Après l'échec de l'UDC, une nouvelle mesure contre l'immigration se profile
La semaine dernière, en réponse à deux motions du parti libéral-radical (PLR) et du Centre, le Conseil fédéral a affiché son ouverture à «poursuivre l'étude de modèles conformes à la Constitution et au droit international» pour une taxe sur l'immigration, comme le rapporte la RTS.
Le Conseil fédéral avait pourtant rejeté cette idée en mai de cette année, avant de changer de ton mercredi dernier face à de nouvelles motions du PLR et du Centre.
Payer pour travailler
L'hypothèse derrière ces motions? Les immigrés bénéficieraient des infrastructures et services publics sans avoir contribué à leur financement, et devraient donc payer une taxe supplémentaire. Les recettes seraient redistribuées à toute la population.
Pour la députée écologiste genevoise Delphine Klopfenstein Broggini, de tels textes sont un signal inquiétant. Dans La Matinale de la RTS lundi, elle estime que la proposition fait fi des bénéfices que l'immigration apporte à la Suisse, rappelant que le pays ne serait aujourd'hui pas aussi prospère, sans cette main-d'œuvre étrangère.
Le dossier européen aussi concerné
Malgré les réserves de la gauche, le sujet s'invite aussi dans les débats sur les nouveaux accords avec l'UE, ou Bilatérales III. Une commission propose d'intégrer le texte à la «clause de sauvegarde», qui permettrait à la Suisse de restreindre la libre circulation si l'immigration cause des difficultés économiques ou sociales sérieuses. Dans ce cas, ce seraient les entreprises employant des travailleurs européens qui casqueraient — afin de les inciter à privilégier la main-d'œuvre suisse.
Quoi qu'il en soit, le chemin reste long avant qu'une éventuelle taxe ne voit le jour, aussi car c'est un modèle peu répandu dans le monde, estime cependant le Conseil fédéral. Mais l'intérêt pour un tel mécanisme semble n'avoir jamais été aussi vif à Berne. (dag)
