Cette initiative de Blocher transforme le 1er août en champ de bataille
Le mouvement NeutRealität (fondé en 2025 par trois entrepreneurs et professionnels grisons, opposés à l'initiative sur la neutralité de l'UDC) mène, autour du 1er août, une campagne contre l'initiative sur la neutralité de Christoph Blocher avec pas moins de 30 discours filmés et une centaine de déclarations. Ces interventions proviennent essentiellement de représentants du monde économique, et non de personnalités politiques.
Le mouvement a aussi dressé une liste de 80 experts qui s'expriment sur le thème de la neutralité. Elle montre, selon le membre du comité du NeutRealität Adrian Wiedmer, que plus de 90% d'entre eux rejettent l'initiative.
Un gros débat sur la neutralité suisse en vue
Pour illustrer ce que l'initiative sur la neutralité de Christoph Blocher pourrait provoquer, le mouvement utilise des mises en scène de confédérés. Adrian Wiedmer affirme:
NeutRealité fait ainsi référence aux propos des partisans de l'initiative sur la neutralité, selon lesquels la Suisse ne devrait pas sanctionner la Russie malgré la guerre contre l'Ukraine, au nom de la neutralité. Adrian Wiedmer critique ainsi:
Le lancement de deux intenses campagnes
Ce n'est pas un hasard si ces scènes mettant en scène les trois Confédérés ont été tournées peu avant le 1er août. Le mouvement citoyen NeutRealität lance en effet sa campagne contre l'initiative sur la neutralité autour de la Fête nationale. Les votations sont prévues le 27 septembre.
Le 1er août devient ainsi le coup d'envoi de la campagne de votation et un véritable jour de bataille. Christoph Blocher, à l'origine de l'initiative, profite lui aussi de cette journée pour intervenir le 31 juillet à Matten, près d'Interlaken (BE).
Christoph Blocher évoquera également, dans son discours officiel, le héros national suisse Guillaume Tell. Ce discours s'inscrit dans le cadre de la Fête nationale organisée par ProSuisse, ouverte au public. L'association mène la campagne en faveur de l'initiative sur la neutralité. Le titre du discours de Christoph Blocher: «Tell. Liberté. Neutralité. Notre chemin depuis 1291».
Des attaques personnelles
Dans les débats sur la neutralité, un ton parfois rugueux prévaut déjà avant le 1er août. C'est ce que rapporte notamment l'ancien conseiller national et fondateur du Groupe pour une Suisse sans armée (GSsA), Jo Lang. Il affirme avoir lui-même été la cible d'attaques personnelles. Un vif échange verbal a ainsi eu lieu à la fin de l'assemblée générale du GSsA du 11 mai, qui avait confirmé le «non» à l'initiative sur la neutralité.
La NZZ avait récemment évoqué le fait que divers groupes de gauche soutiendraient l'initiative de l'UDC. Jo Lang le dément néanmoins.
Pour en revenir au mouvement NeutRealität, celui-ci a été fondé en 2025 par trois Grisons: l'entrepreneur Adrian Wiedmer, le prestataire de services juridiques Raffael Büchi et le pédiatre Pascal Mayer. Les discussions sur la neutralité liées à la guerre en Ukraine en sont à l'origine.
Lorsque la Suisse a imposé des sanctions à la Russie, Christoph Blocher avait qualifié cela de «profanation de la neutralité». C'est l'une des déclarations qui a conduit à la fondation de NeutRealität. Grâce à son travail de lobbying, celui-ci a même contribué à ce que le Parlement renonce à un contre-projet à l'initiative sur la neutralité. Ses chances d'aboutir sont donc jugées minces.
Le mouvement NeutRealität est indépendant des partis, des ONG et des associations. Il mène aujourd'hui une campagne autonome, mais reste cependant en contact avec les campagnes d'Economiesuisse et des partis, ainsi qu'avec la coalition d'ONG, qui s'opposent elles aussi à l'initiative sur la neutralité. Adrian Wiedmer résume:
Ce que veut l'initiative
L'initiative sur la neutralité demande que la neutralité perpétuelle et armée soit inscrite dans la Constitution fédérale. Elle vise en outre à empêcher toute adhésion à des alliances militaires ou de défense telles que l'Otan. Par ailleurs, la Suisse ne devrait pas participer à des affrontements militaires entre Etats tiers ni prendre de sanctions non militaires contre des Etats belligérants. (trad. ysc)
