Le PLR a de nouveau des soucis avec sa comptabilité
Près de 25 millions de francs. C’est la somme dont les partis ont disposé l’an dernier, selon les derniers chiffres du Contrôle fédéral des finances.
Depuis 2023, les partis nationaux sont tenus de rendre publiques leurs recettes. L’an dernier encore, le PS affichait de loin le budget le plus important, avec 7,9 millions de francs. Le PLR disposait de 4,8 millions de francs, contre 3,8 millions pour l’UDC. Parmi les partis représentés au Conseil fédéral, le Centre arrive en quatrième position, avec un budget de 2,7 millions de francs.
Baume-Schneider doit payer le plus
Mais ces chiffres en disent moins sur la situation financière réelle des partis que sur leur mode de financement. Au PS, par exemple, une part importante des cotisations des membres revient au parti national. L’an dernier, elles ont représenté près de 2,2 millions de francs. L’UDC et le PLR ont chacun encaissé moins de 200 000 francs de cette manière, tandis que le Centre déclare 0 franc de cotisations. La raison: chez lui, ces contributions sont versées aux sections locales et cantonales.
Les partis sollicitent aussi de manière très différente leurs parlementaires, conseillers fédéraux, chanceliers de la Confédération et juges fédéraux. Les conseillers fédéraux socialistes Beat Jans et Elisabeth Baume-Schneider ont dû reverser à leur parti près de 40 000 francs chacun l’an dernier, contre seulement 10 000 francs chacun pour Guy Parmelin et Albert Rösti, de l’UDC.
Une part importante des recettes, surtout pour les partis bourgeois, provient aussi d’associations et d’entreprises. Parmi ces dernières, UBS est la donatrice la plus généreuse: l’UDC a reçu environ 420 000 francs, le Centre 284 000 francs et les Vert’libéraux encore 85 000 francs. Dans son rapport de gestion, UBS indique avoir soutenu les partis (bourgeois) à hauteur de 1,2 million de francs au total l’an dernier.
Le PLR devrait donc lui aussi avoir reçu plus de 400 000 francs d’UBS. Mais ce don n’apparaît pas dans les comptes publiés par le parti de droite libérale. Interrogé à ce sujet, le PLR explique n’avoir reçu la somme qu’au début de cette année et qu’elle ne sera donc déclarée que l’an prochain. La comptabilité du PLR n’est manifestement pas aussi rapide que celle des autres partis.
La ministre des finances a payé trop tard
Il manque également un montant parmi les contributions liées aux mandats du PLR, précisément celui de la ministre des finances Karin Keller-Sutter.
L’an dernier, le PLR avait déjà connu un couac dans son budget. Les 3,4 millions de francs initialement déclarés avaient ensuite dû être corrigés à 6,6 millions. Les libéraux-radicaux avaient expliqué cette erreur par l’oubli de déclarer des dons destinés à des campagnes de votation. Comme l’avait révélé Beobachter, il ne s’agissait que de l’une des nombreuses erreurs embarrassantes commises. Pour un don, par exemple, un zéro avait été oublié. Un conflit avait également opposé le parti aux contrôleurs des finances au sujet de la divulgation de l’identité des grands donateurs.
Le porte-parole Matia Demarmels souligne que, cette année, tout a été déclaré correctement. «Cette année, le PLR a fait l’objet d’un contrôle par sondage du Contrôle fédéral des finances.» L’autorité aurait confirmé par écrit n’avoir relevé aucune anomalie.
Le PS accuse les partis bourgeois de tromper le système
La divulgation – ou la dissimulation – de l’identité des grands donateurs reste toutefois un sujet de controverse. Le PLR a reçu près de 1,2 million de francs d’Economiesuisse, l’organisation faîtière de l’économie – il s’agit du plus important don individuel versé à un parti. Une organisation appelée Comité d’action pour la liberté a apporté 400 000 francs supplémentaires. On ignore qui se cache derrière elle: ce comité est un fantôme. En 2024 déjà, le PLR avait déclaré comme donateur une association portant un nom similaire, mais pas tout à fait identique. Le Comité d’action pour la liberté et la responsabilité avait versé 500 000 francs.
Du côté de l’UDC, le principal donateur est la Fondation pour une politique bourgeoise, qui a versé 720 000 francs. Son conseil de fondation compte notamment Marcel Dettling, président de l’UDC, et l’ancien conseiller fédéral Ueli Maurer. L’origine de l’argent de la fondation reste, elle aussi, secrète.
Cet exemple illustre les limites des règles de transparence lorsqu’il s’agit de faire réellement la lumière sur le financement politique. Car ceux qui ne veulent pas apparaître comme donateurs disposent de moyens pour l’éviter.
Le PS accuse les partis bourgeois de continuer à dissimuler de manière illicite l’identité des véritables bailleurs de fonds en passant par des associations et des fondations. Le parti indique examiner les démarches qu’il pourrait entreprendre pour faire cesser ces pratiques. (trad. hun)
