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Les CFF disent qui paie pour les fraudeurs en Suisse

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En Suisse, tout le monde ne résout pas ses problèmes de ticket de manière aussi exemplaire que ces deux jeunes femmes.Image: imago

Les Suisses ont battu un record qui ne plaît pas du tout aux CFF

En Suisse, de plus en plus de voyageurs sans ticket sont contrôlés. En 2025, le nombre de cas a encore fortement augmenté. L'industrie des transports publics perd ainsi des millions chaque année. Voici ce qui se cache derrière le phénomène.
04.02.2026, 11:5704.02.2026, 13:09
Reto Fehr
Reto Fehr

En 2024, plus d'un million de passagers ont été pris en infraction parce qu'ils n'avaient pas un titre de transport valide ou partiellement valide. Selon les nouvelles données d'Alliance SwissPass, l'année dernière, ce chiffre a encore augmenté de manière significative: 1 173 295 cas ont été enregistrés par l'industrie des transports publics suisses dans le système d'information central «SynServ».

Ce système a été lancé en 2019 sous le nom de «registre des fraudeurs» par l'organisation professionnelle Alliance SwissPass. Le nom a depuis été modifié, mais la tendance reste la même: le nombre d'incidents a augmenté chaque année depuis sa création. Une augmentation aussi significative qu'en 2025 n'avait pas été constatée depuis 2020, juste après l'introduction du registre.

Un lourd manque à gagner pour le secteur

Il est difficile de dire si réellement plus de personnes voyagent sans titre de transport valide. Le nombre de cas non enregistrés reste élevé et de nombreuses personnes qui voyagent sans ticket échappent aux contrôles. Ce qui est certain, c'est que l'industrie des transports publics perd beaucoup d'argent. Michaela Ruoss, porte-parole d'Alliance SwissPass, explique:

«Les voyageurs sans titre ou avec un titre partiellement valide coûtent à l'industrie environ 200 millions de francs par an»

Cette estimation date de 2024, mais les pertes annuelles devraient rester dans cette fourchette en 2025.

Les CFF ne peuvent pas fournir de chiffres précis non plus. Leur porte-parole, Mara Zenhäusern, indique:

«L'industrie des transports publics perd chaque année des revenus d'un montant à trois chiffres en millions à cause des voyageurs sans titre de transport valide. Ces pertes doivent ensuite être compensées par les voyageurs avec un ticket valide et la collectivité.»

Deux raisons qui expliquent l'augmentation

Mais quelles sont les raisons de cette récente augmentation? Selon Michaela Ruoss, deux facteurs sont en jeu:

  • Le nombre de passagers a augmenté.
  • Les contrôles de tickets sont devenus plus efficaces et fréquents.

Cela semble plausible. Cependant, l'ampleur exacte des ajustements ou des augmentations des contrôles n'est pas communiquée pour des raisons tactiques. Les entreprises de transport sont responsables de ces contrôles. Mara Zenhäusern ajoute:

«Les CFF, comme toutes les autres entreprises de transport public, effectuent des contrôles. Cela est juste pour les autres voyageurs qui respectent les règles et payent pour un service. Les contrôles ont une fonction préventive importante, c'est pourquoi nous ne divulguons pas de détails sur leur nature et leur fréquence.»
ARCHIVBILD ZUR VERGABE DER FERNVERKEHRSKONZESSIONEN DURCH DAS BAV, AM MONTAG, 23. OKTOBER 2017 - A ticket collector checks the passengers' tickets in an InterCity train of the Swiss Federal R ...
L'augmentation des contrôles de tickets conduit à un nombre plus élevé de fraudeurs détectés, mais le nombre de cas non signalés demeure élevé.Image: KEYSTONE

De nombreux fraudeurs réguliers

Ce qui ressort également du registre, c’est que les fraudeurs réguliers représentent environ la moitié des cas. 46% d'entre eux ont en effet été pris en infraction au moins trois fois. Dans ces cas, on ne parle plus d’un oubli, mais bien d’une volonté délibérée.

Les jeunes adultes (16 à 25 ans) ont été pris en infraction dans 28,6% des cas en 2025 (contre 34,9% en 2024). La tranche d’âge des 26 à 64 ans représente 62,1% des cas (contre 58,3% en 2024), tandis que 4,3% des cas concernent des voyageurs de plus de 65 ans (contre 2,5% en 2024).

Des amendes de plus en plus élevées

Les amendes, ou «frais supplémentaires» (terme juridique officiel, car il s'agit de droit contractuel et non pénal), augmentent à chaque infraction. Si un passager est pris sans titre valide, il doit payer 90 francs la première fois, 130 francs la deuxième fois, et 160 francs la troisième fois (hors frais supplémentaires de 50 francs pour la demande de sanction). A cela s'ajoute une redevance pour le titre de transport de 10 francs ou le tarif normal.

Si un passager est contrôlé avec un titre partiellement valide, il paiera 70 francs la première fois, puis 110 francs, et enfin 140 francs pour la troisième infraction, avec également une redevance pour le titre de transport de 5 francs ou le tarif normal.

Pour tout le monde, et: à partir de la troisième infraction en deux ans, une plainte pénale peut être déposée. Cependant, celle-ci ne passe pas par Alliance SwissPass, mais par l’entreprise de transport directement concernée.

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