Pourquoi mon ex devrait investir dans des panneaux solaires
L’autre jour, mon ex-conjoint rencontré à l’époque des études (Monsieur Energie) et moi nous sommes retrouvés à l’heure du repas de midi à Bâle. Vous le connaissez désormais. J’avais un rendez-vous sur place et lui avait un peu de temps à midi. Et voilà.
Installés au bistrot du Volkshaus, nous parlons famille (chez lui, les douches sont désormais plus courtes), ChatGPT, impact de la situation mondiale sur les prix de l’énergie… avant d’atterrir sur les grandes questions liées à la responsabilité collective.
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Un désagréable sentiment d'impuissance
Je raconte à mon ex ce sentiment d’impuissance face à toutes les crises actuelles, ainsi que ma situation dans mon immeuble locatif: on se chauffe au gaz naturel et je ne peux même pas installer une installation solaire de balcon, faute d’ensoleillement suffisant. Sinon, j’aurais au moins le sentiment, même homéopathique, de «faire quelque chose».
L’idée est peut-être naïve, mais chaque installation solaire ne nous rend-elle pas un peu plus indépendants du pétrole et du gaz? Et ne pourrions-nous pas assumer davantage notre responsabilité collective dans ce domaine?
Pas si simple!
Monsieur Energie: Non sans une certaine fierté, j’annonce à Madame que j’ai enfin demandé un devis pour une installation solaire sur notre toit. On lit partout que c’est quasiment automatique: électricité bon marché, subventions et bonne conscience de ne pas laisser les autres agir à sa place. Puis le devis arrive… Et soudain, cette bonne idée est devenue un projet concret qu’il faut planifier soigneusement et calculer dans les moindres détails. Je suis d’accord avec Madame Energie: nous devons assumer nos responsabilités en tant que société. Mais la question est aussi de savoir comment mettre en place intelligemment un tel investissement privé.
La question de l’amortissement
Tiens donc, je ne le connaissais pas sous cet angle-là... En mode calcul presque business. Mais je peux comprendre Monsieur. Il faut déjà avoir les moyens de financer une telle installation. Et, malgré tout, les questions fusent dans ma tête!
A-t-il calculé combien sa famille pourrait économiser, voire gagner, chaque année grâce à l’autoconsommation et à la rétribution de l’injection (réd: la rémunération financière perçue lorsqu'une installation photovoltaïque produit plus d'électricité que consommé)? Ces installations ont une durabilité de plus de 25 ans. A-t-il pensé au fait qu’une installation solaire vous rend plus indépendants des fluctuations des prix de l’énergie?
Aujourd’hui, il existe même des batteries de stockage abordables. A-t-il pris en compte les subventions et les déductions fiscales?
Et si le soleil pouvait aussi rapporter?
Monsieur Energie: Quand je vois la manière dont Madame insiste sur le mot «subventions», je comprends qu’elle ne peut que partiellement comprendre mon scepticisme. Sauf que les aides ne financent évidemment pas toute l’installation, mais seulement une partie. Le reste doit quand même être payé maintenant, et ne se répartit pas tranquillement sur 25 ans comme par magie.
Monsieur Energie: Cela dit, l’idée d’avoir à l’avenir moins de frais d’électricité, et peut-être même de gagner un peu d’argent avec sa propre production solaire, reste séduisante. D’autant qu’il est désormais possible, dans certains cas, de vendre son électricité au voisinage. La famille d’à côté serait-elle partante? Encore que… Ma voisine me racontait récemment qu’elle trouvait tout simplement les installations solaires sur les toits affreuses. Lors de ses dernières vacances en Espagne, ces modules bleutés gâchaient complètement le charme historique du village, selon elle.
Les goûts et les couleurs…
On peut débattre pendant des heures du goût et de l’esthétique des lieux, mais ici, en Suisse, cela fait bien dix ans que je n’ai pratiquement plus vu ce genre d’installations. Avec les modules «all black» actuels, ce n’est tout simplement plus un sujet.
Et de l’électricité solaire produite par la maison d’à côté? Moi, j’en achèterais immédiatement! Et je suis certaine que beaucoup de locataires seraient eux aussi ravis de pouvoir acheter de l’électricité solaire produite dans leur quartier. Monsieur appelle cela des «communautés électriques locales», ou CEL. L’idée me semble franchement passionnante.
Quand le voisinage en profite aussi
Monsieur Energie: Cette fois, elle m’a exactement amené là où elle voulait probablement en venir. Les avantages de ces CEL ne me sont évidemment pas inconnus. Je me lance déjà dans une petite tirade enthousiaste et, dans ma tête, je vois notre toit alimenter en électricité solaire non seulement notre foyer, mais aussi une partie du quartier. Pour les voisins, l’électricité serait un peu moins chère que celle du réseau, et, de mon côté, elle me rapporterait davantage qu’une simple rétribution de l’injection.
Et soudain, je réalise que ça pourrait effectivement être mis en place de manière intelligente. Plus important encore: cela aurait du sens au-delà de notre propre ménage.
Quoi qu’il en soit, je me promets d’en discuter avec ma femme. Cela vaut probablement la peine de regarder les chiffres encore une fois de plus près.
Et vous, quelles expériences avez-vous faites avec votre installation solaire? Et y a-t-il déjà des personnes parmi vous qui font partie d’une communauté électrique locale? Dites-nous tout en commentaire!
