Un éducateur condamné pour contrainte sexuelle sur un enfant
Un éducateur d'une institution valaisanne a été condamné à 42 mois de prison ferme par le Tribunal cantonal. Il a été reconnu coupable de contrainte sexuelle et d'actes d'ordre sexuel avec des enfants. Il écope de 18 mois de prison de moins qu'en première instance.
Outre sa condamnation à de la prison ferme prononcée en lecture publique, mardi après-midi, le prévenu se retrouve également interdit de travailler avec des mineurs durant 5 ans. Durant le procès, le 14 octobre dernier, il avait nié les faits.
Entre 2003 et 2007, un élève né en 1995 et son éducateur référent ont tissé une relation de grande proximité au sein d'une institution du Valais romand où l'adolescent dormait en semaine. Le jeune recevait divers habits de la part de son aîné, afin de lui ressembler physiquement. Il lui a également adressé de nombreux messages affectueux et des marques de tendresse.
Parrain de confirmation
Au fil des mois, une relation de dépendance affective s'est créée. A plusieurs reprises, le jeune homme a dormi chez son éducateur, le week-end. Il partageait des journées à skis, en luge ou des repas hors du foyer, sans que l'institution n'ait été informée. Finalement, l'adolescent a choisi son éducateur comme parrain pour sa confirmation. Les parties sont restées en contact jusqu'en 2008.
En 2020, le jeune homme s'est présenté à la Police cantonale valaisanne, afin de dénoncer des actes d'ordre sexuel subis durant son enfance, soit une cinquantaine de fellations et de séances de masturbation. Ces actes se seraient déroulés tant en foyer qu'au domicile du prévenu.
Un arsenal de séduction
«Le prévenu a déployé tout un arsenal de séduction. C'est un charmeur et un manipulateur» avait martelé lors du procès, le procureur Ludovic Schmied, durant son réquisitoire.
Dans sa motivation de jugement, le tribunal a mis en exergue «le caractère excessif et inadéquat de la relation, la cohérence globale des propos tenus par la victime, des détails et leurs situations géographiques qui appuient leur authenticité, l'avis du psychiatre et la difficulté de la victime à parler des faits».
Interrogé par Keystone-ATS, l'avocat du principal plaignant, Me Grégoire Varone «s'est dit satisfait du verdict concernant son client». Son client recevra 50 000 francs de la part du prévenu pour tort moral.
Absence de preuves
Me Pascal Revaz, l'avocat du prévenu lors du procès, avait estmé:
Lundi, l'homme de loi a quitté le tribunal, avec son client, sans refaire de déclaration.
Le prévenu a également été jugé dans une seconde affaire. Il était accusé d'avoir palpé les parties intimes et d'avoir caressé le torse et les cuisses d'un autre enfant de moins de 16 ans, entre 2004 et 2009. Les faits se seraient déroulés au foyer et lors d'un camp. Dans cette seconde partie de l'affaire, la procédure a été classée par le Tribunal cantonal pour cause de prescription pour les éventuels actes commis avant son 12e anniversaire (octobre 2008).
Le doute profite à l'accusé
Concernant de possibles dérapages entre octobre 2008 et 2009, la Cour a estimé qu'ils n'étaient pas suffisamment étayés. «Le doute a donc profité à l'accusé», a précisé le président de la Cour, Jérôme Emonet. La peine retenue passe ainsi de 5 à 3,5 ans en tenant compte de ladite prescription et de la longueur de la procédure (principe de célérité).
«Ce verdict est une confirmation du premier jugement bien qu'il était clair que les faits retenus à l'encontre de la seconde partie civile étaient susceptibles de ne pas être retenus par le tribunal», a résumé, pour sa part, le procureur Lionel Schmied. «Pour ce second volet de l'affaire, le raisonnement du tribunal peut être suivi, au vu des explications insuffisamment précises des faits rapportés pour la période 2008-2009». (ats/svp)
