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Politique

Initiative biodiversité: voici ce qui a plombé la votation

Sarah Pearson Perret est la directrice romande de ProNatura.
Sarah Pearson Perret est la directrice romande de ProNatura.Keystone

Voici ce qui a plombé l'initiative sur la biodiversité

L'initiative pour la biodiversité a été refusée par le peuple. Le clivage ville-campagne est évident. Pour la directrice romande de ProNatura, le texte était pourtant clair et les opposants ont réussi à présenter l'initiative comme opposée à l'agriculture.
24.09.2024, 08:1724.09.2024, 08:17

L'initiative pour la biodiversité a été balayée à près de 63%. Une défaite amère, à propos de laquelle on pourra se rassurer en disant que «l'autre» défaite de la journée, celle de la LPP, est une claque encore plus monumentale: plus de 67% de refus.

Une différence existe toutefois. Dans le cas de la réforme de la LPP, la carte est rouge, sans exception: tous les cantons l'ont refusé. Mais le canton de Genève et celui de Bâle-Ville ont, de leur côté, accepté l'initiative sur la biodiversité.

Les résultats de la journée du 22 septembre:

Un indice qui laisse entrevoir la résurgence du fossé ville-campagne, Genève et Bâle-Ville étant les deux cantons les plus urbains du pays. Si l'on regarde la carte des arrondissements, puis celui des communes, la différence est frappante: quasiment toutes les grandes villes du pays sont en vert et les communes rurales, en rouge. Quelques exemples:

  • Zurich, oui à 57,6%
  • Lausanne, oui à 60,3%
  • Berne, oui à 68%
  • Fribourg, oui à 57,4%
  • Neuchâtel, oui à 53,9%
  • Lucerne, oui à 53,1%

Pour plus de détails 👇

Initiative biodiversité

Dépouillés: 26/26 | Etat: Résultats

37,0% oui

63,0% non

1,5 cantons

21,5 cantons

  • Communes
  • Cantons

Gemeinde

Pour discuter de cette défaite nationale, mais pas urbaine, nous avons posé quelques questions à Sarah Pearson Perret. La directrice romande de ProNatura a fait partie du comité d'initiative et est également députée vert'libérale au Grand conseil neuchâtelois.

Sarah Pearson Perret, membre du comite des Vert'liberaux neuchatelois pose lors d'une conference de presse du parti vert'liberal neuchatelois de presentation de ses candidats aux electi ...
Sarah Pearson Perret.Image: KEYSTONE

Le fossé ville-campagne semble clair et net, qu'en pensez-vous?
Le milieu urbain est sensible à la thématique de la biodiversité: c'est un endroit très minéral, où les espaces verts manquent. La population y remarque les chaleurs qui augmentent, l'été. Il suffit de se rendre dans un parc pour se reposer sous un tilleul pour sentir immédiatement la différence.

«Les bénéfices de la biodiversité s'y ressentent directement»

On a beaucoup parlé d'agriculture dans cette campagne. Que s'est-il passé?
Le texte de l'initiative était assez clair, pourtant. Il ne mentionnait pas de secteur particulier, on s'adressait à l'ensemble des secteurs et du territoire. Les opposants ont réussi à cadrer la campagne en la présentant comme une initiative s'opposant au monde agricole, mais ce n'était aucunement le cas.

«Nous sommes tout à fait conscients des efforts entrepris par les agriculteurs»

On leur demande des améliorations ponctuelles et une meilleure efficience. Mais aucun changement radical n'était prévu. Il est vrai que nous avions une vision plus claire de ce qui était attendu dans les villes, où beaucoup de mesures doivent être prises.

Au lancement de la campagne, vous mettiez l'accent sur le fait que les agriculteurs ne sont «pas nos ennemis, mais nos alliés». Le message a-t-il eu tant de mal à être entendu?
Je pense que les opposants ont réussi à convaincre du contraire. Ils ont rassuré la population en expliquant que les bases légales étaient suffisantes. Le Conseil fédéral est allé dans le même sens. Malgré le consensus scientifique sur l'état alarmant de la biodiversité, leur discours consistait d'abord à nier le problème de la biodiversité, puis à le reconnaître tout en indiquant que l'initiative n'était pas la bonne réponse au problème.

N'aurait-il pas fallu convaincre les paysans avant tout?
La conservation des ressources naturelles et l’entretien du paysage rural sont la deuxième mission des agriculteurs, notée dans la Constitution fédérale.

«L'agriculture multifonctionnelle est donc déjà une réalité»

Il existe déjà un cahier des charges pour l'agriculture, mais il ne faut pas que cela se fasse au détriment des bases vitales.

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