L'UDC qui voulait tuer la pièce de 5 centimes a un nouveau projet
En 2013, le conseiller national UDC Roland Büchel voulait supprimer la pièce de cinq centimes, dont les coûts de fabrication dépassaient sa valeur nominale. Sa motion avait toutefois suscité un tollé. Les Suisses sont attachés aux 1,4 milliard de pièces de cinq centimes, reconnaissables à leur alliage doré de cuivre, d’aluminium et de nickel. Il avait alors retiré sa proposition.
«Je n’aurais jamais pensé que ma motion susciterait des émotions aussi fortes», confie-t-il aujourd’hui en riant, avant d’ajouter: «J’ai retenu la leçon.» Dans une initiative parlementaire déposée vendredi, l'élu UDC prend désormais la défense des espèces.
Le paiement en billets et en pièces doit à l’avenir être garanti partout où des services relevant du service public sont proposés, exige l'élu saint-gallois. Il vise en particulier les prestations des administrations publiques, les offres de transports publics, CFF ou autres, ainsi que les infrastructures et installations accessibles au public, comme les toilettes ou les horodateurs. Les bases légales doivent être adaptées en conséquence.
Une initiative coordonnée avec le camp pro-cash
Son initiative parlementaire est aujourd'hui une conséquence directe de l’initiative sur les espèces. Le 8 mars, la population l’a certes rejetée, mais a accepté son contre-projet à 73% des voix. Celui-ci inscrit dans la Constitution fédérale le principe selon lequel l’approvisionnement en espèces doit être garanti par la Banque nationale. Roland Büchel explique:
Il souligne toutefois ne pas aller aussi loin que le Liechtenstein ou le canton de Genève. Au Liechtenstein, une initiative vise à faire des espèces un moyen de paiement légal assorti d’une obligation d’acceptation. A Genève, le Grand Conseil a décidé en 2025 que les restaurants et cafés doivent accepter les espèces, contrairement au reste de la Suisse. Cette règle a été inscrite dans la législation cantonale.
Selon l'élu UDC, les espèces doivent pouvoir être utilisées au même titre que les moyens de paiement numériques pour deux raisons. D’une part, elles remplissent des fonctions importantes pour la stabilité et la résilience du système de paiement:
En effet, les espèces s'avèrent cruciales en période de crise, car elles permettent de payer de manière fiable et anonyme en cas de panne d’électricité, de cyberattaque ou de dysfonctionnement des systèmes. La Suède et la Norvège, notamment, sont en train de corriger leur orientation très poussée vers le paiement numérique, précisément pour renforcer cette résilience.
D’autre part, les espèces garantissent que certaines catégories de la population ne soient pas exclues du système de paiement: personnes âgées, personnes en situation de handicap, individus à faibles revenus, personnes sans relation bancaire, jeunes ou encore personnes en situation précaire. Enfin, Roland Büchel conclut:
(trad. hun)
