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Lex Netflix: les opposants craignent une hausse des coûts d'abonnement

Le verdict est plus clair que prévu: la modification de la loi sur le cinéma a obtenu une solide approbation. Les partisans jubilent et les opposants parlent d'un «résultat étonnamment bon».
15.05.2022, 15:43
Michael Graber / ch media

Finalement, ce n'était pas un thriller: la modification de la loi sur le cinéma est acceptée à une large majorité. Les sondages et les opposants s'attendaient à une issue plus serrée. La Lex Netflix avait polarisé les esprits: de tous les projets nationaux, il s'agissait de l'objet de votation le plus visible, notamment en raison de la campagne habilement menée par les jeunes partis bourgeois, qui étaient à l'origine du référendum.

Matthias Müller, président des jeunes libéraux-radicaux, a néanmoins parlé à la radio SRF d'un «résultat étonnamment bon». Les opposants ont réussi à mettre ce thème important sur le tapis. Matthias Müller est certain que le «oui» à la modification de la loi sur le cinéma aura des conséquences pour tous les abonnés aux services de streaming. Il craint que Netflix et consorts ne répercutent les coûts engendrés sur les consommateurs.

Comment les gagnants cherchent à rassurer

Pour Matthias Aebischer, conseiller national socialiste et président de Cinésuisse, les opposants utilisent ici des fake news. Selon lui, les prix d'un abonnement Netflix sont déjà plus élevés qu'aux Etats-Unis par exemple et ce n'est que cette année que le groupe a augmenté les coûts d'abonnement:

«Les prix peuvent toujours augmenter, mais certainement pas uniquement à cause de la loi sur le cinéma.»

Les services de streaming de films devront à l'avenir investir 4% de l'argent qu'ils gagnent en Suisse dans la création cinématographique locale. La Confédération part du principe qu'il s'agit d'environ 18 millions de francs.

La réaction de Philippe Bischof montre que le débat sur l'utilisation des fonds générés par les services de streaming n'est pas encore clos avec ce vote. Le directeur de Pro Helvetia a indiqué que c'était:

«Un bon signe pour la gestion des plateformes de streaming et une répartition plus équitable des moyens entre la distribution et la création.»

Dans le domaine de la musique aussi, il y a des convoitises à ce sujet. Spotify, par exemple, réalise un chiffre d'affaires de plusieurs millions en Suisse, mais n'a pas de bureau dans notre pays.

Comment les partis analysent le vote?

Le Parti socialiste voit dans le verdict populaire «un signe contre la mentalité de self-service des grands groupes». Il s'agit en outre d'un «signal fort pour la diversité culturelle et linguistique de notre pays». Le soutien à la Lex Netflix a été particulièrement important en Suisse romande et au Tessin. En Suisse alémanique, il y avait aussi des cantons qui ne voulaient pas entendre parler d'une telle taxe, comme Schwyz et Uri.

Pour le parti du Centre, de nombreuses parties prenantes profitent des fonds qui viennent d'être alloués. Et ce, «aussi bien les personnes directement impliquées dans les films que de nombreuses PME en tant que fournisseurs ou les communes des lieux de tournage», comme l'indique un communiqué du parti. De plus, il y aurait à nouveau «égalité de traitement entre les chaînes de télévision suisses et les plateformes de streaming internationales», selon le centre. Une telle taxe s'applique déjà aujourd'hui à de nombreuses chaînes de télévision. (bzbasel.ch)

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