Le Grand Conseil vaudois a opté mardi pour une baisse cumulée de 7% de l'impôt cantonal sur le revenu d'ici 2027. C'est plus que le projet initial du Conseil d'Etat (5%), mais moins que l'initiative des milieux patronaux (12% sur le revenu et la fortune).
Sachant que les initiants devraient, sauf surprise, maintenir leur texte, la décision finale reviendra à la population. Elle devra trancher l'an prochain entre le projet validé par le Grand Conseil et l'initiative dite des 12%.
Pour contrecarrer cette initiative, le contre-projet indirect du Conseil d'Etat prévoyait initialement une baisse fiscale de 5% pour l'ensemble de la législature (2022-2027). Le Grand Conseil l'avait approuvée lors du premier débat, avant de faire volte-face la semaine dernière à la suite d'un accord entre élus PLR et PS, lié à certaines dépenses du budget.
Mardi lors du troisième et dernier débat, la réduction de 7% a été entérinée par la majorité de droite du Parlement, PLR et UDC faisant bloc. Ils ont été 69 à la soutenir, contre 56 refus et 17 abstentions, issues essentiellement des Vert'libéraux. Concrètement, après la baisse de 3,5% entrée en vigueur cette année et une réduction de 0,5% en 2025, il est prévu d'ajouter encore 3% d'ici 2027.
Les conseillères d'Etat Christelle Luisier et Valérie Dittli ont souligné que cette baisse en pourcentage n'était qu'une mesure parmi d'autres pour «combattre» l'initiative des 12%. Elles ont rappelé que leur contre-projet devait être vu comme «un bouquet de mesures», lequel comprend aussi, par exemple, des déductions pour les primes maladie et les frais de garde.
Du côté des députés, les discussions ont tourné en un débat «classique» sur l'imposition entre élus de gauche et de droite. Les premiers ont dénoncé une «surenchère», une mesure «injuste» qui profitera davantage aux classes aisées ou encore «un vote à l'aveugle» sachant que l'impact des 7% sur les finances de l'Etat n'est pas connu.
A l'inverse, la droite de l'hémicycle a souligné «l'urgence» à améliorer l'attractivité fiscale du canton et à redonner du pouvoir d'achat à la population. Plusieurs députés ont déploré «la haine du riche» de la gauche, martelant que ce sont les contribuables aisés qui permettaient d'engranger des recettes fiscales et financer des politiques publiques.
L'accord ayant permis de passer de 5 à 7% a aussi été diversement apprécié. La Verte Rebecca Joly a parlé d'un «revirement peu compréhensible et dangereux», tandis que le Vert'libéral David Vogel a estimé que le Parlement avait agi «comme un poulet sans tête». Pour le PLR Marc-Olivier Buffat, en revanche, il n'y a pas eu de «magouille», mais un retour au «compromis dynamique qui a si bien réussi dans le canton depuis 25 ans.»
(sda/ats)