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Genève et Maudet veulent limiter la fumée en terrasse

Quelque 9500 décès sont recensés chaque année en Suisse en lien avec la fumée.
Quelque 9500 décès sont recensés chaque année en Suisse en lien avec la fumée.Image: Shutterstock

Genève et Maudet veulent limiter la fumée en terrasse

Une campagne de prévention pour réduire la fumée passive est lancée au bout du lac. Le but: rendre les terrasses «plus agréables, inclusives et respectueuses de chacun».
30.04.2026, 13:4030.04.2026, 13:40

Une campagne de sensibilisation a été lancée jeudi à Genève afin de limiter la fumée passive sur les terrasses des bistrots. Les professionnels du secteur vont diffuser des messages de prévention et de respect à leur clientèle.

«En terrasse, avant de fumer, demandez à vos voisins, cela peut tout changer». Tel est le slogan choisi par le Département de la santé et des mobilités (DSM), la Société des cafetiers, restaurateurs et hôteliers de Genève (SCRHG) et le Groupement professionnel des restaurateurs et hôteliers (GPRH) qui participent à cette démarche.

Tous ont signé une charte affirmant leur volonté de promouvoir des terrasses «plus agréables, inclusives et respectueuses de chacun». La campagne se déclinera avec des affiches et des flyers disposés sur les tables des établissements.

«Nous avons voulu faire confiance aux milieux concernés pour ne pas mettre sous pression un secteur déjà fragilisé», a indiqué jeudi devant la presse Pierre Maudet, chef du DSM. «C'est un pari du vivre ensemble, mais pas niais, ni béat», a-t-il ajouté en précisant qu'une évaluation sera faite à l'issue de cette campagne d'une année.

Le conseiller d'Etat genevois, Pierre Maudet, s'exprime, sur la presentation des comptes 2025 de l'Etat de Geneve, lors d'une conference de presse du Conseil d'Etat genevois,  ...
Pierre MaudetKeystone

Cette démarche fait suite à une motion du Grand Conseil acceptée en octobre dernier. Issu du Centre, ce texte demandait notamment d'interdire les cigarettes sur les terrasses des restaurants à l'heure des repas pour des raisons de santé publique.

La réponse du Conseil d'Etat, soit une démarche non coercitive, sera soumise aux députés lors d'une prochaine session du Grand Conseil.

Inciter à modifier les comportements

En attendant la suite du débat parlementaire, qui pourrait déboucher sur un durcissement du cadre légal, Laurent Terlinchamp, président de la SCRHG se réjouit de la voie pragmatique suivie par le DSM. «On laisse une chance à quelque chose de faisable, entre personnes de bonne volonté, sans passer par des interdictions», a-t-il indiqué.

Anthony Castrilli, président du GRPH ajoute qu'il ne faut «pas opposer fumeurs et non-fumeurs. C'est une bonne opportunité de lancer un message: faisons attention l'un à l'autre.» Mais il n'est pas question de noyer le message, selon Terlinchamp.

Et le médecin cantonal Alessandro Cassini était présent jeudi pour le marteler: la fumée est nocive pour la santé. Et de rappeler que 9500 décès sont recensés chaque année en Suisse en lien avec la fumée.

En matière de santé publique, l'objectif est donc d'inciter à modifier les comportements et arrêter de fumer. La campagne rappelle aussi les aides en place pour décrocher.

Mais la convivialité et la protection de la santé ne sont pas forcément opposées, d'après le médecin cantonal. Selon lui, cette campagne de sensibilisation permet de «garder le bon sens».

Pierre Maudet sceptique

En Suisse aucun canton n'a interdit la fumée sur les terrasses. Mais il existe une tendance générale qui va dans ce sens. Milan, Barcelone, Singapour et le Canada ont ainsi déjà prohibé la fumée dans les espaces publics.

Suite à un vote populaire, Genève a interdit la cigarette dans les restaurants en 2009. Cette interdiction a été étendue en 2023 aux aires de jeux et aux arrêts de bus, notamment.

Mais cette dernière mesure peine à être appliquée sur le terrain. Pierre Maudet s'est ainsi montré sceptique sur la mise en oeuvre d'une interdiction de fumer sur les terrasses. (jzs/ats)

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