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Tests payants, certif' étendu: ce que le Conseil fédéral peut nous réserver

Ce mercredi, le Conseil fédéral va devoir trancher: les tests seront-ils payants? Le certificat sanitaire doit-il s'étendre aux restaurants? Eléments de réponse.
25.08.2021, 05:5825.08.2021, 16:57

Il y a cette impression, amère, d’un éternel recommencement. Celui où le Conseil fédéral – plus précisément Alain Berset, le ministre de la Santé – se retrouve devant les médias, semaine après semaine, pour annoncer de bonnes ou de mauvaises nouvelles. Rebelote ce mercredi. Sauf que, depuis le mois de juin et la dernière conférence avant l'été, la situation sanitaire s'est passablement et rapidement dégradée.

Au point que les experts de l’Office fédéral de la santé publique ont affirmé mardi que «nous devons appeler la situation actuelle une quatrième vague». C’est défavorable, voire préoccupant, ont-ils ajouté, précisant que les hospitalisations ont été multipliées par 30 depuis le 2 juillet, date de la mesure la plus basse de l’été. Un chiffre est aussi particulièrement inquiétant: 90% des patients Covid dans les hôpitaux ne sont pas entièrement vaccinés. Voilà pour le contexte.

Ce que pourrait décider le Conseil fédéral mercredi:

Tests payants

C’est une quasi-certitude: dès le 1er octobre, les tests rapides pour les personnes asymptomatiques et qui mènent au certificat Covid (on parle de test de confort) vont devenir payants. Si l’on en croit nos collègues alémaniques, ces tests seront toujours gratuits pour les personnes ne pouvant pas se faire vacciner pour raisons médicales ou pour les enfants de moins de 12 ans. Dans le même ordre d’idée, ce pourrait être la fin des cinq autotests gratuits que la population peut aller chercher en pharmacie.

Dans les cantons, l’idée du Conseil fédéral est accueillie de manière assez largement favorable, hormis quelques réticences. Certains, comme Zurich, affirment qu’on pourrait même aller plus loin, par exemple en empêchant les personnes testées gratuitement négatives (si on a des symptômes, mais pas le virus) d'avoir droit au certificat. Objectif: éviter les fraudes par simulation des symptômes dans le but, par exemple, d'aller en boîte de nuit.

Etendre le certificat

Décider d’une extension du certificat Covid pour accéder notamment aux restaurants était jusqu’à récemment tabou. Au vu de la situation sanitaire très incertaine, l’idée est ressortie ici et là dans la presse. Ainsi ce dimanche, des médias alémaniques ont avancé qu’il était possible que le Conseil fédéral mette une telle extension en consultation. Les cantons de St-Gall et d’Argovie adhèrent déjà à l’idée (tout comme le président de la conférence des directeurs cantonaux de la santé) et pourraient même faire cavaliers seuls. Le co-président du parti socialiste, Cédric Wermuth, affirme sur Nau.ch que c’est mieux de passer par là que de renvoyer tout le monde en semi-confinement.

Cette extension du certificat n’est encore qu’une hypothèse, mais elle a le don de tendre sévèrement les restaurateurs, dont le secteur économique a déjà passablement souffert de la crise. Ils se voient déjà devoir demander à leurs clients de tendre un QR code pour s’assoir à table, avec la peur de perdre du temps et de l’argent. De plus, étendre le certificat pourrait encore énerver davantage les mouvements «pro-liberté» mécontents des mesures actuelles. Avec l’UDC, ce sont eux qui font campagne contre les modifications de la loi Covid, base légale – justement – du certificat, en votation populaire fin novembre.

Retour à un semi-confinement?

Un retour au semi-confinement, c’est la principale hantise des entreprises. Dans le Matin dimanche, le président de l’Union suisse des arts et métiers (Usam), Fabio Regazzi, annonçait que les sociétés ont tout intérêt à voir la vaccination progresser. Raison pour laquelle il affirme avoir pris contact avec le président de la Confédération, Guy Parmelin, pour que l’OFSP publie un appel à la vaccination dans les journaux de l’association patronale.

Selon les documents mis en consultation par le Conseil fédéral il y a deux semaines, il n’est pas prévu d’aller aussi loin, surtout si c’est pour punir ceux qui ont fait l’effort de la vaccination. Sauf si, évidemment, la pression sur les hôpitaux se montre trop forte. Nous n'en sommes heureusement pas encore là si l'on en croit les experts de l'OFSP.

Inciter (encore) à se faire vacciner

Face à une «épidémie de non-vaccinés», selon les termes des mêmes experts, toutes les mesures envisagées ci-dessus ont aussi pour objectif de pousser la population à se faire vacciner sans passer par la case «contrainte». Une obligation n’est d’ailleurs pas possible par la loi, à part pour les groupes de personnes dites à risques. Le conseiller d’Etat genevois, Mauro Poggia, a jeté un joli pavé dans la mare ces jours, en relançant l’idée de faire payer les frais médicaux dus au Covid à ceux qui ne sont pas vaccinés. Peu probable, sachant qu’une telle mesure irait à l’encontre du droit fondamental de l’accès au soin, comme l’a défendu son collègue de l’Exécutif, Antonio Hodgers.

Reste que, pour le moment, la Confédération mise sur la communication alors que les cantons s’attachent à amener la vaccination à la population et non plus l’inverse. C’est-à-dire la proximité: des centres mobiles de vaccination en remplacement des «vaccinodromes» progressivement délaissés par la population et qui ferment les uns après les autres. Autre sujet qui fait débat: placer ces centres mobiles à proximité des lieux de formation pour inciter les plus jeunes – moins vaccinés – à la piqûre. En Suisse alémanique, c’est déjà le cas. Les Romands, eux, y pensent sérieusement.

Pour se préparer à la conférence de presse, quoi de mieux qu'une sauce secrète si bonne qu'on la boit?

Vidéo: watson

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