Le temps humide et frais de cette fin du mois de mai pourrait susciter chez de nombreuses personnes l'envie de voyager. En tout cas, c'est ce que l'agence de voyages Hotelplan espère. Car ces dernières semaines, la filiale de voyage de Migros a ressenti de plus en plus de réticence de la part de sa clientèle. Les réservations pour juillet et août sont nettement inférieures à celles de l'année précédente.
Cela se voit notamment chez les familles: «L'année dernière, le besoin de rattrapage pour les voyages était énorme, le budget ne jouait alors qu'un rôle secondaire», explique Nicole Pfammatter, responsable de l'unité commerciale suisse Hotelplan Suisse. Mais désormais, les familles viendraient de plus en plus dans les succursales avec une limite de coûts.
L'inflation ainsi que l'augmentation des loyers et des primes d'assurance-maladie sont autant d'éléments qui refroidissent les Suisses.
Un autre facteur est le Championnat d'Europe de football, qui se déroulera pendant quatre semaines à partir de la mi-juin. «Nous voyons toujours cela les années où il y a un championnat d'Europe ou une Coupe du monde de football», explique Nicole Pfammatter.
Le manque de réservations pourrait-il aussi être lié à l'annonce faite par Migros début février de vouloir vendre sa filiale Hotelplan? «Il est possible que l'un ou l'autre client réserve ailleurs pour cette raison, mais ce n'est certainement pas la grande majorité», répond Pfammatter. Elle souligne en outre que rien n'a changé pour les employés et la clientèle.
En ce qui concerne les destinations phares de l'été pour les vacances à la plage, il n'y a pas de grands changements par rapport à l'année dernière. Les classiques sont cette année encore très demandés:
L'Egypte a perdu deux places en raison de sa proximité géographique avec le conflit au Proche-Orient, qui dissuade de nombreux clients de réserver. Toutefois, cet effet semble s'estomper.
Cet été, les circuits aux Etats-Unis, au Canada et en Tanzanie sont par ailleurs très tendance.
Les vacances sont devenues plus onéreuses dans de nombreux endroits, comme le montre une évaluation d'Hotelplan. Les destinations turques comme Antalya sont devenues plus chères en raison de la forte inflation qui y règne. Même situation pour les îles Canaries et Majorque. «Tout le monde ne peut plus se le permettre», explique Nicole Pfammatter. Le prix moyen par passager pour les vacances à Antalya, par exemple, est de près de 30% supérieur au niveau de 2019 et d'environ 8% supérieurs à celui de l'année passée.
Mais en raison des chiffres décevants des réservations, cela pourrait changer:
Hotelplan reçoit actuellement tous les jours des offres spéciales à prix cassé pour les destinations mentionnées. C'est aussi pour cette raison que Nicole Pfammatter s'attend à une forte activité de dernière minute. Les capacités de vol sont énormes, notamment pour Majorque depuis la Suisse, avec des vols au départ de Berne, Saint-Gall-Altenrhein, Zurich, Genève et Bâle.
Hotelplan confirme néanmoins la tendance selon laquelle les réservations pour les vacances d'été se déplacent de plus en plus vers les vacances de printemps et d'automne, plus fraîches. Le concurrent Kuoni observe également cette évolution. Les réservations pour les semaines de vacances d'automne sont d'ailleurs supérieures à celles de l'année précédente, explique Pfammatter.
Mais on se heurte à des limites, notamment pour les réservations très demandées dans le Grand Nord. «Plus le temps passe, plus il est difficile de trouver des hébergements intéressants.» Les vacances de dernière minute, telles qu'elles sont normalement possibles en Espagne ou en Turquie, ne sont guère réalisables en Scandinavie.
(Traduit et adapté par Chiara Lecca)