Le bio suisse cartonne, mais Migros et Coop inquiètent le secteur
Après les magasins bio Reformhaus Müller en 2023 et Alnatura en 2025, c'était au tour de Farmy, site de vente en ligne de produits biologiques, de cesser ses activités en mai. Selon Pascal Olivier, responsable de l'antenne romande de la faîtière Bio Suisse, c'est davantage le modèle d'affaires de ces commerces que le marché du bio qui est en cause.
Cette série noire dans le commerce de détail bio est-elle la preuve que l'agriculture biologique se porte mal en Suisse?
Pascal Olivier: Non, le bio continue globalement de croître en Suisse. Ce marché a généré un chiffre d'affaires d'environ 4,3 milliards de francs en 2025, en hausse de 2,8% sur un an, ce qui représente un record.
En moyenne, 52% des consommateurs achètent des produits bio quotidiennement ou plusieurs fois par semaine.
C'est donc le modèle d'affaires des commerces susmentionnés qui est en cause?
D'une manière générale, le commerce de détail est sous pression ces dernières années. Et c'est encore moins simple pour les petits détaillants, qui peinent à se démarquer des grands groupes comme Migros et Coop, qui disposent de larges assortiments et de prix plus bas que dans les magasins spécialisés. L'augmentation du coût de la vie les pénalisent également.
Farmy avait pourtant misé sur un modèle de vente en ligne, qui cartonne actuellement...
Les achats sur internet sont en plein essor, certes, mais pour la nourriture, c'est plus compliqué. Les consommateurs préfèrent choisir leurs aliments dans les magasins stationnaires, notamment par crainte que les produits ne soient abîmés durant la livraison. Migros elle-même a d'ailleurs été longtemps déficitaire avec LeShop.ch.
Alors quel est le modèle d'affaires idéal selon vous?
Les petits commerces bio qui survivent actuellement jouent la carte du local et du stationnaire, avec un fort accent sur la traçabilité et l'exclusivité de leurs produits. (sda/awp/ats/hun)
