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Les mesures Covid dans le viseur d’élus PLR du canton de Neuchâtel

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keystone/shutterstock

Les cantons les plus vaccinés doivent-ils retrouver leur liberté?

Avec plus de 71% de sa population immunisée, Neuchâtel est le canton le plus vacciné en Suisse. Certains élus locaux veulent donc assouplir les mesures dans leur région. Est-il temps de rendre la main aux cantons?
29.10.2021, 05:5101.11.2021, 12:19

La crise sanitaire n’en finit plus à l’approche de l’hiver et certains commencent à s’impatienter. Ici et là, des voix s’élèvent pour passer à autre chose. Avec ces questions: Est-il temps de (re)donner aux cantons les plus vaccinés la possibilité d’assouplir les mesures Covid? Est-il temps de réintroduire des mesures Covid différenciées, sur la base de critères tels que le taux d’immunité collective?

Oui!, réclame le groupe libéral-radical au Grand Conseil neuchâtelois, qui s’est fendu d’une interpellation la semaine dernière. Pour lui, la population a fait désormais suffisamment d’efforts. Il est temps de la récompenser.

Ses arguments, entre autres:

  • Près de 71% de la population neuchâteloise a reçu une première dose de vaccin, ce qui place le canton en première position dans le pays.
  • Près de 90% des Neuchâtelois de plus de 65 ans ont reçu une première dose, soit le 6e du pays.
  • Près de 80% des Neuchâtelois possèdent des anticorps, selon le groupe libéral-radical. Un chiffre qu’il estime à 93% pour les 65 ans et plus.
  • Ces chiffres sont proches de ceux calculés dans les cantons analysés par le programme de recherche Corona-Immunitas.

Pourcentage de personnes ayant des anticorps en Suisse:

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https://www.corona-immunitas.ch/fr/programme/resultats/

Ainsi, pour le médecin retraité Blaise Courvoisier, auteur de la motion, il est temps de lever certaines mesures, car l’immunité grégaire (la proportion d'individus immunisés dans une population au-delà de laquelle une maladie ne peut plus persister) est atteinte.

«C’était une promesse des autorités: assouplir les mesures une fois que cette immunité est atteinte. Il est temps de récompenser la population, elle qui estime avoir fait des efforts suffisants»
Blaise Courvoisier.
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udc.ch

L’élu estime enfin que le maintien des mesures empêche la population de s’immuniser naturellement contre d’autre virus, comme la grippe. En passant, il s’en prend aux privilèges accordés aux stations de ski. Ces dernières, pour l’heure, ne demanderont pas le certificat pour accéder aux pistes.

Pas (encore) le moment

Dans l’émission Forum mercredi soir, le conseiller d’Etat, Laurent Kurth, lui a donné la réplique.

«Le taux de vaccination dans le canton est encore insuffisant pour passer l’hiver dans de bonnes conditions. (…) Nous plaidons encore aujourd’hui pour un maintien des mesures pour l’ensemble du pays. Il n’est pas temps de revenir avec des mesures purement cantonales»
Laurent Kurth.

Pour appuyer son propos, le médecin évoque également:

  • L’hiver arrive et les rencontres en intérieur vont augmenter, tout comme le nombre d’infections.
  • L’exigence du certificat est un effort clairement moins gros que les autres mesures de restriction, comme les fermetures.
  • L’arrivée du virus de la grippe demande de rester vigilants, notamment sur la question de l’utilisation des soins intensifs.
  • Il serait compliqué de gérer les touristes étrangers qui viennent en Suisse lors des fêtes si les cantons avaient des mesures différentes.
  • Le risque existe que des personnes non-vaccinées d’autres cantons viennent fréquenter les restaurants neuchâtelois avec pour conséquence une réinstauration de mesures comme le certificat.

Sur ce dernier point, Blaise Courvoisier répond:

«Si les habitants d’Appenzell Rhodes-Intérieures veulent venir manger une fondue à Neuchâtel, ils sont les bienvenus. Je doute toutefois qu’ils fassent le trajet»

Le Neuchâtelois le reconnaît: Son interpellation est politique et la réponse du Conseil d’Etat ne le surprend pas pour un sou. Il souhaite quand même que l’Exécutif cantonal puisse donner un signal d’espoir en faisant pression au niveau fédéral ou en jouant là où il le peut, comme sur le port du masque à l’école.

A Berne, on balaye l'idée

Nous avons soumis les interrogations des libéraux-radicaux neuchâtelois à l’Office fédéral de la santé. Sa réponse:

«Les exigences du droit fédéral s'appliquent indépendamment du taux de vaccination dans le canton. Celui-ci ne peut prévoir des allégements que dans le cadre de l'article 22 de l’Ordonnance sur les mesures destinées à lutter contre l’épidémie de COVID-19 en situation particulière»
Yann Hulmann, porte-parole de l’OFSP.

