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Voici pourquoi les élus vaudois démissionnent

Une personne s'apprete a tracer des noms sur le bulletin de vote de la liste du conseil communal ce vendredi 12 fevrier 2021 a Daillens. Le premier tour des elections generales communales (munici ...
Entre 2021 et 2025, 346 membres d'exécutifs communaux ont quitté leur fonction.Image: KEYSTONE

Voici pourquoi les élus vaudois démissionnent

Une vague de démissions frappe les exécutifs du canton de Vaud. Une récente étude pointe les causes de ce phénomène.
24.09.2026, 11:0324.09.2026, 11:03

Une enquête met en exergue les causes des démissions dans les municipalités vaudoises. Entre 2021 et 2025, 346 membres d'exécutifs communaux ont quitté leur fonction, soit l'équivalent de 22% des sièges. Selon l'étude, plusieurs facteurs entrent en ligne de compte dans ces démissions, notamment le climat de travail, les contraintes institutionnelles ou la difficulté à concilier le mandat avec la vie professionnelle et familiale.

Le phénomène touche une large partie du canton: 196 des 300 communes vaudoises, soit près de deux sur trois, ont connu au moins une démission au cours des quatre premières années de la législature 2021-2026. Il est particulièrement marqué dans les petites communes, indique l'Etat de Vaud jeudi dans un communiqué.

Malgré leur démission, 63% des personnes interrogées se déclarent néanmoins satisfaites de l'organisation de leur municipalité, dont 23% totalement satisfaites. Elles décrivent une fonction enrichissante et porteuse de sens, qui permet d'acquérir des compétences, de nouer des relations et d'agir concrètement pour sa commune, poursuit le communiqué.

Quatre grandes difficultés

Menée par Statistique Vaud sur mandat de la Direction générale des affaires institutionnelles et des communes (DGAIC) entre mi-juin et début août 2025, l'enquête a recueilli les réponses de 217 anciennes élues et anciens élus, soit 68% des personnes sollicitées. Les personnes ayant participé à l'étude sont majoritairement des hommes (64%) et ont en moyenne 55 ans. Plus de la moitié ont entre 40 et 59 ans (54%) et 36% ont 60 ans ou plus. Près de quatre sur cinq (78%) travaillent en parallèle de leur mandat et, dans 68% des cas, estiment que leur charge de travail dépasse le taux d'activité officiel.

Les motifs de démission sont multiples et rarement attribuables à une seule cause. Le mauvais climat de travail au sein de la municipalité constitue le premier facteur de départ, évoqué une fois sur cinq. Il recouvre des réalités variées: tensions interpersonnelles, manque de collégialité, styles de management inadaptés ou sentiment d'exclusion, décrypte l'enquête.

Les raisons de santé arrivent en deuxième position. A ces éléments s'ajoutent d'autres facteurs, tels que le poids des directives cantonales et leur complexité croissante ainsi qu'un sentiment d'impact limité sur les décisions.

Plus largement, l'étude fait ressortir quatre grandes difficultés qui peuvent se cumuler: la complexité de la fonction, les contraintes institutionnelles et le manque d'autonomie, les problèmes relationnels, ainsi que la charge de travail et l'insuffisance des ressources.

«Plusieurs pistes» étudiées

Les personnes de moins de 40 ans rencontrent davantage de difficultés à concilier leur mandat avec leur vie familiale et professionnelle, relève aussi l'étude. Elles se montrent également plus critiques: 62% se déclarent insatisfaites de l'organisation de leur municipalité. Cette proportion atteint 57% parmi les personnes comptant jusqu'à trois ans d'expérience, ce qui souligne les difficultés des débuts de mandat. L'enquête constate que la satisfaction augmente avec l'âge et l'ancienneté de la fonction.

S'agissant des solutions pour remédier à ces démissions, l'étude de Statistique Vaud ne fait apparaître aucune réponse unique. «Elle invite à réfléchir à plusieurs pistes, notamment le soutien administratif, la reconnaissance de la fonction, l’accompagnement des élues et élus et le fonctionnement interne des municipalités», écrit le Canton.

«Plus largement, ces résultats ouvrent une réflexion sur l'évolution du système de milice et les conditions nécessaires pour soutenir durablement l'engagement communal», observe-t-il. (jzs/ats)

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