«Claustrophobe»: Alexander Skarsgard a vécu un enfer sur ce tournage
Alexander Skarsgard brûlait d'impatience à l'idée de se transformer en homme fait d'osier capable de bouleverser une femme, et même tout un village, dans Wicker. Mais au moment de franchir le pas, la première chose qu'il a ressentie, c'est «la panique et la claustrophobie».
L'acteur, qui partage l'affiche de cette fable paillarde avec la comédienne anglaise Olivia Colman, raconte:
Wicker s'inspire d'une nouvelle de la romancière britannique Ursula Wills-Jones. L'intrigue se déroule il y a bien longtemps, dans un village patriarcal où tous les habitants sont désignés par leur métier ou par leur statut.
Pour la pêcheuse qu'incarne Olivia Colman, le village est un lieu hostile qui la punit parce qu'elle est indépendante, qu'elle n'a pas d'homme à ses côtés et, en prime, parce qu'elle sent le poisson. Défiant les conventions, la femme demande au vannier (joué par Peter Dinklage) de lui fabriquer un mari en osier.
Le trailer de Wicker
Un mois plus tard, son voeu est exaucé: un fiancé grand, baraqué et tressé de façon extrêmement sophistiquée accepte de l'épouser. Ses performances à la maison, et au lit, deviennent le sujet de toutes les conversations au village: les maris jalousent cet amant avec qui ils sont incapables de rivaliser, et les épouses envient ce qui leur manque.
Eleanor Wilson, qui a co-réalisé le film avec son compagnon Alex Huston Fischer, explique:
La fable était le véhicule idéal pour cette histoire, estime de son côté Alex Huston Fischer, car «il est plus facile de mettre un coup de projecteur sur quelque chose quand c'est déguisé».
Un «festin visuel»
Le duo de réalisateurs est «tombé amoureux» de cette histoire dès qu'ils l'ont lue, selon Eleanor Wilson. Ecrite il y a moins de 20 ans, la nouvelle est arrivée entre leurs mains par l'intermédiaire d'un producteur. La cinéaste australienne explique:
Alex Huston Fischer renchérit: «Nous voulions voir à quoi pourrait ressembler le mari en osier!»
Cette tâche est revenue au studio néo-zélandais Weta Workshop, déjà embauché sur des grosses productions comme Le Seigneur des anneaux et Avatar, et qui a travaillé pendant 18 mois à la confection de ce costume complexe. Les différents tissages du visage s'articulent avec les traits d'Alexander Skarsgard, qui déclare qu'il a été difficile de transmettre les émotions de son personnage:
Il s'est tellement entraîné devant la caméra qu'il a fini par avoir l'impression d'être un clown en train de faire des grimaces. Il livre finalement une prestation qui a impressionné sa partenaire de jeu: «Réussir à faire passer tout ça – l'amour, la nuance, l'humour et tout le reste – à travers, en gros, un panier, c'est incroyable», estime Olivia Colman.
A l'heure de l'intelligence artificielle, les réalisateurs ont privilégié le travail artisanal, des décors construits et peints à la main jusqu'aux costumes faits de tissus lourds. «Nous voulions sentir les textures et sentir la boue», insiste Alex Huston Fischer. «Tout le film est une sorte de festin visuel.»
Le film sortira dans les cinémas suisses le mercredi 28 octobre. (afp/tam)
