Un double meurtre secoue à nouveau le Valais. Il y a six mois, un homme a blessé mortellement deux personnes avec une arme à feu dans le chef-lieu du canton, Sion. Dimanche, c'est la commune de Vétroz, dans le Bas-Valais, qui a été touchée. Nous répondons aux questions les plus importantes sur ce drame, survenu dans un village de 6500 habitants, à moins de dix kilomètres de Sion..
Tôt dimanche matin, un homme a tiré sur une femme et un autre homme. Le premier appel de voisins est parvenu à la centrale d'intervention de la police cantonale valaisanne à 6h53. Plusieurs patrouilles se sont immédiatement rendues sur les lieux du drame. Il s'agit d'un immeuble situé au centre du village de Vétroz. Dans un appartement, la police a découvert deux corps. Grâce aux indications de témoins, elle a ensuite retrouvé le tireur présumé dans sa maison. A son arrivée, la police a trouvé l'homme mort. Il s'était suicidé avec son arme à feu.
Les trois personnes sont âgées de 55 ans. L'auteur ainsi que la femme abattue étaient domiciliés à Vétroz. Le président de la commune, Olivier Cottagnoud, les a qualifiés dimanche devant les médias d'«enfants du village». La femme travaillait comme employée pour la commune et tous deux auraient joué dans la fanfare locale.
Comme le Blick et le journal Le Nouvelliste le rapportent de manière concordante, l'agresseur est l'ex-mari de la femme décédée. Le président de la commune a déclaré au Blick:
La femme avait donc un nouveau partenaire. Il est la deuxième victime et est originaire du canton de Vaud. Les autorités n'ont pas confirmé les relations entre l'auteur et les victimes. La police a seulement indiqué qu'elle pensait qu'il s'agissait de l'escalade d'une dispute privée.
On ne sait pas quelle arme l'agresseur a utilisée. Ce qui est sûr, c'est que l'homme a déposé une demande d'acquisition d'une arme à feu début juillet. C'est ce qu'a confirmé le commandant de la police valaisanne Christian Varone. Selon lui, les clarifications prescrites par la loi fédérale sur les armes ont été effectuées.
La loi interdit la détention d'armes aux personnes dont le casier judiciaire comporte un acte «violent ou dangereux pour la collectivité». Ce n'était pas le cas de l'auteur présumé de l'attentat de Vétroz. Il n'était pas non plus connu de la police. C'est pourquoi les autorités ont approuvé sa demande. L'homme a donc été autorisé à acheter une arme à un armurier dans un délai de six mois.
Jusqu'à dimanche, aucune arme n'avait été enregistrée à son nom. Mais cela ne veut rien dire. Les armuriers ont jusqu'à 30 jours pour annoncer aux autorités la vente d'armes soumises à autorisation.
L'enquête menée par le ministère public permettra de connaître les circonstances du crime. Celui-ci a ouvert une enquête pour homicide.
Les chiffres exacts manquent. En décembre dernier, Christian Varone expliquait au Nouvelliste qu'il y avait environ 80 000 armes enregistrées en Valais et sans doute autant d'armes non déclarées. L'interview a été publiée peu après la tuerie de Sion. A l'époque, un Valaisan de 36 ans avait tué une femme de 34 ans et un homme de 41 ans. L'auteur disposait de deux armes grâce à un permis de port d'armes datant de 2017. Son casier judiciaire était également vide, hormis une condamnation pour refus de servir dans l'armée.
L'organisation Small Arms Survey, basée à Genève, publie des chiffres à l'échelle nationale. En 2018, elle a estimé que plus de 2,3 millions d'armes à feu étaient en circulation en Suisse. Le canton du Valais ne constitue donc pas une exception flagrante, mais il semble y avoir plus d'armes que dans d'autres cantons. Si l'on prend l'estimation valaisanne de 160 000 armes à feu, un peu moins de 7% des armes présumées dans toute la Suisse reviennent au Valais. Pour situer les choses, le canton de montagne abrite environ 4,1% de la population suisse.
La majorité des décès par arme à feu en Suisse sont des suicides. En 2022, selon l'Office fédéral de la statistique, 201 des 219 décès causés par des armes étaient des suicides. Parmi les 18 autres décès par arme à feu, on compte notamment les homicides. Leur nombre varie d'une année à l'autre. En moyenne, au cours des dix dernières années, il y a eu près de 20 décès par arme à feu de ce type par an (sans compter les suicides).
Les statistiques pour le canton du Valais sont fortement marquées par des événements isolés. Alors qu'on compte deux morts par balle en 2023 - ceux de Sion -, il n'y en a eu aucun pendant les cinq années précédentes. En revanche, l'année 2013 restera dans l'histoire comme un triste souvenir, avec cinq homicides. Pour rappel, en janvier 2013, le village de Daillon avait connu un triste fait-divers: un homme de 33 ans y avait tué trois personnes et blessé deux autres.
(Traduit et adapté par Chiara Lecca)