Imaginez près de 100 000 personnes qui arrivent en Suisse pour assister à un événement réunissant 37 pays et qui est regardé par 162 millions de téléspectateurs en direct. C'est ce qui attend notre pays en 2025 lors de la 69e édition de l'Eurovision. Un événement colossal qui enthousiasme non seulement les fans de l'Eurovision, mais aussi les villes qui se profilent pour l'organisation de l'événement. Quels sont les critères de sélection des villes? Quels sont les atouts de chacune d'elles? On vous explique tout ça.
Les villes de Genève, Zurich, Bâle et St-Gall se sont montrées intéressées à l'organisation du concours en 2025. Claude Membrez, directeur général, nous confie que Palexpo et la ville de Genève avaient été contactés, comme d'autres villes, par la SSR, bien avant la finale pour savoir s'ils seraient intéressés par l'organisation d'une éventuelle édition 2025.
Le centre d'exposition et de congrès explique que «près de 32 000 m2 pouvant accueillir près de 15 000 spectateurs peuvent être mis à disposition ainsi que la totalité des trois centres de congrès de Palexpo pour l'accueil de plus de 2000 journalistes». Claude Membrez ajoute que la gestion technique et logistique de ce grand événement ne le préoccupe pas.
Du côté alémanique, la ville de Zurich examine la possibilité de poser sa candidature. Il est clair qu'avec une capacité de 15000 spectateurs en gradins, le Hallenstadion est la plus grande salle de concert du pays.
Les deux autres villes qui se sont dites «prêtes» à faire acte de candidature sont Bâle et St-Gall. Avec la Halle Saint-Jacques qui peut accueillir 12000 personnes et la proximité de l'aéroport, la ville de Bâle a aussi des arguments. Interrogé par l'ATS, le porte-parole du gouvernement de Bâle-Ville a déclaré que le canton souhaitait approfondir la question avec les responsables du concours. Quant à St-Gall, c'est la cheffe de la foire agricole Olma Christine Bolt qui a fait valoir les 12000 places de la nouvelle salle de l'Olma inauguré en mars 2024.
Le cahier des charges des villes élaboré par la SSR et l'Union européenne de radio-télévision (UER) n'a pas encore été transmis, mais selon Nik Leuenberger, porte-parole de la SSR, «(les critères vont) de la bonne connexion à un aéroport international et aux transports publics à la capacité de charge du plafond de la salle». En attendant les prérequis demandés à la ville hôte en 2025, on a jeté un coup d'œil au résumé des exigences suédoises pour l'organisation du concours Eurovision à Malmö de cette année.
Ces critères ont été appliqués pour l'édition 2024, mais elles ne devraient pas différer grandement de la prochaine édition. Jean-Marc Richard commentateur de l'Eurovision depuis 32 ans à la RTS nous éclaire:
Car au-delà des considérations techniques et de situation géographique, Jean-Marc Richard explique que les fans de l'Eurovision rencontrés en Suède étaient préoccupés de ne pas pouvoir séjourner en Suisse à cause de la réputation de cherté de notre pays.
La Suisse est l'un des sept pays fondateurs du concours de l'Eurovision et a organisé la première édition à Lugano en 1956. La Suisse romande a aussi été à la fête en 1989, car c'est au Palais de Beaulieu à Lausanne que la 34ᵉ édition fut organisée suite à la victoire de Céline Dion. Après le Tessin et la Suisse romande, serait-ce (enfin) le tour de la Suisse alémanique? Jean-Marc Richard répond sans détour:
L'animateur explique que chaque ville intéressée doit mettre en avant ses atouts. Le cas de Malmö est un «bel exemple» lance-t-il.
En effet, lors de l'annonce de la ville hôte suédoise, Hanna Stjärne, directrice de la télévision publique suédoise a expliqué que Malmö «pouvait créer un festival de musique pour toute l'Europe de manière durable, notamment sur le plan financier, puisque l'arène et la logistique sont déjà en place». La SSR abonde en spécifiant que le lieu choisi devra convenir au mieux en termes d'infrastructure et de financement.
On aura compris, les villes qui se profilent devront avoir une salle de spectacle d'une grande capacité, mais le facteur financier tient une place prépondérante. A la question des coûts qu'engendre ce type d'événement, la SSR ne souhaite pas divulguer d'informations. Selon les estimations, les coûts de l'organisation de l'édition 2023 à Liverpool se situaient entre 27 et 36 millions de livres (30 à 40 millions de francs).
Pour l'édition 2022 en Italie, le budget est estimé entre 20 et 25 millions d’euros (19 à 24 millions de francs), partagés entre le diffuseur de l’évènement, la RAI, l’Union européenne de Radio-Télévision (UER), les collectivités territoriales et les sponsors, selon le Figaro.
Infrastructures, transports, hôtels, sécurité, l'organisation de l'Eurovision en Suisse en 2025 est un défi gigantesque. Interviewé sur les ondes de la RTS, Gjon's Tears, arrivé troisième au concours en 2021 raconte qu'à ses yeux l'Eurovision c'est «les JO de la musique».
Jean-Marc Richard confirme certaines similitudes: «il y a des critères d'accessibilité, d'infrastructures et de gestion de la foule, comme pour des coupes d'Europe ou les Jeux olympiques». Mais l'animateur tient à encourager les villes romandes qui hésiteraient à envoyer leur candidature: