Les concepts un peu débiles qui fleurissent sur les réseaux sociaux, c'est un peu comme la mode: c'est cyclique, et quand on croit les avoir enfin enterrés à moitié vivants, voilà qu'ils reviennent frapper à la fenêtre de notre smartphone.
C'est le cas pour un concept qui existe depuis belle lurette, et qui a hanté nos #pourtoi pendant des mois: «le micro-cheating».
Alors non, ce mot-valise ne concerne pas les gamers, contrairement à ce que pensent mes collègues, et ça n'a rien à voir avec le micro-needling ou une quelconque pratique cosmétique. Ce mot concerne les relations de couple, et plus précisément, ce qui les rend vulnérables.
Dites-vous que des scientifiques très sérieux se sont penchés sur ce concept aussi utile que des lacets sur les sneakers d'un GenZ. Selon le Daily Beast, c'est la psychologue australienne Melanie Schilling qui a inventé pour la première fois le terme «microtricherie», autour de l'An 2017.
Pour faire court, «cheater», en anglais, ça va dire «tricher». Et le mot «micro», ce fourre-tout qu'on arrose à toutes les sauces, nous renvoie à des petites actions coupables. Cela renvoie donc, selon le blog consacré à la santé mentale Harley Therapy, à une situation dans laquelle votre partenaire...
Est-ce que ça vous semble familier? Peut-être avez-vous déjà été dans une relation dans laquelle votre chéri ou votre chérie vous assure que: «Non, il se passe rien entre nous, c'est juste un ami». Mais vous, vous flairez l'entourloupe. Vous vous doutez bien que votre douce moitié est du genre à planquer des options dans son frigo, qu'elle arrose de micro-doses d'attentions ici et là pour éviter que le tupperware du désir ne moisisse. Si c'est le cas, vous avez peut-être à faire à un serial micro-cheater - ou peut-être en êtes-vous un vous-même. Si c'est le cas, ne vous inquiétez pas, à watson, on ne vous juge pas, et notre coeur reste grand ouvert.
Comme tous les concepts qui deviennent viraux sur la Toile, celui du «micro-cheating» est un vrai foutage de gueule. Au final, pas sûr que ça aide grand-monde de savoir s'il est «trompé» ou «micro-trompé». Aucun mot mignon ne vous aidera à mieux faire passer la pilule.
Ou peut-être que si l'on se fait micro-tromper, on n'a besoin que d'une micro-consolation, et d'une micro-partie de «rebound sex» (si vous ne connaissez pas cet autre super concept, épargnez-vous une précieuse minute de vie à le googler).
En plus, c'est hyper difficile d'établir une liste objective de critères pour déterminer s'il y a micro-carton rouge ou véritable carton rouge. Un de mes collègues me dit qu'il serait mal à l'aise si sa copine parlait de façon très complice à son ex. Un autre me dit que c'est tout à fait normal de laisser Bibiche respirer et faire un peu sa vie, tant que cela ne finit pas en câlins ou plus si affinités. Au final, chacun a sa propre façon de mettre des frontières.
Pour le rappeur Damso, rappelez-vous, «se faire sucer, c'est pas tromper». Pour d'autres, enlever son alliance le temps d'une soirée mérite un gros «faut qu'on parle».
Selon la théorie, il y a trois stades pour fumer une belle relation amoureuse: ça commence par la tricherie émotionnelle, puis vient la fameuse micro-tricherie, et ça aboutit enfin sur la tromperie totale, allant de l'infidélité numérique ou à du «sexting», et aboutissant à des interactions bien physiques, précise le site de Harley Therapy.
Le stade intermédiaire, notre fameux micro-cheating, n'est pas dénué de sexe, avertissent les professionnels. Le fait de faire des blagues de cul à longueur de journée (à une personne consentante et heureuse de les écouter, faut-il le préciser), discuter du corps l'un de l'autre ou faire des scénarios chelou mais alléchants («si un jour on en venait à avoir des relations sexuelles»...), c'est une façon de créer avec l'autre une certaine intimité qui va au-delà de l'amitié.
Le média Hypebea et d'autres sources comme le Daily Beast ont tout de même eu la courtoisie de nous établir une liste de critères susceptibles de rentrer dans le moule du micro-cheating.