Attention: les tiques sévissent aussi dans des villes romandes
Les tiques ne rôdent pas qu’en forêt. A deux reprises au début du mois de juin, des Romandes qui ne se connaissent pas ont vécu une scène semblable dans des parcs lausannois. Après une trentaine de minutes assises dans l’herbe, une désagréable surprise. Au moment de repartir, l'une d'elles a découvert ces acariens sur ses vêtements et, dans un cas, sur un mollet. Toutes ont été surprises par un risque qu’elles associaient jusque-là aux promenades en pleine nature.
La présence d'un chien dans un cas ne permet pas d’établir avec certitude où chaque tique a été ramassée. Ces témoignages illustrent néanmoins une idée encore largement répandue: le risque concernerait surtout les balades en forêt ou à la campagne. Or les parasites peuvent également être présentes dans les jardins et les parcs.
Interrogé par watson, la Ville de Lausanne ne traite pas ses espaces verts contre les tiques.
Etienne Balestra précise que la Ville «n’observe pas de hausse de présence de tiques dans ses parcs». Cette formulation ne signifie cependant pas qu’une surveillance ou des prélèvements systématiques y sont effectués: elle indique uniquement que les services municipaux n’ont pas constaté d’augmentation. A la question de savoir si une piqûre dans un parc urbain peut également entraîner la transmission d’une maladie, Etienne Balestra répond par l'affirmative.
Il renvoie la population aux recommandations du Canton de Vaud et de l’Office fédéral de la santé publique. Quant à son principal conseil: vérifier, une fois de retour à la maison, qu’aucune tique ne s’est fixée sur la peau, «comme lors d’une balade en forêt». Etienne Balestra rappelle que des renards fréquentent les parcs lausannois et qu’ils peuvent, comme les chiens ou les chats, transporter des tiques.
A Genève? «Le risque existe effectivement»
La réponse de la Ville de Genève est tout aussi claire.
La Ville prend même en charge la vaccination contre l’encéphalite à tiques pour les collaboratrices et collaborateurs potentiellement exposés qui souhaitent en bénéficier. Cette vaccination protège contre l’encéphalite à tiques, également appelée FSME, mais pas contre la borréliose de Lyme. Cette dernière est causée par une bactérie et aucun vaccin n’est disponible contre elle.
Depuis juillet 2024, Genève est officiellement considéré comme une zone à risque pour l’encéphalite à tiques. Dans sa réponse, la Ville attribue ce classement à «l’augmentation significative des cas recensés dans la région». L’OFSP évoque plus précisément quelques infections contractées par des personnes qui n’avaient pas quitté le canton pendant la période d’incubation.
Pour le reste, les usagers sont renvoyés aux recommandations générales du Canton et de la Confédération. La Ville ne mentionne aucune information particulière affichée dans ses parcs.
Neuchâtel distingue les gazons des prairies
La Ville de Neuchâtel introduit une distinction entre les pelouses régulièrement tondues et les espaces plus naturels. «Nous n’avons jamais eu de souci avec les tiques dans les zones entretenues de manière intensive, comme le gazon tondu», indique Emmanuel Gehrig, chef du Service de la communication. Cette réponse ne permet pas d’affirmer que ces acariens sont absents des pelouses urbaines. Elle signifie seulement que la Ville n’y a jusqu’ici constaté aucun problème particulier.
Le risque est en revanche reconnu dans les prairies proches des bois, notamment au parc de Pierre-à-Bot, situé en bordure de forêt. La Ville y recommande l’usage d’un répulsif. Son principal conseil reste de contrôler sa peau après «une balade en forêt ou à proximité».
Campagnes de sensibilisation encore tournées vers la forêt
Les informations officielles ne nient pas le risque urbain. Le Canton de Vaud précise que les tiques peuvent aussi vivre dans les jardins et les parcs. Mais cette mention demeure discrète au milieu de recommandations surtout pensées pour les sorties en pleine nature: chaussures fermées, vêtements couvrants, pantalon glissé dans les chaussettes et respect des sentiers tracés.
La communication genevoise vise elle aussi en priorité les professionnels travaillant dans la nature et les adeptes de randonnée, de camping, de VTT ou de cueillette de champignons. A Neuchâtel, les pages officielles insistent avant tout sur les forêts, les lisières et les clairières.
Les bons gestes contre les tiques
Après avoir fréquenté une pelouse tondue ou de hautes herbes, il convient d’examiner ses vêtements, sa peau et ses animaux. Les zones chaudes ou difficiles à voir doivent être contrôlées avec attention: arrière des genoux, aine, aisselles, nuque, cuir chevelu et derrière les oreilles.
Lorsqu’un parasite s’est fixé, il faut le retirer rapidement avec une pince fine, en le saisissant au plus près de la peau, puis désinfecter la zone et noter la date. L’huile, l’alcool, la colle ou le vernis sont à proscrire. Une rougeur qui s’étend, de la fièvre, des maux de tête, une fatigue inhabituelle ou des douleurs articulaires doivent conduire à consulter un médecin.
L’application officielle est publiée par Garzotto GmbH, un nom que le grand public ne peut guère relier spontanément aux autorités sanitaires ou à la Haute école zurichoise des sciences appliquées. Sans lien direct clairement identifiable ni mention du développeur, la recommandation peut facilement conduire vers le mauvais outil.
