Dans ce canton, une majorité de la population n'a pas le droit de voter
Bâle-Ville est le premier canton suisse où les personnes habilitées à voter et à élire sont minoritaires. Sur les 211 000 habitants que compte la ville de Bâle, 50,3% ne disposent pas du droit de vote, faute de nationalité suisse, parce qu'ils ont moins de 18 ans, sont sous curatelle ou sont des résidents à la semaine. C'est ce que rapporte la SRF.
Certes, la proportion d'étrangers dans le canton de Genève est plus élevée qu'à Bâle, avec 42% contre 39%, mais quelque 35 000 Suisses de l'étranger y ont le droit de voter. Une majorité de la population genevoise dispose donc du droit de vote.
Une situation inédite en Suisse
Si de plus en plus de personnes sont exclues de la démocratie, cela contredit «l'objectif d'ancrer l'action de l'Etat sur la base la plus large possible afin de garantir son acceptation», explique la politologue Eva Gschwind à la SRF.
Le gouvernement et le Parlement ne disposeraient alors plus de la boussole nécessaire pour savoir ce que la population veut réellement. Ils se retrouveraient ainsi de plus en plus à «naviguer à l'aveugle».
Quelles sont les solutions?
Bâle-Ville pourrait préfigurer une tendance à l'échelle nationale, car l'ensemble de la Suisse ne croît plus que par l'immigration, indique Eva Gschwind à la SRF. La question de savoir comment associer davantage de personnes à la participation politique se pose dès lors à l'échelle du pays tout entier.
Dans le canton de Bâle, un abaissement de l'âge du droit de vote cantonal de 18 à 16 ans pourrait faire partie de la solution, ce qui permettrait à quelque 3000 personnes supplémentaires de voter. Si cette proposition a été rejetée en 2009, le gouvernement cantonal a présenté un nouveau projet à l'automne 2025.
Un droit de vote cantonal pour les étrangers, à l'image de ce qui se pratique dans le Jura et à Neuchâtel, pourrait également être envisagé. Les tentatives en ce sens ont toutefois échoué jusqu'ici non seulement à Bâle-Ville, mais aussi dans d'autres cantons, comme Vaud et Appenzell Rhodes-Extérieures.
Une autre piste consiste à faciliter les naturalisations. Bâle a d'ailleurs déjà fortement réduit ses émoluments en la matière.
Eva Gschwind souligne auprès de la SRF qu'une faible participation ne saurait être un argument contre l'extension des droits de vote. Elle résume:
(hkl)