Cet article 22 concerne principalement les plans de protection pour les établissements ou les manifestations ne demandant pas le certificat Covid, ajoute-t-il.

Très différent aujourd’hui

Reste que, faire appel au fédéralisme semble être de saison dans cette crise qui n’en finit plus, l’offensive politique du groupe libéral-radical rappelant la situation vécue il y a près d’une année, quand plusieurs cantons romands critiquaient vertement une reprise en main par la Confédération. Certains y allaient fort, parlant de «punition collective» ou d’«irrespect».

Mais la situation est passablement différente aujourd’hui. Comme l’indique Jacques Gerber, conseiller d’Etat jurassien en charge de la Santé, les Romands avaient pris en main les mesures en se coordonnant avant que Berne ne s’en mêle peu après en raison de chiffres alarmants en Suisse alémanique.

Il assure:

«La Confédération ne gardepas la main simplement, car elle aime garder la main. A un moment donné, les mesures fédérales seront levées et les cantons auront davantage de prérogatives. Toutefois, c’est trop tôt pour le moment»
Jacques Gerber.

Voit-on le certificat depuis le ciel?

Vidéo: watson

Pas de certificat dans cette histoire

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L’accident sur l’autoroute A1
source: keystone / salvatore di nolfi
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«Aujourd’hui, la Suisse est unie dans le cœur»: Parmelin prend la plume
Guy Parmelin s’exprime au nom du Conseil fédéral pour adresser ses condoléances aux proches des victimes de Crans-Montana. Il remercie les secouristes ainsi que les Etats venus en aide.
Permettez-moi, en cette période de profonde tristesse et de grande souffrance, de vous adresser, en toute humilité, quelques mots.

Au nom du Conseil fédéral, le gouvernement suisse, je tiens à exprimer mes plus sincères condoléances aux familles et aux proches des personnes décédées. A toutes celles et tous ceux qui ont eu la chance de survivre à la catastrophe, mais qui ne sont désormais qu’au début d’un long et difficile chemin de guérison, nous adressons notre profonde compassion.

Je souhaite m’adresser tout particulièrement aux jeunes. Beaucoup des victimes étaient elles-mêmes jeunes, pleines de projets, d’espoirs et de rêves. Leur vie ne doit pas être réduite à la catastrophe, ni aux circonstances dans lesquelles elle s’est achevée. Elle doit être honorée pour ce qu’elle a été: une promesse, une énergie, une part de notre avenir commun.

Nous devons aux personnes touchées, aux familles et aux proches le respect, la mémoire – et l’engagement de tout mettre en œuvre pour qu’une telle catastrophe ne se reproduise pas. La justice examine actuellement dans quelle mesure des prescriptions de sécurité ont été enfreintes et en tirera les conséquences. C’est ce que nous devons aux victimes et à leurs proches.

Je tiens également à rendre hommage à toutes celles et tous ceux qui ont apporté leur aide, sous des formes diverses. A la police, aux nombreux services de secours et aux sapeurs-pompiers de milice qui ont risqué leur vie lors d’opérations de sauvetage dangereuses et éprouvantes. Et à l’ensemble du personnel médical, dans les hôpitaux en Suisse comme à l’étranger, qui s’occupe depuis des jours, sans relâche, des nombreux blessés graves.

Dans le grand malheur qui nous a frappés et qui — j’ose l’affirmer avec force — a fait de toute la Suisse une communauté unie dans le deuil, nous avons, pour un temps, la possibilité d’être ensemble afin de partager le poids de cette épreuve. Cette solidarité ne rendra pas la charge plus légère, mais si elle peut ne serait-ce qu’un peu contribuer à apaiser la douleur, alors elle trouve pleinement sa raison d’être.

Il est évident qu’aucun pays ne peut affronter seul de telles situations exceptionnelles. La Suisse a donc, conformément aux mécanismes internationaux prévus, sollicité un soutien, après que plusieurs Etats ont proposé leur aide. Des patientes et des patients souffrant de brûlures extrêmement graves ont ainsi pu être transférés des hôpitaux suisses vers des cliniques spécialisées dans le traitement des grands brûlés, dans différents pays européens. Ils y reçoivent les meilleurs soins possibles. Ces traitements dureront des mois, ce qui représente une charge supplémentaire pour les proches. Au nom de la Suisse, je remercie l’ensemble des pays concernés pour leur solidarité.

Aujourd’hui, la Suisse est triste. Mais aujourd’hui, la Suisse est aussi unie dans le cœur. Unie dans le deuil, unie dans le soutien, unie dans la détermination à comprendre et à protéger.

(Ce texte a été publié dans la Schweizer Illustrierte, puis partagé au groupe CH-Media. Il a été adapté de l'allemand par watson)
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