Schwyz renvoie aussi le français à l’école secondaire
Schwyz fait désormais partie des cantons alémaniques qui visent officiellement le renvoi de l'enseignement du français à l'école secondaire. Son parlement a approuvé mercredi un postulat en ce sens qui soutient la proposition des autorités scolaires.
Les députés ont adopté, par 76 voix contre 20, le postulat soumis par une députée libérale-radicale. Cette dernière invoquait la surcharge des élèves d'école primaire et la nécessité qu'ils acquièrent d'abord les compétences de base, leur niveau d'allemand étant «alarmant». Les partis bourgeois et une partie des Vert'libéraux ont suivi ces arguments.
La députée du PLR a demandé à l'exécutif schwyzois d'exploiter sa marge de manoeuvre tout en se coordonnant avec d'autres cantons, Schwyz n'étant pas membre du concordat intercantonal d'harmonisation scolaire HarmoS. Un collègue de l'UDC a déploré «l'échec» de l'enseignement précoce du français partir de la 5e année primaire.
Le canton met en garde contre une voie solitaire
Seuls les socialistes et les Vert-e-s se sont opposés en bloc au postulat. Ils ont souligné, en vain, que le renvoi de l'enseignement du français à l'école secondaire ne résolvait pas les difficultés d'apprentissage de cette langue par les élèves. Selon eux, il risque même de causer de nouveaux problèmes en cas de déménagements de familles d'un canton à l'autre.
Le gouvernement schwyzois est également de cet avis. Le ministre de l'instruction publique Michael Stähli (Le Centre) a souligné que ni Schwyz ni la Suisse centrale ne pouvaient se permettre une voie solitaire en la matière. Les cantons doivent s'accorder sur une nouvelle solution, selon lui.
En automne dernier, le conseil de l'éducation scolaire schwyzois avait demandé le renvoi de l'enseignement du français au cycle secondaire. Il invoquait le manque de succès de son enseignement précoce et le besoin de renforcer l'enseignement de l'allemand et des mathématiques.
Les cantons alémaniques contestent l’enseignement précoce
Dans les cantons alémaniques non limitrophes de l'espace francophone, le français est enseigné dès la 5e année, l'anglais dès la 3e. L'ordre est inverse dans les cantons limitrophes. Le concordat HarmoS prévoit que deux langues non maternelles dont une langue nationale sont enseignées à l'école primaire.
Le débat sur l'enseignement des langues à l'école primaire et du français en particulier fait rage depuis l'an dernier en Suisse alémanique. Les parlements zurichois, st-gallois et d'Appenzell Rhodes-Extérieures ont adopté des motions exigeant le renvoi de l'enseignement du français à l'école secondaire.
Dans les cantons de Berne, Bâle-Campagne, Thurgovie et Glaris, des motions sont en cours de traitement. Le parlement obwaldien a demandé que l'enseignement du français au primaire soit réévalué. À Nidwald et Schaffhouse, les autorités indiquent souhaitent plutôt donner la priorité à l'enseignement du français par rapport à l'anglais.
En septembre dernier, le Conseil fédéral a chargé le Département fédéral de l'intérieur (DFI) d'élaborer un projet de loi garantissant l'enseignement d'une deuxième langue nationale à l'école primaire. Il s'est dit «préoccupé» par la volonté de plusieurs cantons alémaniques de reporter l'enseignement du français au niveau secondaire. Une telle décision met en péril l'harmonisation de l'enseignement et la cohésion nationale, selon lui. (tib/ats)
