Suisse
Police

Après le féminicide de Faido et Leontica, la police alerte

La police tessinoise aurait échappé de peu à un piège mortel

Un homme a abattu son ex-femme à Faido avant d’être retrouvé mort dans une maison ayant explosé. La police soupçonne désormais un piège.
14.07.2026, 16:5114.07.2026, 16:51
L'étendue des dégâts à Leontica TI après l'explosion.
L'étendue des dégâts à Leontica TI après l'explosion.Image: capture d'écran RSI
Julian Spörri

Quatre jours après le drame de Faido, le Tessin est toujours sous le choc. Dans le même temps, la police a dévoilé de nouveaux éléments sur les faits. Jeudi soir, un homme de 59 ans a abattu son ex-femme dans la clinique de réadaptation de Faido. Le couple était séparé depuis une vingtaine d'années. Les images des caméras de surveillance montrent que sa visite a duré environ une heure. Il a ensuite pris la fuite vers une maison située à Leontica, dans la vallée de Blenio. La police ne l'a localisé que le lendemain.

Trois membres d'une unité spéciale sont entrés dans le bâtiment lorsqu'ils ont entendu un bruit métallique, avant qu'une partie de la maison n'explose. L'un des policiers a été atteint par la déflagration. «Il a fallu dix minutes avant qu'il puisse être secouru», a souligné lundi le capitaine de police Andrea Cucchiaro, cité par la Radio télévision suisse de langue italienne (RSI). Selon lui, tout porte à croire qu'il s'agissait d'un piège. Les policiers ont porté secours à leur collègue tout en craignant en permanence que l'auteur soit encore en vie. Ce n'est que plus tard qu'ils ont découvert qu'il était déjà mort.

Des policiers auraient pu perdre la vie

L'Association suisse des fonctionnaires de police s'est dite profondément bouleversée par les événements et a exprimé son soutien aux trois policiers blessés. Cette intervention montre «une fois de plus que les policières et les policiers travaillent chaque jour dans des conditions difficiles et imprévisibles».

Si l'association a pris la parole, c'est d'abord parce qu'il s'agissait d'une intervention particulièrement dangereuse, explique son secrétaire général Max Hofmann. En ajoutant:

«Les conséquences auraient pu être bien plus graves, jusqu'à entraîner la mort de policiers.»

Mais elle souhaite aussi tirer la sonnette d'alarme face au nombre de féminicides, bien que dans le cas de Faido, l'enquête doive encore le déterminer. «Même si la Suisse devrait depuis longtemps avoir pris conscience de cette réalité», reconnait Max Hofmann. Chaque femme tuée est une victime de trop, rappelle le communiqué.

Depuis le début de l'année, 17 femmes ont déjà été vraisemblablement victimes d'un féminicide en Suisse, selon le projet de recherche Stop Femizid. Trois de ces crimes ont été commis au Tessin. Le bilan national est comparable à celui enregistré à la même période en 2025. L'an dernier a marqué un triste record historique: sur l'ensemble de l'année, 27 femmes ont été tuées par leur partenaire actuel, leur ancien partenaire ou un membre masculin de leur famille.

La police alerte sur un manque de moyens

Pour l'Association suisse des fonctionnaires de police, il est indispensable de lutter plus résolument contre les violences domestiques et les féminicides grâce à la prévention, à une meilleure protection des victimes et à une coopération étroite entre toutes les autorités. Elle demande également un renforcement des effectifs des corps de police, notamment en vue du recours à des mesures comme le bracelet électronique.

L'association intercantonale Electronic Monitoring entend mettre en place l'an prochain un système permettant de surveiller les auteurs de violences 24 heures sur 24. Elle regroupe 24 cantons, tous sauf le Valais et le Tessin. Max Hofmann espère que ces deux cantons rejoindront eux aussi le projet. Le bracelet électronique constitue un outil important, estime le représentant de la police, à condition toutefois de disposer de suffisamment de personnel qualifié pour intervenir rapidement en cas de besoin. En ajoutant:

«C'est précisément pour cette raison, entre autres, que la police a impérativement besoin de davantage de ressources.»
Max Hofmann, secrétaire général de la Fédération Suisse des fonctionnaires de police

Dans cette affaire à Faido, l'auteur était bien connu de la police, mais pas pour des faits de violences domestiques. «Dans ce domaine, nous dépendons des signalements des victimes, et aucun n'avait été effectué», a indiqué le capitaine Andrea Cucchiaro, selon la RSI. La police cantonale tessinoise a, par ailleurs, annoncé qu'une autre personne avait été placée sous protection après le drame.

Selon le portail Tio.ch, l'auteur était atteint d'une maladie en phase terminale, ce qui aurait provoqué un conflit avec son ex-femme au sujet de questions successorales. La police confirme uniquement que l'homme était malade et qu'elle a demandé à consulter son dossier médical. Tout le reste demeure, à ce stade, de l'ordre de la spéculation. (trad. hun)

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