Crise à la comédie de Genève: la présentation du programme indigne
Pensée et élaborée par Séverine Chavrier, la nouvelle saison 2026-2027 de la Comédie de Genève sera dévoilée au public mardi à 18 heures en son absence. Il y a une raison à cela: sa mise à l’écart. Le 8 mai, son employeur, la Fondation d’art dramatique (FAD), licenciait celle qui avait pris en 2023 la direction de la plus grande scène romande.
Appuyée par la cheffe de la culture de la Ville de Genève, Joëlle Bertossa, la décision de la FAD de mettre fin aux relations de travail avec Séverine Chavrier tombait après sept mois de crise ouverte. En octobre, relayées par la Tribune de Genève, des accusations anonymes de management toxique visaient la directrice de la Comédie, ce dont elle s'est toujours défendue. Il lui était également prêté à cette occasion la paternité d’un acronyme infamant, PPSDM, pour «petites productions suisses de merde». Il était démontré peu après qu’elle n’était pour rien dans cet acronyme et qu’il lui avait été attribué dans le but manifeste de la calomnier.
La présentation, demain mardi, de la nouvelle saison de la Comédie à compter de la rentrée de septembre, se fera donc sans celle qui l’a entièrement conçue.
Une élue PLR s'insurge
Les partisans de Séverine Chavrier n’entendent pas se taire. Dans une intervention dont watson a pu prendre connaissance, Michèle Roulet, élue du PLR, rapporteuse du rapport de la commission des arts et de la culture (CARTS) sur la crise de la Comédie de Genève, favorable à la directrice licenciée, interpellera Joëlle Bertossa, ce lundi soir en séance plénière du conseil municipal.
Elle lui dira entre autres:
Et de demander à la cheffe de la culture:
Dans une opinion publiée le 17 mai dans Le Temps, Anne Bisang, ancienne directrice de la Comédie de Genève et du Théâtre populaire romand il y a peu encore, prenait également la défense de Séverine Chavrier, dénonçant un «sexisme endémique, le recours à la stratégie du bouc émissaire et une opacité des circuits de décision».
Le nom de Séverine Chavrier cité
Dans les documents transmis à la presse par l’équipe de communication de la Comédie de Genève, le nom de la directrice écartée par la FAD est cité en haut de la présentation de la saison 2026-2027, sous le titre «Entre désir et tension»:
L’éditorial accompagnant la nouvelle saison n’est pas signé, alors qu’il l’est habituellement de la personne qui dirige le théâtre.
Jointe par watson, Pauline Pierron, directrice de la production ad intérim et adjointe à la direction générale, l’année dernière encore l’adjointe de Séverine Chavrier, déclare, comme pour rendre à Séverine Chavrier ce qui lui appartient:
Une surprise en préparation?
Pauline Pierron et le directeur de la communication de la Comédie, Julien Guignans, précisent à watson que la saison 2026-2027 comptera moins de spectacles que la précédente, 35 au lieu de 43, peut-être l'effet de restrictions budgétaires et des tensions au sein du théâtre.
Faut-il, en plus de la question de Michèle Roulet à Joëlle Bertossa ce lundi au conseil municipal, s'attendre à une surprise en marge de la présentation officielle de la nouvelle saison de la Comédie? Réponse ce soir encore ou demain.
