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Vols de voitures et d'armureries en Suisse: voici ce que l'on sait

La police Suisse a un problème avec le «crime-as-a-service».
Les cas de vols de véhicules et d'armureries se multiplient en Suisse.Image: dr / Imago / Keystone / Shutterstock, montage watson

Ces «soldats» venus de France sont recrutés pour cambrioler en Suisse

Ces dernières semaines, la police a arrêté en série de jeunes cambrioleurs venus de France. Ceux-ci agissent souvent de manière très peu professionnelle. Et les commanditaires les punissent lorsqu'une mission échoue.
07.07.2026, 05:2907.07.2026, 05:29
Kari Kälin

Cela vient encore de se produire. Dans la nuit de vendredi à samedi, plusieurs cambrioleurs se sont introduits dans une armurerie, à Sion, et ont pris la fuite avec leur «butin» à bord d'un véhicule immatriculé en France, selon la police.

Grâce à une vaste opération de recherche mobilisant plusieurs polices, le Corps des gardes-frontière, des drones, un Super Puma de l'armée et une brigade canine, sept suspects ont pu être interpellés dans la nuit. Il s'agissait de Français âgés de 16 à 31 ans.

Un phénomène qui prend de l'ampleur en Suisse

La Suisse est submergée par une vague de cambriolages visant des garages automobiles et des armureries. Les auteurs sont presque sans exception de jeunes Français, parfois mineurs, issus de la banlieue et recrutés par des réseaux criminels sur les réseaux sociaux.

Ce phénomène s'appelle le «crime-as-a-service», soit le crime à la demande. Souvent, les «soldats», comme on les appelle dans le jargon policier, agissent de manière peu professionnelle. Ces dernières semaines, un nombre particulièrement élevé d'entre eux a échoué en tentant de vider des armureries:

  • Cinq Français se sont introduits dans une armurerie à Ried, une localité de Muotathal, dans le canton de Schwyz, et y ont dérobé des armes. En fuite, ils sont restés bloqués avec leur voiture sur un chemin de randonnée à Oberiberg, ont poursuivi à pied, en car postal puis en train, et ont finalement été arrêtés dans le canton de Zurich.
Après avoir cambriolé un magasin d'armes à Ried, un hameau de Muotathal (SZ), les auteurs présumés ont abandonné leur voiture à Oberiberg.
Après avoir cambriolé un magasin d'armes à Ried, un hameau de Muotathal (SZ), les auteurs présumés ont abandonné leur voiture dans la commune voisine d'Oberiberg.Image: dr
  • A Höri (ZH), la police a interpellé en pleine nuit trois Français sous l'auvent d'une armurerie.
  • A Monte Carasso (TI), la police cantonale tessinoise a arrêté, après une course-poursuite, trois Français et un Algérien domicilié en France. Ils s'étaient introduits dans une armurerie à Camorino.
  • A Sion, quatre Français et un Portugais se sont introduits à l'explosif dans une armurerie. La police les a interpellés à Martigny. L'utilisation d'explosifs ayant été constatée, le ministère public de la Confédération a repris l'enquête. Le recours à des explosifs marque un nouveau palier dans l'escalade. S'y ajoutent souvent des courses-poursuites à tombeau ouvert.
  • Après un cambriolage dans une armurerie à Wallbach (AG), l'alarme s'est déclenchée. Les trois cambrioleurs ont pris la fuite sans butin et ont été interpellés plus tard par la police de Bâle-Campagne.

Une mécanique bien huilée

L'Office fédéral de la police (Fedpol) a déjà enregistré cette année, sans compter celui de Sion, 22 cambriolages ou tentatives de cambriolage dans des armureries et plus de 100 dans des garages automobiles.

Fedpol dirige, conjointement avec la police cantonale zurichoise, une task-force chargée de lutter contre les jeunes délinquants et les réseaux criminels qui agissent en coulisses. Ces efforts portent leurs fruits. Entre 2025 et fin juin de cette année, au moins 360 «soldats» ont été identifiés. Fedpol ne peut pas indiquer combien d'entre eux ont été arrêtés. Les «soldats» sont les hommes de main qui reçoivent, pendant les faits, des ordres via des messageries chiffrées.

Les commanditaires appâtent leurs «soldats» avec des «salaires» de quelques milliers d'euros. Les «employés» ignorent leur identité et sont pilotés à distance comme des marionnettes. Les réseaux travaillent souvent avec des comptes volés et n'utilisent les numéros de téléphone que temporairement, ce qui complique leur identification.

Des méfaits filmés

Le plus souvent, les commanditaires exigent que les jeunes filment leurs actes, indique Fedpol. Les vidéos ne servent pas seulement de matériel de propagande aux réseaux criminels. Elles leur permettent surtout de faire chanter les jeunes et de les pousser à commettre de nouveaux délits.

En cas d'échec, les jeunes doivent s'attendre à des représailles. Eux-mêmes et leurs familles sont menacés, ou ils doivent rembourser l'argent que les réseaux ont investi dans l'opération. En somme: pour les chefs de gang, ces jeunes de banlieue sans perspectives sont de la chair à canon, qu'ils sacrifient sans se soucier des pertes, d'autant plus que de nouveaux jeunes prêts à partir en Suisse pour des missions de vol se trouvent sans difficulté.

Mais alors, que deviennent les armes lorsque les cambriolages réussissent? Les constatations de Fedpol sont préoccupantes. Les armes dérobées ont été utilisées en France lors d'affrontements violents entre bandes rivales. Ces bandes ont encore gagné en puissance de frappe ces dernières années. Les voitures volées sont parfois expédiées par bateau vers l'Afrique ou acheminées par avion vers le Moyen-Orient.

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