Vos vacances pourraient mal tourner: voici ce qu'il faut savoir
Lorsque les vacances à l'étranger prennent une tournure imprévue, on peut vite se sentir démuni. Un cadre légal méconnu, des différences culturelles et de complexes procédures administratives peuvent nous faire regretter le cadre familier et rassurant de notre bonne vieille Suisse.
Heureusement, dans ces cas-là, notre mère patrie ne nous laisse généralement pas nous dépatouiller tout seuls. Les services consulaires du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) s'efforcent, dans la mesure du possible, de venir en aide aux voyageurs suisses en détresse.
Des cas typiques
Il y a d'abord l'exemple de Sabine, 28 ans. Sur une plage en Thaïlande, elle tire tranquillement sur un joint avec des amis lorsqu'elle est interpellée par la police. Elle se retrouve alors confrontée aux lois antidrogue particulièrement sévères du pays.
Reto, 42 ans, connaît un autre genre de mésaventure. Assis à la terrasse d'un café à Johannesburg, il se fait dérober ses documents de voyage par une femme serviable qui prétend essuyer une tache de yaourt sur sa chemise. Et puis il y a le cas, bien plus tragique, de Stefan, 62 ans. Alors qu'il séjourne au Brésil, il succombe à une crise cardiaque.
Il s'agit là de cas typiques que gère le DFAE. Au total, 1238 personnes ont eu recours à la protection consulaire dans l'année écoulée, tandis que la helpline du département a enregistré près de 50 000 demandes.
La guerre en Iran
En mars de cette année, la guerre au Moyen-Orient a généré une charge de travail particulièrement importante. Plus de 5000 Suisses se sont retrouvés bloqués dans la région du Golfe. Le DFAE évoque notamment le cas de Florence. Cette voyageuse de 52 ans se trouve à Mascate, le capitale d'Oman, lorsqu'éclate le conflit. Les vols sont annulés et elle se retrouve coincée.
Heureusement, elle s'est enregistrée avant son départ dans l'application Travel Admin du DFAE, l'outil de conseil en ligne de la Confédération destiné aux voyageurs. Elle reçoit ainsi des SMS contenant des informations de sécurité actualisées et, dès que la situation le permet à nouveau, des renseignements sur les possibilités de quitter le pays. La guerre booste les téléchargements de l'application: le nombre d'utilisateurs enregistrés passe en quelques jours d'environ 140 000 à 150 000.
Quel soutien du DFAE?
Mais à quel genre de soutien peut-on réellement s'attendre lorsque les choses se compliquent à l'étranger? Une idée largement répandue veut que la Confédération rapatrie systématiquement ses citoyens ou leur apporte une assistance complète en toutes circonstances. Ce n'est pas le cas. Le service consulaire peut certes aider, mais uniquement dans le cadre de règles légales clairement définies.
Les représentations suisses sur place peuvent apporter un soutien en cas d'urgence. Elles facilitent les contacts avec les autorités, les avocats ou les hôpitaux et peuvent, à la demande de la personne concernée, informer ses proches. Sabine, la consommatrice de cannabis, obtient par exemple les coordonnées d'avocats locaux et peut recevoir, si elle le souhaite, la visite d'un représentant suisse en prison.
Dans le cas du défunt Stefan, le DFAE veille à mettre son épouse, restée en Suisse, en contact avec les autorités brésiliennes. Il s'assure également que l'assurance du défunt organise le rapatriement de la dépouille. En cas de perte de passeport, les représentations suisses peuvent délivrer des documents de voyage provisoires.
Dans certaines situations exceptionnelles, des prêts d'urgence remboursables peuvent aussi être accordés lorsqu'aucune assurance ni aucun proche n'est en mesure d'envoyer de l'argent. Précision importante: le prêt doit être remboursé, et une taxe est également perçue.
Où s'arrête cette aide?
Le principe de subsidiarité s'applique. En cas d'urgence ou d'incident, il appartient d'abord aux voyageurs eux-mêmes, à leurs proches, aux assurances, aux organisateurs de voyages ou aux autorités locales de trouver une solution.
Le DFAE ne remplace pas l'assurance voyage ou l'assurance maladie. Il ne prend pas en charge les frais d'hospitalisation, de sauvetage ou de retour au pays. Il ne peut pas non plus intervenir dans les procédures judiciaires ni contester les décisions des autorités étrangères.
Une personne bloquée en raison de la fermeture d'aéroports ou d'une situation de crise n'a donc aucun droit à ce que la Suisse organise individuellement son retour. C'est ce que prévoit la loi sur les Suisses de l'étranger.
Comment bien préparer son voyage?
Lors d'un séjour à l'étranger, le principe de responsabilité individuelle prévaut. Le DFAE recommande de se renseigner avant le départ sur la situation sécuritaire et sur les lois locales, notamment à l'aide des conseils aux voyageurs publiés par le Département.
Il est également important de disposer d'une couverture d'assurance suffisante, y compris en matière de protection juridique, et de conserver des copies numériques des documents importants. L'inscription dans l'application Travel Admin du DFAE est aussi vivement recommandée.
Enfin, il est conseillé d'avoir toujours sur soi les coordonnées de la helpline du DFAE: les numéros +41 800 24 7 365 et +41 58 465 33 33, ainsi que l'adresse électronique helpline@eda.admin.ch. Ainsi, les personnes concernées peuvent être contactées et informées plus rapidement en cas de crise – et continuer à bénéficier, même à l'autre bout du monde, de l'assistance de cette chère Suisse. (adapt. tam)
