan «Police partout, justice nulle part» retentit de façon très ironique ou absurde, c'est selon. Des bénévoles munis de gilets jaunes demandent à la foule massée de s'éloigner par sécurité. Certains prennent, en effet, des photos près du danger incandescent avec leurs jeunes enfants à leurs côtés.
Les pompiers arrivent, mais attendent...
Plus de 10 longues minutes se sont écoulées quand des sirènes des pompiers retentissent enfin au loin. Arrivant de la gare, deux camions s'arrêtent à proximité, mais rien ne se passe. L'étonnement général apparait dans la rue alors que des détonations issues du brasier se poursuivent. Ce n'est que lorsque des dizaines de policiers antiémeutes arrivent sur les lieux pour escorter et entourer les pompiers que ceux-ci interviennent enfin rue Ami-Lévrier mais... la voiture est désormais totalement consumée.. Ainsi que cinq vélos correctement parqués à côté.
Cet évènement va ainsi marquer le début des violences et des dégâts le long du reste du parcours par ces dizaines de Black Blocs. Parmi les manifestants pacifistes, certains semblent désabusés. Ils feront face, plus tard au gaz lacrymogène.
