Il fait trop chaud dans les classes suisses: les profs veulent des mesures
Cette année, la Suisse transpire dès le mois de mai. Les températures extérieures oscillent toute la semaine autour des 30 degrés. Dans les salles de classe à travers tout le pays, il fait également chaud, notamment parce que de nombreux bâtiments scolaires sont «insuffisamment préparés à la surchauffe estivale».
Tel est l'avis de l'association faîtière des enseignantes et enseignants suisses. Cette dernière a écrit mardi:
Bien plus qu'une question de confort
Pour l'association, il ne s'agit «pas d'un simple problème de confort», mais de quelque chose qui compromet considérablement la santé et les performances scolaires des enfants.
Dans le cadre d'un projet pilote à Montreux et à Locarno, l'Office fédéral de l'environnement (OFEV) avait déjà mesuré il y a quelques années des températures supérieures à 26 degrés, et ce, dans tous les types de bâtiments examinés.
Le seuil d'un climat intérieur favorable à la santé est ainsi dépassé. Le Secrétariat d'Etat à l'économie préconise une plage de température de 23 à 26 degrés pour le travail de bureau.
Considérant que la protection de la santé ne doit «pas dépendre du budget d'un canton ou d'une commune», l'association des enseignants souhaite que ces valeurs soient également respectées dans les écoles.
Un plan plutôt que des solutions de fortune
Concrètement, l'association des enseignants propose un système en trois étapes qui doit devenir contraignant dans toute la Suisse. Jusqu'à 26 degrés, l'enseignement doit se dérouler normalement. Entre 26 et 30 degrés, des mesures organisationnelles seraient nécessaires, comme le déplacement vers des locaux plus frais. Au-delà de 30 degrés, l'enseignement régulier doit être suspendu.
Les classes concernées pourraient, par exemple, trouver refuge dans la forêt pendant les heures les plus chaudes de l'après-midi.
L'association des enseignants veut en revanche aller plus loin encore et «s'éloigner des solutions de fortune à court terme, pour aller vers une gestion systématique et préventive de la chaleur». Le document de position mentionne notamment la végétalisation des sites scolaires et des modes de construction adaptés. Ces mesures devront devenir obligatoires lors des rénovations et des nouvelles constructions.
S'il fait malgré tout trop chaud, les écoles doivent également pouvoir installer des climatiseurs. Ces derniers devront, comme le souligne l'association des enseignants, être idéalement alimentés par des installations solaires.
