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Les héritages explosent en Suisse et cela pointe un problème

Révélé par une étude, ce «paradoxe fiscal» fait mal aux salariés.
Malgré l'augmentation du volume des héritages en Suisse, il reste plus probable d'en toucher un après 60 ans.Image: Keystone / Imago, montage watson

Les héritages explosent en Suisse et cela pointe un problème

Une étude révèle que les patrimoines explosent en Suisse, tandis que l’imposition des successions recule, relançant le débat sur la fiscalité des héritages.
23.02.2026, 19:0623.02.2026, 19:06

Comme plusieurs autres pays en Europe, la Suisse s’apprête à vivre une période de transmissions patrimoniales sans précédent, selon une étude récente dirigée par Marius Brülhart, professeur à l’Université de Lausanne.

Rapporté par Le Temps, ce phénomène, en réalité déjà amorcé, relance les discussions sur la fiscalité des successions, malgré le rejet massif (78,3% des voix) le 30 novembre de l'initiative des Jeunes socialistes «pour l'avenir» visant à taxer de moitié les héritages dépassant le seuil des 50 millions.

Une augmentation jamais vue

La fortune des ménages suisses a connu une croissance spectaculaire: en 2025, comme le rapporte Le Temps, les patrimoines transmissibles on atteint 3600 milliards de francs, soit 4,2 fois le PIB suisse, contre 1400 milliards en 2000. Les auteurs de l'étude relèvent dans leur conclusion:

«Au cours du dernier quart de siècle, les patrimoines ont progressé en moyenne de 3,9% par an, tandis que le PIB et les revenus ont crû de 2,6%. Par adulte, le patrimoine privé nominal a doublé, passant de 250 000 francs en 2000 à près de 500 000 francs en 2025.»

Un constat qui semble confirmer un amoncellement massif de fortune privée:

«A l’échelle nationale, la part du 1% le plus riche dans la fortune imposable est passée de 36,6% en 2003 à 45,1% en 2022.»
Propos relayés par Le Temps.

Ainsi, d'après leur analyse, le volume des héritages et des donations suivrait cette tendance, passant de 32 milliards en l'an 2000 à 100 milliards en 2025.

Un problème systémique révélé

Le vieillissement démographique modifie les dynamiques successorales. Aujourd’hui, il est plus probable d’hériter entre 61 et 65 ans qu’avant 45 ans. Les retraités, dont la fortune médiane est «presque dix fois supérieure» à celle des actifs, consomment moins d’un tiers de leur patrimoine de retraite. Marius Brühlart commente:

«L’héritage intervient de plus en plus tard dans la vie, et non au moment où les besoins financiers d’une jeune famille sont les plus élevés.»

Les cantons ont progressivement réduit ou supprimé les taxes sur les héritages en ligne directe. Résultat: «le taux effectif moyen sur les successions et donations a chuté de 4,6% en 1990 à 1,5% en 2025», comme le rapporte Le Temps. Brühlart ajoute:

«On observe un paradoxe fiscal: alors que patrimoine et héritages prennent de l’importance, leur imposition diminue. Ainsi, le fardeau fiscal se déplace vers la consommation et les salaires.»

Face à ce constat, certains économistes plaident pour une taxation modérée des héritages, jugée moins inégalitaire que d’autres impôts. En ce sens, l'échec des Jeunes socialistes ne constituerait pas une clôture définitive du débat. (ysc)

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