L'Unil et l'EPFL exigent que leur nom soit retiré d'une manif pro-Palestine
Dans un courriel adressé jeudi 1er octobre à la Grève féministe Vaud, la direction de l’Université de Lausanne (Unil) demande au collectif «Grève féministe Unil EPFL» de retirer la mention «Unil» de son nom, a appris watson vendredi. Ce collectif figure sur le site de l’association Grève féministe Vaud – d'où l'e-mail envoyée à cette dernière – sous l’appellation «Grève féministe Unil», sans mention de l’EPFL.
La raison de cette requête est la présence du terme «Unil» dans un appel à manifester le 10 octobre à Lausanne «en l’honneur de la résistance et des martyrs». Il s’agit d’une manifestation propalestinienne dont watson a rendu compte jeudi. Elle s’inscrit dans le cadre des trois ans du «Déluge d’Al-Aqsa», nom donné par le Hamas au massacre du 7-Octobre en Israël.
L’expression «Déluge d’Al-Aqsa» figure dans l’appel à manifester, sans toutefois en référer à la date du 7 octobre 2023, ni au fait que 1200 personnes, civiles pour la plupart et juives dans leur quasi-totalité, ont été abattues ce jour-là. Un appel à manifester entre autres repris par le collectif «Grève féministe Unil EPFL» sur son compte Instagram. Lequel comprend donc, dans son intitulé, non seulement l’acronyme «Unil», mais également celui d’«EPFL», pour Ecole polytechnique fédérale de Lausanne.
Le collectif en question👇
Jointe par watson, la porte-parole de l’Unil, Géraldine Falbriard, indique:
L’Unil tient à rappeler que «l’Université de Lausanne, en sa qualité d’établissement de droit public, est régie par le principe de la neutralité politique». La direction universitaire ajoute:
Le service de presse de l’Unil précise que «cette situation a notamment pour conséquence de porter atteinte à la personnalité de l’Université de Lausanne, au sens des articles 28 et suivants du Code civil suisse».
Ultimatum
La direction de l’Unil donne jusqu’au dimanche 4 octobre au collectif Grève féministe Unil EPFL pour retirer «Unil» de son nom.
La radicalité des propos contenus dans l’appel à la manifestation du 10 octobre, dont certaines formules empruntent au vocabulaire du Hamas, organisation reconnue comme terroriste par la Suisse, explique sans doute que l’Unil ne souhaite pas voir son nom associé à ce rassemblement.
EPFL: «Il a été demandé de faire cesser cette atteinte»
Et l’EPFL? Elle emboîte le pas à sa voisine l’Unil. Dans un e-mail adressé à watson, la porte-parole du Poly de Lausanne, Corinne Feuz, écrit:
La porte-parole de l’EPFL prévient:
Sollicité par watson jeudi via son compte Instagram, le collectif Grève féministe Unil EPFL n’a toujours pas donné suite.
Un précédent en 2024
En avril 2024, quelques jours avant le début de l’occupation d’une partie des locaux de l’Unil par des étudiants et étudiantes propalestiniens, la direction universitaire avait fait pareillement retirer la mention «Unil» du logo de l’association «Unil Palestine», récemment créée. «L’association doit retirer le terme "Unil" de son appellation. (…) Il ne faut pas que le public puisse croire que cette association parle au nom de l’Université de Lausanne, que nous en serions la caution», indiquait à l'époque à watson le secrétaire général de l’Unil, Marc de Perrot.
La manifestation propalestinienne annoncée le 10 octobre prochain dans le chef-lieu lausannois a suscité les inquiétudes de l’association lausannoise «Féministes Universalistes» et d’un avocat, qui ont alerté, pour l’une, l’Unil et les autorités lausannoises, pour l’autre, le conseiller fédéral en charge de Justice et Police, Beat Jans.
La municipalité de Lausanne a exhorté les «différents responsables des collectifs appelant ou se joignant à cet appel à manifester, à répondre à nos messages, afin que les exigences sécuritaires des manifestants et des tiers, ainsi que les besoins des services d’urgences et des transports publics, puissent être pris en compte».
Jointe par e-mail, la Grève féministe Vaud, dont le site répertorie le collectif «Grève féministe Unil», n’avait pas répondu à nos sollicitations au moment de la parution du présent article.
