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UDC molesté par la police: «La cheffe de Fedpol doit partir»

Roger Golay (MCG/GE) et Nicolas Walder (Verts/GE) réagissent à l'altercation entre Thomas Aeschi (UDC/ZG) et la sécurité du Palais fédéral.
Roger Golay (MCG) et Nicolas Walder (Verts/GE) réagissent à l'altercation entre Thomas Aeschi (UDC/ZG) et la sécurité du Palais fédéral.

Un UDC molesté par la police: «La cheffe de Fedpol doit démissionner»

Une altercation entre un important politicien UDC et un agent de la police du Palais fédéral agite Berne. Un membre de son groupe veut la démission de la cheffe de Fedpol, responsable de la sécurité du bâtiment et des parlementaires. A gauche, on loue le travail de l'agent. Et qu'est-ce que l'Ukraine a à voir là-dedans?
12.06.2024, 17:0613.06.2024, 15:44
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C'était du jamais-vu à Berne, ce mercredi matin: dans le hall du Palais fédéral, un parlementaire en est venu aux mains avec la sécurité. Et pas n'importe quel parlementaire: le conseiller national zougois Thomas Aeschi, chef de groupe UDC aux Chambres, un des hommes les plus puissants du parti.

A quelques mètres de là, le président du parlement ukrainien, Rouslan Stefantchouk, posait avec son homologue suisse, Eric Nussbaumer (PS/BL), à la tête du Conseil national. L'homme est en visite en Suisse et a été invité au Palais fédéral en marge du sommet du Bürgenstock.

La vidéo de l'altercation 👇

Vidéo: watson

«Complètement disproportionné»

Membre du groupe UDC, Roger Golay n'a que peu apprécié l'altercation entre son chef et l'agent de Fedpol. Le conseiller national MCG est particulièrement remonté.

«C'est totalement inadmissible. Ce qui s'est passé est complètement disproportionné»
Roger Golay, conseiller national (MCG/GE)
Roger Golay.
Roger Golay.Keystone

Celui qui est aussi ancien maréchal de gendarmerie à Genève s'y connaît en sécurité. Il est aussi l'ancien président de l’Union syndicale des polices romandes et de l’Union du personnel du corps de police genevois. «En tant qu'élus, être entravés de la sorte dans nos déplacements à l'intérieur du Palais fédéral, ce n'est pas possible. D'autant plus que nous n'avions pas reçu d'informations sur le bouclage de cette zone.»

«Ce n'est pas acceptable en pleine session»
Roger Golay, conseiller national (MCG/GE)

L'agent a agi conformément aux ordres

Les Services du Parlement indique que les bureaux du Conseil national et des Etats avaient été informés de cette visite. Ils expliquent qu'ils ne voulaient prendre aucun risque lors de la venue de Rouslan Stefantchouk:

«La direction du Parlement a élaboré, en concertation avec Fedpol, un concept de sécurité qui tient compte de la situation de danger accru»
Services du Parlement

Quant au blocage des escaliers en tant que tel, il n'a duré que quelques minutes. «A aucun moment les parlementaires n'ont été empêchés d'exercer leur mandat», nous communique-t-on.

«Le personnel de sécurité a agi conformément au concept»
Services du Parlement

Les services du Parlement rappellent également que le règlement intérieur «s'applique à toutes les personnes qui se trouvent au Parlement», parlementaires compris. Dans ce contexte, et toujours selon le règlement, «les ordres du personnel de sécurité doivent être respectés».

Il veut la tête de la cheffe de Fedpol

Roger Golay n'en veut toutefois pas au policier. «Ces agents sont des exécutants et ils reçoivent des instructions, je ne les blâme pas. Et ils savent qui nous sommes au Palais fédéral. C'est le concept de sécurité dans son ensemble qui a été mal pensé.»

Pour l'élu MCG, il aurait parfaitement pu être possible de renforcer les contrôles autrement, par exemple en vérifiant les sacs à l'entrée du bâtiment. Il compare la situation à celle d'un aéroport: une fois le contrôle de sécurité passé, les voyageurs peuvent circuler en toute liberté. Pour l'élu, le problème se situe bien plus haut, à la tête de Fedpol:

«Nicoletta della Valle doit démissionner de Fedpol. Elle n'a plus le raisonnement ou le discernement nécessaire pour son travail»
Roger Golay, conseiller national (MCG/GE)

La cheffe de Fedpol va pourtant déjà quitter son poste, à la fin de janvier 2025. «Elle doit démissionner immédiatement. Elle n'a pas été capable de prévoir ou gérer un cas comme celui-là. Il y a un manque de communication crasse au sein de son office.» Au début du mois, Roger Golay avait déjà vertement critiqué la cheffe de Fedpol dans 24 heures à cause de son indemnité de départ, de plus de 300 000 francs.

Thomas Aeschi critiqué à gauche

Si à droite on critique la police, c'est plutôt à gauche qu'on la défend. Autre Genevois dans l'hémicycle, Nicolas Walder (Verts/GE) trouve également la situation honteuse, mais dans l'autre sens: «Personne n'est au-dessus des lois et Thomas Aeschi devait respecter les mesures de sécurité, comme tout autre citoyen. Dire "Je suis un élu, je n'ai pas besoin de me plier aux restrictions", ça ne va pas. D'autant plus venant d'un des cadres d'un parti qui prétend être garant de l'ordre et de la sécurité.»

«Les images sont claires: Thomas Aeschi a tenté de passer en force, il n'a pas été brutalisé à son insu»
Nicolas Walder, conseiller national (Verts/GE)
Nicolas Walder.
Nicolas Walder.Keystone

Pour le Vert, c'est aussi la présence du président du Parlement ukrainien, à quelques mètres à peine de l'altercation au moment des faits, qui est en cause.

«Si les mesures avaient été prises pour protéger Poutine ou Netanyahou, il n'y aurait pas eu de réaction de l'UDC»
Nicolas Walder, conseiller national (Verts/GE)

Quid de la demande de démission de Nicoletta della Valle par Roger Golay? «Demander la démission d'une personne qui fait son travail juste parce que leur chef de groupe n'est pas content, où en sommes-nous?»

Qui est en tort?

Nicolas Walder ajoute: «Et puis, nous parlons du deuxième officiel le plus important d'Ukraine. Il y a déjà eu des tentatives d'assassinat de la part de la Russie contre eux. Le concept de sécurité était donc parfaitement adapté.»

«Vous imaginez le scandale diplomatique si un assassinat avait eu lieu au sein du Palais fédéral?»
Nicolas Walder, conseiller national (Verts/GE)

Nicolas Walder n'est pas le seul conseiller national de gauche à pointer du doigt l'UDC en les accusant de faire le jeu de Poutine. Dans 24 heures, Samuel Bendahan (PS/VD) parle lui aussi d'un «acte de propagande pour Poutine». Dans Blick, Roger Nordmann loue le travail «remarquable» des policiers du Parlement.

Pour Roger Golay, ce n'est pas le sujet:

«Le président du Parlement ukrainien a été invité par son homologue du Conseil national, Eric Nussbaum. Il n'y a pas de faute de ce côté-là. Quant la question de la place de la Suisse dans les discussions liées à l'Ukraine, c'est un autre débat»
Roger Golay, conseiller national (MCG/GE)
L'Ukraine a eu la peau du «char tortue» russe
Video: watson
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