Accusé d'injures, il disparaît d'une photo officielle avec la maire de Genève
«C’est lui.» Alice*, la trentaine, est formelle. Elle reconnaît sur la photo l’un de ceux qu’elle affirme être ses agresseurs. Cette photo, c’est celle publiée avant retouche par la maire de Genève sur ses réseaux sociaux.
Samedi 1er Août, Christina Kitsos postait sur Instagram et Facebook un seul et même cliché la montrant resplendissante en robe rouge dans le parc La Grange, à Genève, entourée de cinq personnes, dont trois jeunes ayant participé bénévolement aux préparatifs de la Fête nationale pour les besoins de la Ville.
Disparu de la photo
Celui qu’Alice désigne comme l’un de ses agresseurs était tout à gauche de la photo. Il n’y est plus. Le cliché paru sur le compte Facebook de la maire de Genève a été recadré sans lui. Sur son compte Instagram, il a été retiré.
La photo recadrée sans le jeune suspect
Les faits rapportés par Alice se sont déroulés à Genève plus tôt dans la semaine, dans la nuit de mardi à mercredi, entre les arrêts Terrassière et Villereuse du tram qui mène à Annemasse, en France voisine. Ils ont nécessité l’intervention de la police.
Il était environ 23 heures
Il était environ 23 heures. Alice sortait d’un bar et se dirigeait vers l’un des arrêts du tram pour rentrer chez elle, en direction d’Annemasse. Elle raconte :
Alice affirme qu’à compter de l’incident de la bouteille de thé froid renversée, les jeunes gens, des adolescents, l’ont injuriée et menacée.
Intervention de la police
Prévenue par des personnes du quartier des événements en cours, la police est arrivée sur les lieux, ainsi que le confirme à watson Alexandre Brahier, porte-parole des forces de l’ordre genevoises. Les policiers ont appréhendé les jeunes fauteurs de troubles. Certains ne voulaient pas se laisser contrôler, l’un d’eux au moins a été menotté. Ils avaient avant cela renversé sur la route une benne à ordures. Les policiers ont obligé l’un ou plusieurs des jeunes à relever la benne et à remettre à l'intérieur le contenu éparpillé au sol.
Nemesis entre en jeu
Alice a pu entre-temps joindre son mari par téléphone, qui est venu la chercher en voiture. Elle doit se rendre mercredi dans un poste de police genevois pour étoffer sa déposition. Elle songe à déposer plainte. «Heureusement que des hommes m’ont protégée», se rassure-t-elle a posteriori.
L’affaire est arrivée aux oreilles de l’antenne suisse du collectif féministe Nemesis, classé à l’extrême droite. Dimanche, Nemesis-Suisse a réagi à la photo publiée par Christina Kitsos sur Facebook et Instagram, avec ce titre: «La maire de Genève s’affiche avec un agresseur», faisant le rapprochement entre le jeune homme sur la photo et l’un des agresseurs présumés d’Alice.
La maire s'explique
Joint par watson, la maire de Genève, la socialiste Christina Kitsos, qui avait rencontré quinze jours plus tôt à New York son homologue de gauche new-yorkais, Zohran Mamdani, justifie ci-après le retrait pur et simple d'Instagram de la photo de groupe prise dans le parc La Grande le 1er Août, et sa retouche sans le jeune suspect sur Facebook :
La maire explique ensuite la raison de cette photo, elle entourée de jeunes:
Christina Kitsos ajoute:
*Alice est un prénom d'emprunt.
