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Vaud: le cap du million d'habitants sera dépassé en 2046

Vaud: on connaît l'année où le cap du million d'habitants sera dépassé

Avec 864 200 habitants, le canton de Vaud affiche une croissance une fois et demie plus rapide que la moyenne suisse. Selon les estimations, le million d'habitants devrait être dépassé en 2046.
25.09.2026, 13:2225.09.2026, 13:23

De 864 200 habitants actuellement, la population vaudoise va continuer de croître ces trois prochaines décennies. Elle devrait dépasser le million en 2046, selon le scénario le plus probable de Statistique Vaud. Cette croissance démographique met aussi en évidence un vieillissement marqué de la population, qui aura plusieurs conséquences pour le système sociosanitaire et sur les coûts de la santé.

Vendredi, la conseillère d'Etat Valérie Dittli, en présentant aux médias les perspectives démographiques du canton au côté du conseiller d'Etat Roger Nordmann, a déclaré:

«La croissance démographique est une fois et demie plus rapide dans le canton de Vaud qu'en Suisse»

Fondées sur différentes hypothèses d'évolution de la fécondité, de la mortalité et des migrations, elles proposent trois scénarios – moyen, haut et bas – pour les 30 prochaines années, qui dessinent plusieurs futurs possibles afin d'accompagner la planification des politiques publiques. «Ces statistiques sont une véritable boussole pour l'action publique», a insisté la ministre.

Rythme deux fois moins élevé

Le scénario moyen, considéré comme le plus vraisemblable, prévoit une hausse de la population de 864 200 habitants en 2025 à près de 1 050 000 en 2055. Le seuil symbolique du million d'habitants serait franchi en 2046. Cette croissance de quelque 185 000 personnes serait portée à près de 90% par le solde migratoire. Le rythme annuel de progression (+0,6%) serait environ deux fois moins élevé que celui observé entre 1995 et 2025, a résumé Reto Schumacher, chef de projet à Statistique Vaud.

Reto Schumacher a tenu à souligner:

«Les deux scénarios alternatifs illustrent l'incertitude qui entoure l'évolution démographique»

Dans le scénario haut, marqué par une immigration plus soutenue, le million d'habitants serait atteint dès 2039 et la population dépasserait 1,16 million de personnes en 2055.

A l'inverse, le scénario bas anticipe un contexte moins favorable aux migrations: la population atteindrait alors environ 939 000 habitants en 2055. Dans ce scénario, la croissance reposerait pour autant exclusivement sur les migrations, le nombre de décès devenant supérieur à celui des naissances, selon l'expert.

Forte hausse des seniors

Les perspectives montrent également que la structure par âge de la population continuera d'évoluer. Le nombre de jeunes de moins de 20 ans – «évolution la plus incertaine» – dépendra «largement» des niveaux futurs de fécondité et de migration: il resterait globalement stable dans le scénario moyen, progresserait sensiblement dans le scénario haut et diminuerait dans le scénario bas.

La population d'âge actif (20 à 64 ans) continuerait d'augmenter dans les trois scénarios, mais plus lentement que ces dernières décennies, ce qui entraînerait une diminution de son poids relatif dans la population, a relevé Reto Schumacher.

Le vieillissement démographique constitue, lui, une tendance commune aux trois scénarios. Sous l'effet de l'arrivée à la retraite des générations nombreuses du baby-boom, le nombre de personnes âgées de 65 ans et plus augmenterait fortement, passant d'environ 148 000 en 2025 à un niveau compris entre 226 000 et 258 000 en 2055, soit une part de 17% aujourd'hui à 22-24% dans 30 ans.

Autre évolution mise en évidence par le ministre de la santé Roger Nordmann: la croissance de la population des 80 ans et plus, de 5% actuellement à 8 ou 9% en 2055. Et d'expliquer:

«Cette catégorie va quasiment doubler en 30 ans, de 46 200 à 88 700 personnes, ce qui aura un impact conséquent sur l'accueil en EMS, pour les hôpitaux, les médecins de famille, l'aide et soins à domicile, ainsi que les proches aidants»

Déséquilibre structurel

Roger Nordmann a aussi souligné les conséquences sur les frais de santé, qui vont grimper. Une personne de 45 ans «coûte» en moyenne 6650 francs par an, alors qu'une personne de 90 ans en «coûte» plus de 48 000, a-t-il rappelé.

Le socialiste a aussi mis en garde contre la chute du nombre de professionnels de la santé et de l'accompagnement social en activité, en raison des départs à la retraite. Les investissements dans la formation et la planification de leur remplacement seront essentiels, selon lui.

Il a prévenu:

«Cette évolution signifie aussi concrètement que nous allons vers un déséquilibre structurel: l'assiette de personnes actives qui contribue au financement des prestations sociales et de santé croît moins vite que les besoins générés par la population âgée»

A noter que les évolutions démographiques resteront contrastées selon les régions. Les districts de Broye-Vully, de l'Ouest lausannois et d'Aigle, ainsi que le sous-arrondissement de Romanel, enregistreraient les croissances les plus soutenues. A l'inverse, la Vallée de Joux et le Pays-d'Enhaut connaîtraient une progression plus modérée. Toutes les régions verront leur population vieillir. (sda/ats/svp)

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