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Près de 600 cas de discrimination raciale en Suisse en 2020

La plupart des discriminations ont eu lieu au travail en Suisse.
La plupart des discriminations ont eu lieu au travail en Suisse.Image: Shutterstock
Cinq cent septante-deux cas de discrimination raciale ont été recensés en Suisse en 2020. La majeure partie est survenue sur le lieu de travail et dans le voisinage. Décryptage
18.04.2021, 16:0518.04.2021, 16:46

572 cas de discrimination raciale ont été recensés, en Suisse, en 2020. Le monde du travail reste le domaine le plus touché avec 95 incidents recensés en 2020 par les 21 centres de conseil pour les victimes du racisme à travers le pays, qui publient leur rapport annuel. Les victimes font état d’humiliations, de comportements dénigrants ou irrespectueux de la part de collègues, ou d’inégalités de traitement par les supérieurs. Décryptage.

Répartition des quatre premières places en matière de discrimination:

  • La xénophobie en général: 304 cas.
  • Le racisme anti-Noirs: 206 cas.
  • Hostilité à l’égard des personnes musulmanes: 55 cas.
  • Racisme anti-Arabes: 46 cas.

A noter que dans près d’un quart des cas, les centres de conseil ont conclu à une discrimination multiple. Celle-ci combinait le plus souvent discrimination raciale et discrimination en raison du statut de séjour, du sexe ou du statut social.

Quelle origine ont les personnes les plus touchées?

Les personnes d’origine européenne constituent le plus grand groupe de victimes de discrimination, selon le rapport avec 168 cas, ce qui n’est guère surprenant, puisque la grande majorité de la population étrangère résidant en Suisse vient d’un pays européen (Italie, Allemagne, Portugal, France, Espagne), ainsi que du Kosovo, de Turquie ou de Serbie.

En 2020, les centres ont aussi conseillé un grand nombre de Suisses, discriminés, car perçues comme «étrangers», soit 87 cas. Les personnes d’origine africaine constituent le deuxième plus grand groupe de victimes de discrimination, suivies de celles originaires du Proche-Orient et d’Asie centrale.

Où se sont passé les cas de discrimination?

Le rapport divise les endroits où la discrimination a eu lieu en plusieurs catégories voici les huit endroits où les cas se sont produits le plus fréquemment:

  • 95 sur le lieu de travail.
  • 67 dans l'espace public.
  • 58 dans le cursus de formation, école et crèches.
  • 51 sur Internet (réseaux sociaux, blogs, etc.)
  • 44 sur le marché du logement et de la location.
  • 44 également dans les offres du secteur privé (magasins, festivals, etc.)
  • 33 sur le marché du travail.
  • 31 dans les transports publics.

Pour préciser avec les minorités les plus touchées:

Les incidents relatifs au racisme anti-Noirs s’observent le plus souvent sur le lieu de travail (43 cas), à l’école, à la crèche ou sur le lieu de formation (29 cas), dans l’espace public (28 cas), en lien avec la police (21 cas), au niveau des offres du secteur privé (21 cas) et dans le quartier/voisinage (20 cas).

Les cas d’hostilité à l’égard des personnes musulmanes, de même que ceux de la catégorie parente du racisme anti-Arabes, s’observant le plus souvent dans le quartier ou voisinage (22 cas), sur le lieu de travail (19 cas) et dans l’espace public (15 cas).

Quelles formes prennent ces discriminations?

En 2020, la plupart des discriminations relèvent du domaine de la communication avec 580 cas. Autrement dit: les insultes, d’autres propos ou illustrations dérangeantes et des calomnies ou accusations mensongères.

«49 cas d’actes de violence ont par ailleurs été recensés, notamment des violences physiques (42 cas), ainsi que 27 cas de propagande d’extrême droite.»
le rapport des 21 centres de conseil pour les victimes du racisme

Les situations dites «d’exclusions» (autrement dit limiter ou priver quelqu'un de ses droits) sont également très fréquentes avec 519 cas. Il s'agit dans la plupart des cas d'inégalités de traitement ou traitements dénigrants.

L'impact du Covid

L'année 2020 et son coronavirus a eu un impact à tous les niveaux de la société. Sur les 572 cas recensés, 72 concernaient des incidents constatés dans le voisinage ou le quartier. Les restrictions imposées dans la sphère publique pour lutter contre la pandémie ont induit un déplacement des cas de discrimination dans la sphère privée, notamment l’environnement proche du domicile.

«La pandémie a, par ailleurs, été le prétexte à une suspicion générale vis-à-vis de certaines personnes en raison de leur origine ou de leur statut. De nombreux actes racistes, discriminations et discours de haine envers certaines nationalités ont été observés. Les personnes d’origine asiatique ont ainsi souvent été stigmatisées comme étant responsables de la situation épidémique mondiale.»
L'analyse du Dr. Nora Refaeil dans le rapport des 21 centres de conseil pour les victimes du racisme

Comparaison avec les autres années pas possible

En raison d’une modification de la nomenclature de saisie des données, les résultats 2020 ne peuvent pas être comparés avec ceux des années précédentes, précise la CFR dans son rapport, également établi par l'association humanrights.ch.

Le résumé du rapport en vidéo:

La présentation du rapport a en effet été revue pour mettre en lumière certaines problématiques liées à des groupes cibles. Pour mieux tenir compte des cas de racisme ordinaire et des incidents survenus dans la sphère privée, les cas pour lesquels une motivation raciste ne peut être totalement exclue sont désormais enregistrés comme cas de discrimination raciale. (ats/jah)

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source: sda / john minchillo
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