Suisse
Politique

Bâle-Ville fait face à un problème jamais vu en Suisse

Ein Dorfbewohner stimmt an der Urne ab, am Sonntag, 12. Februar 2017, in Obersaxen Meierhof. Die Stimmbuerger des Kantons Graubuenden stimmen ueber eine moegliche Kandidatur fuer die Olympischen Winte ...
A Bâle-Ville, le nombre de personnes ayant le droit de vote ne cesse de diminuer.Image: KEYSTONE

Dans ce canton, une majorité de la population n'a pas le droit de voter

Pour la première fois en Suisse, les personnes privées du droit de vote sont majoritaires dans un canton. Une situation qui relance le débat sur la participation démocratique.
10.06.2026, 18:3310.06.2026, 18:33

Bâle-Ville est le premier canton suisse où les personnes habilitées à voter et à élire sont minoritaires. Sur les 211 000 habitants que compte la ville de Bâle, 50,3% ne disposent pas du droit de vote, faute de nationalité suisse, parce qu'ils ont moins de 18 ans, sont sous curatelle ou sont des résidents à la semaine. C'est ce que rapporte la SRF.

Certes, la proportion d'étrangers dans le canton de Genève est plus élevée qu'à Bâle, avec 42% contre 39%, mais quelque 35 000 Suisses de l'étranger y ont le droit de voter. Une majorité de la population genevoise dispose donc du droit de vote.

Une situation inédite en Suisse

Si de plus en plus de personnes sont exclues de la démocratie, cela contredit «l'objectif d'ancrer l'action de l'Etat sur la base la plus large possible afin de garantir son acceptation», explique la politologue Eva Gschwind à la SRF.

Le gouvernement et le Parlement ne disposeraient alors plus de la boussole nécessaire pour savoir ce que la population veut réellement. Ils se retrouveraient ainsi de plus en plus à «naviguer à l'aveugle».

Quelles sont les solutions?

Bâle-Ville pourrait préfigurer une tendance à l'échelle nationale, car l'ensemble de la Suisse ne croît plus que par l'immigration, indique Eva Gschwind à la SRF. La question de savoir comment associer davantage de personnes à la participation politique se pose dès lors à l'échelle du pays tout entier.

Dans le canton de Bâle, un abaissement de l'âge du droit de vote cantonal de 18 à 16 ans pourrait faire partie de la solution, ce qui permettrait à quelque 3000 personnes supplémentaires de voter. Si cette proposition a été rejetée en 2009, le gouvernement cantonal a présenté un nouveau projet à l'automne 2025.

Un droit de vote cantonal pour les étrangers, à l'image de ce qui se pratique dans le Jura et à Neuchâtel, pourrait également être envisagé. Les tentatives en ce sens ont toutefois échoué jusqu'ici non seulement à Bâle-Ville, mais aussi dans d'autres cantons, comme Vaud et Appenzell Rhodes-Extérieures.

Une autre piste consiste à faciliter les naturalisations. Bâle a d'ailleurs déjà fortement réduit ses émoluments en la matière.

Eva Gschwind souligne auprès de la SRF qu'une faible participation ne saurait être un argument contre l'extension des droits de vote. Elle résume:

«Il y a une grande différence entre ne pas avoir le droit de voter et ne pas vouloir voter»

(hkl)

Voici à quoi pourrait ressembler la Suisse en 2085
1 / 10
Voici à quoi pourrait ressembler la Suisse en 2085
partager sur Facebookpartager sur X
Connaissez-vous les sept chefs d’Etat du G7?
Video: watson
Ceci pourrait également vous intéresser:
Avez-vous quelque chose à nous dire ?
Avez-vous une remarque ou avez-vous découvert une erreur ? Vous pouvez nous transmettre votre message via le formulaire.
5 Commentaires
Comme nous voulons continuer à modérer personnellement les débats de commentaires, nous sommes obligés de fermer la fonction de commentaire 72 heures après la publication d’un article. Merci de votre compréhension!
5
Le fiasco du F-35 a plusieurs aspects «réjouissants» selon cet expert
Personne n'a jamais fixé de prix pour les avions F-35, contrairement à ce qu’affirmait l’ancienne conseillère fédérale, Viola Amherd. Le Conseil national lui a adressé un blâme, qui ne s'accompagne cependant d'aucun effet concret. Le politologue Marc Bühlmann nous explique pourquoi le système suisse ne prévoit pas de conséquence dans ce genre d'affaires.
En 2020, le peuple a approuvé une enveloppe de six milliards de francs pour l’acquisition d'avions de combat. Deux ans plus tard, la Suisse a signé un contrat portant sur des F-35 américains. Viola Amherd, alors conseillère fédérale, et le Département de la défense, de la protection de la population et des sports (DDPS) ont affirmé à plusieurs reprises que le contrat comportait une clause de prix fixe.

Mais des surcoûts ont été annoncés l'année dernière. Mardi, la Commission de gestion du Conseil national a présenté un rapport. Elle reproche à la Haut-valaisanne et à son département de ne pas avoir suivi les négociations d’assez près. Le rapport confirme également qu'il n'y a jamais eu de prix fixe. Marc Bühlmann, politologue à l'Université de Berne, analyse la situation.
L’article