Berne veut recenser les féminicides
Le Conseil-exécutif bernois est prêt à mentionner explicitement les féminicides dans les statistiques sur la criminalité. Il ne souhaite toutefois pas faire cavalier seul, mais préfère attendre qu'une définition et des critères à l'échelle nationale soient établis pour recenser ces actes de violence.
La motion défendue par le député des Vert-e-s Manuel C. Widmer demande au gouvernement de recenser dans la statistique annuelle sur la criminalité, séparément et en tant que tels, les féminicides dans le canton de Berne. Pour le moment, il n'existe pas d'institution officielle qui documente systématiquement ce type de crime en Suisse.
Les motionnaires relèvent que les féminicides reflètent une violence enracinée dans les structures de pouvoir patriarcales de la société. Ils estiment que les violences infligées aux femmes sont souvent considérées comme un problème relevant de la sphère privée. «En Suisse, le terme de féminicide n'est toujours pas ancré dans le discours politique».
Normes uniformes
Dans sa réponse récemment publiée à la motion, le gouvernement soutient sur le principe la création d'une catégorie distincte dans la statistique annuelle sur la criminalité. Mais il souligne qu'il ne serait pas pertinent de limiter les chiffres au seul canton de Berne.
Le Conseil-exécutif estime nécessaire de faire une comparaison au niveau national et de s'accorder sur une définition unique et des facteurs uniformes pour analyser les données. Il renvoie donc au postulat «Etude de faisabilité pour une tenue de statistique sur les féminicides» transmis par le Conseil national au Conseil fédéral.
Pour le gouvernement bernois, les féminicides pourront être intégrés aux statistiques de chaque canton sur la criminalité conformément à une définition et des critères uniformes pour tous. (tib/ats)
