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A Washington, le Sénat n'arrive pas à s'accorder sur l'avortement

La vice-présidente américaine Kamala Harris s'adresse aux médias après l'échec d'un vote du Sénat visant à codifier les protections de l'avortement, au Capitole à Washington.
La vice-présidente américaine Kamala Harris s'adresse aux médias après l'échec d'un vote du Sénat visant à codifier les protections de l'avortement, au Capitole à Washington.Image: sda
Aux Etats-Unis, ce droit est actuellement fortement menacé par une décision à venir de la Cour suprême. Joe Biden et Kamala Harris ont promis de s'impliquer personnellement dans la bataille.
12.05.2022, 04:3412.05.2022, 06:28

Le Sénat américain n'est pas parvenu mercredi à adopter une loi garantissant l'accès à l'avortement dans tout le pays. Ce droit est fortement menacé par une décision à venir de la Cour suprême.

«Pour la première fois en 50 ans, une majorité conservatrice, une majorité extrême de la Cour suprême est sur le point de décréter que les femmes n'ont pas le contrôle sur leur propre corps»
Le chef des démocrates au Sénat, Chuck Schumer, juste avant le vote.

Ce vote était surtout symbolique, les démocrates ne disposant pas des 60 voix sur 100 nécessaires pour avancer sur ce texte. Mais il s'inscrit dans un combat plus large des progressistes pour tenter de protéger le droit à l'avortement.

Critiques de Biden

Les républicains se sont opposés en bloc à ce projet de loi. Par la voix de leur chef Mitch McConnell, ils ont accusé les démocrates de vouloir proposer des «avortements à la demande». Ultime revers, le démocrate Joe Manchin, déjà fossoyeur de plusieurs grands chantiers de Joe Biden, a voté avec l'opposition républicaine.

«Les républicains ont choisi de s'opposer au droit des Américaines de prendre les décisions les plus personnelles concernant leur corps, leur famille et leur vie»
Joe Biden

«Mon corps, mon choix»

Son parti a tenu à organiser ce vote après l'extraordinaire fuite d'un projet de décision de la Cour suprême, selon laquelle la plus haute juridiction américaine s'apprêtait à annuler l'accès à l'avortement.

Si la Cour venait à revenir sur la jurisprudence qui fonde le droit à l'avortement aux Etats-Unis depuis 1973, chaque Etat serait libre de l'interdire ou de l'autoriser. Une vingtaine d'Etats conservateurs ont déjà promis de le rendre illégal.

Aux cris de «mon corps, mon choix», une trentaine d'élus de la Chambre des représentants, où cette loi avait été adoptée avec succès en septembre, sont venus assister au vote du Sénat pour contester son échec. Au sein de ce groupe, plusieurs élues ayant publiquement évoqué leur avortement.

Manifestations quotidiennes

Depuis la révélation du projet d'arrêt de la Cour suprême, des groupes - plus ou moins denses - viennent tous les soirs crier leur colère devant le temple américain du droit, imposant bâtiment de marbre blanc désormais protégé par un grillage. Et certains manifestants protestent jusque devant le domicile de juges conservateurs de la Cour.

Plusieurs grandes organisations progressistes ont appelé les Américains à défiler en masse le 14 mai dans tous les Etats-Unis pour protéger l'accès à l'avortement. Quatre grandes marches sont organisées à Washington, New York, Chicago et Los Angeles et des centaines de rassemblements sont prévus dans le reste du pays.

«Choisissez des candidats favorables au droit d'avorter lors des élections législatives de mi-mandat, le 8 novembre»
Joe Biden

Il souhaite élargir la majorité démocrate au Sénat, avec l'espoir d'être alors en mesure de passer cette loi fédérale protégeant l'accès à l'avortement. Mais ce scrutin est toujours très périlleux pour le pouvoir en place et il est très possible que les démocrates perdent au contraire leurs minces majorités au Congrès. (ats/jch)

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