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Même le G7 prouve le danger du nucléaire en Suisse

Le nucléaire en Suisse
Céline Weber est conseillère nationale vert'libérale et chroniqueuse pour watson. Image: montage watson
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Relancer le nucléaire en Suisse, c'est offrir une cible à nos ennemis

Alors que la Suisse pense à relancer le nucléaire civil, pour la conseillère nationale Céline Weber, l'actualité prouve chaque jour sa dangerosité.
07.06.2026, 07:0507.06.2026, 07:05
céline weber / franc-parler

Ça devient presque une banalité de l’affirmer: l’illusion d’un monde sûr, dominé par un bloc de l’Ouest uni, appartient au passé. Si, sur le fond, on pourrait saluer l’émergence d’un certain multilatéralisme dans lequel l'Occident ne déciderait plus de tout, force est de constater que ce n’est pas la direction qui est prise.

La situation géopolitique se tend, l’économie ralentit, et la loi du plus fort semble vouloir reléguer toujours plus au second plan les démocraties et leur fonctionnement basé sur le respect des lois et des valeurs. Et la Suisse n’est pas à l’écart. Elle n’est pas une île qui peut ignorer ce qui se passe à l’extérieur de nos frontières.

Or, c’est précisément dans ce contexte tendu, que revient chez nous le débat sur le nucléaire. Alors soyons clairs. Mon propos n’est pas de dire que toute forme de nucléaire est mauvaise par définition. D’ailleurs les centrales dites de quatrième génération, si tant est qu’elles soient commercialisables et rentables, pourraient être intéressantes. Et puis ne soyons pas dupes, la majorité des panneaux photovoltaïques, même s’ils sont assemblés en Europe, comprennent des pièces «Made in China». Oui, nous dépendons des autres puissances, même avec les énergies renouvelables. Mais alors où est le problème du nucléaire?

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Chaque dimanche matin, watson invite des personnalités romandes à commenter l'actu ou, au contraire, à mettre en lumière un thème qui n'y est pas assez représenté. Au casting: Nicolas Feuz (écrivain), Anne Challandes (Union Suisse des Paysans), Roger Nordmann (conseiller stratégique, ex-PS), Damien Cottier (PLR), Céline Weber (Vert'Libéraux), Karin Perraudin (Groupe Mutuel, ex-PDC), Samuel Bendahan (PS), Ivan Slatkine (président de la FER) et la loutre de QoQa.

Les centrales nucléaires actuelles sont des cibles de choix par excellence pour des attaques, qu’elles soient terroristes ou en cas de guerre. Contrairement à certains équipements, comme par exemple les serveurs centraux des banques, ou certaines infrastructures militaires, dont la localisation est gardée secrète, précisément pour des raisons de sécurité, les centrales nucléaires, elles, ne se laissent pas camoufler.

Et il n’aura échappé à personne que la centrale nucléaire de Zapporijia en Ukraine fut une des premières infrastructures d’envergure à avoir été attaquée, peu après le début du conflit. Pourquoi? Non pas tant dans le but de créer une catastrophe naturelle de grande ampleur du type de Tchernobyl ou Fukushima, qui asphyxierait la population ukrainienne. D’ailleurs, selon plusieurs experts, un événement de type et d'ampleur similaires à la catastrophe de Tchernobyl n'est techniquement et physiquement pas possible dans la centrale de Zaporijia.

En revanche, l’attaque de la centrale nucléaire ukrainienne permettait de mettre à mal le fonctionnement du pays, grâce notamment à la pénurie d’électricité qu’elle provoquerait. Et nous, plutôt que de tirer des leçons de ce qui se passe ailleurs, nous remettons à l’ordre du jour le débat sur ces centrales nucléaires.

En clair, nous nous posons la question de savoir si nous ne voudrions pas offrir sur un plateau d’argent une cible de choix, telle qu’une centrale nucléaire, pour qui voudrait s’en prendre à notre pays. Et d’ailleurs, nul besoin d’artillerie lourde pour attaquer une centrale, une cyberattaque ferait tout aussi bien l’affaire, si on peut parler ainsi. Et nul besoin d’une guerre, un sommet comme le G7 suffit à rendre ces cibles suffisamment sensibles pour faire d’elles l’objet de toutes les attentions des services de sécurité.

Il est temps de cesser de vouloir revenir à chaque fois en arrière lorsque le peuple a pris une décision. En remettant le nucléaire à l’ordre du jour, nous ne faisons que ralentir la progression des énergies renouvelables, alors qu’elles présentent nettement moins de risques pour la sécurité de notre pays, de par leurs localisations décentralisées. Nous mettons les projecteurs sur une technologie dont les générations actuelles (appelées technologies nucléaires de générations 3 et 3+) sont dépassées, et dont les technologies futures ne sont pas encore disponibles, et tout ça, au prix d’une prise de risque inutile. Bien tristes perspectives.

Céline Weber...
...a grandi à Nyon. Elle est conseillère nationale vaudoise vert'libérale depuis 2021. Ingénieure en énergie, elle est vice-présidente des Vert'Libéraux et entrepreneure dans les énergies renouvelables.
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Céline Weber est née en 1974.Image: keystone
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