Les héritages explosent en Suisse et cela pointe un problème
Comme plusieurs autres pays en Europe, la Suisse s’apprête à vivre une période de transmissions patrimoniales sans précédent, selon une étude récente dirigée par Marius Brülhart, professeur à l’Université de Lausanne.
Rapporté par Le Temps, ce phénomène, en réalité déjà amorcé, relance les discussions sur la fiscalité des successions, malgré le rejet massif (78,3% des voix) le 30 novembre de l'initiative des Jeunes socialistes «pour l'avenir» visant à taxer de moitié les héritages dépassant le seuil des 50 millions.
Une augmentation jamais vue
La fortune des ménages suisses a connu une croissance spectaculaire: en 2025, comme le rapporte Le Temps, les patrimoines transmissibles on atteint 3600 milliards de francs, soit 4,2 fois le PIB suisse, contre 1400 milliards en 2000. Les auteurs de l'étude relèvent dans leur conclusion:
Un constat qui semble confirmer un amoncellement massif de fortune privée:
Ainsi, d'après leur analyse, le volume des héritages et des donations suivrait cette tendance, passant de 32 milliards en l'an 2000 à 100 milliards en 2025.
Un problème systémique révélé
Le vieillissement démographique modifie les dynamiques successorales. Aujourd’hui, il est plus probable d’hériter entre 61 et 65 ans qu’avant 45 ans. Les retraités, dont la fortune médiane est «presque dix fois supérieure» à celle des actifs, consomment moins d’un tiers de leur patrimoine de retraite. Marius Brühlart commente:
Les cantons ont progressivement réduit ou supprimé les taxes sur les héritages en ligne directe. Résultat: «le taux effectif moyen sur les successions et donations a chuté de 4,6% en 1990 à 1,5% en 2025», comme le rapporte Le Temps. Brühlart ajoute:
Face à ce constat, certains économistes plaident pour une taxation modérée des héritages, jugée moins inégalitaire que d’autres impôts. En ce sens, l'échec des Jeunes socialistes ne constituerait pas une clôture définitive du débat. (ysc)
