Suisse
Voyage

Viande et avion: le climat n'influence pas les Suisses

Viande et avion: les Suisses ne font pas de «sacrifice» pour le climat

Le débat sur le climat n'influe pas sur le comportement d'achat des Suisses, relève un sondage de Comparis. La consommation de viande a même augmenté et des records de trafic ont été enregistrés à l'aéroport de Zurich.
11.08.2026, 09:2411.08.2026, 10:46

Le changement climatique n'impacte pas les habitudes de consommation de la population suisse. Selon un sondage de Comparis, 34% des Suisses affirment que le débat sur le climat n’influence pas du tout leurs décisions et 46% qu’il n’a qu’une faible influence.

Seules 20% des personnes interrogées affirment que ce débat a une influence sur leurs achats et leurs placements financiers, une part «nettement inférieure à celle observée avant et pendant la crise du coronavirus», écrit le comparateur en ligne dans un communiqué publié mardi. La part des personnes qui n’y voient aucune influence a presque doublé depuis la première étude, menée en 2019: elle était alors de 18% à 20%.

Pour les trois quarts des personnes gagnant moins de 4000 francs par mois, le débat sur le climat n’exerce aucune influence – ou tout au plus une faible influence. Le chiffre est encore plus élevé pour les ménages plus aisés: il passe à 84% pour les personnes gagnant plus de 8000 francs.

«Il semble que renoncer ou changer de comportement soit encore plus difficile pour les personnes à revenus élevés que pour celles qui disposent de moins d’argent», constate Michael Kuhn, expert chez Comparis. Elles peuvent «tout simplement se permettre de voyager davantage et de consommer plus», dit-il.

Les statistiques officielles montrent une autre réalité

Les familles avec enfants font en revanche plus attention et agissent «de manière plus réfléchie»: pour 74% d’entre elles, le climat a une influence «faible à très grande» sur leurs décisions, contre 62% dans les ménages sans enfants.

Parmi les personnes qui accordent au moins une petite importance au débat sur le climat dans leur comportement de consommation, 40% déclarent consommer moins de viande et de produits d’origine animale. Et 36% disent avoir réduit leurs voyages en avion.

Les statistiques officielles montrent toutefois une autre réalité, selon Comparis: la consommation de viande est passée de 48 kilos par personne et par année à 51 entre 2023 et 2025. Dans l'ensemble, elle est restée stable autour de 50 kilos.

Même constat pour les voyages en avion: l'aéroport de Zurich a enregistré l'an dernier un nouveau record, avec 23,2 millions de passagers locaux. C'est un million de plus qu'en 2019.

«On aimerait bien que des mesures soient prises, mais quand il s’agit de renoncer soi-même à un voyage en avion, à des vêtements ou à une escalope, on n’est finalement pas disposé à faire ce sacrifice»
Michael Kuhn

Ce sondage représentatif a été réalisé en juillet dernier par l'institut Innofact auprès de 1040 personnes issues de toutes les régions de la Suisse. (jzs/ats)

Où admirer l'éclipse? 3 outils vous aident à trouver l'endroit idéal
Video: watson
Ceci pourrait également vous intéresser:
Avez-vous quelque chose à nous dire ?
Avez-vous une remarque ou avez-vous découvert une erreur ? Vous pouvez nous transmettre votre message via le formulaire.
1 Commentaire
Comme nous voulons continuer à modérer personnellement les débats de commentaires, nous sommes obligés de fermer la fonction de commentaire 72 heures après la publication d’un article. Merci de votre compréhension!
1
Le plan de Parmelin serait «l’un des pires projets jamais présentés»
Le Conseil fédéral prévoit de changer de cap en matière de politique agricole. Mais dans les milieux paysans bourgeois, on doute que les choses changent vraiment.
Il s’agit d’un changement de paradigme, a affirmé le ministre de l’Agriculture. La réforme doit offrir aux agriculteurs une plus grande marge de manœuvre entrepreneuriale et renforcer leur responsabilité individuelle. Mercredi, le conseiller fédéral UDC Guy Parmelin a présenté en termes élogieux les projets du gouvernement pour la future politique agricole suisse.
L’article