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Accusée de racisme, l'UDC se venge

Chiesa UDC Commission contre le racisme
L'UDC (ici son président Marco Chiesa) s'en prend frontalement à la Commission fédérale contre le racisme au sujet de la dernière campagne.keystone / x (montage watson)

Accusée de racisme, l'UDC se venge

Criant à la «censure», l'UDC réplique publiquement à une lettre que lui a envoyée la Commission fédérale contre le racisme pour lui demander de renoncer à sa campagne «Nouvelle Normalité?» dirigée contre la délinquance étrangère.
06.10.2023, 18:5307.10.2023, 12:23
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C'est comme si l’UDC avait attendu ce moment. Celui où la Commission fédérale contre le racisme (CFR) dégainerait. C’est chose faite, apprend-on dans un communiqué de l’UDC daté du 6 octobre. Dans le collimateur de la CFR: la campagne «Neue Normalität?» («Nouvelle Normalité?»), lancée par le parti de la droite identitaire début septembre sur ses réseaux sociaux, en vue des élections fédérales du 22 octobre.

Dans un style trash assumé, l’UDC s’en prend à la délinquance étrangère. La campagne est à présent également diffusée sur les réseaux francophones du parti, mais bien plus timidement qu’en Suisse alémanique, du moins pour l'heure.

Pour l'heure, l'unique visuel de la campagne «Nouvelle Normalité?» diffusé sur le réseau X romand de l'UDC.
Pour l'heure, l'unique visuel de la campagne «Nouvelle Normalité?» diffusé sur le réseau X romand de l'UDC.image: capture d'écran

watson avait été le premier média en Suisse romande à parler de cette campagne, le 8 septembre. La présidente de la CFR, Martine Brunschwig Graf, jugeait alors «extrêmement choquants» les images et le ton employé pour dénoncer des crimes et délits commis en Suisse par des étrangers, parmi eux, des sans-papiers.

La CFR se demandait comment répondre à cette campagne, sachant qu’une plainte pénale pour racisme en période électorale serait perçue par l’UDC comme une ingérence intolérable dans le processus démocratique.

«Raciste» et «xénophobe»

La CFR a finalement opté pour une intervention se voulant discrète auprès du parti gouvernemental, donné grand vainqueur par les sondages du scrutin d’octobre. Le 25 septembre, elle a adressé une lettre au président de l’UDC, Marco Chiesa, lui demandant de retirer des réseaux sociaux les visuels d'un campagne qualifiée de «raciste» et «xénophobe», décrite comme «créant un rejet à l’égard de groupes de personnes» en raison de leur origine.

Cette lettre n’était pas destinée à être rendue publique. L’UDC a vu un avantage à la faire connaître tout en disant tout le mal qu’elle en pense.

«Au lieu de s’ériger en autorité de censure, la CFR ferait mieux de s’engager pour que la majorité de centre-gauche au Conseil fédéral et au Parlement respecte enfin la Constitution, limite l’immigration (art. 121 a) et expulse les étrangers criminels du pays.»
Extrait du communiqué de l'UDC daté du 6 octobre 2023

L'UDC prévoit de diffuser dans la presse des annonces rédigées comme suit: «Attention censure: la Commission contre le racisme ne veut pas que vous lisiez cette annonce!»

Les électeurs mordront-ils à l'hameçon

Les choses sont très claires: l’UDC entend retourner à son avantage l’intervention de la CFR. Crier à la censure suffira-t-il à lui attirer des votes d’indécis? Ou alors ne verra-t-on là qu’une manœuvre consistant à se victimiser à partir d’un courrier, certes comminatoire, mais auquel le parti aurait pu ne pas accorder de publicité?

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Video: youtube
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