On n'a plus 15 ans et le Venoge Festival enfonce le clou
Il aura suffi de quelques tubes pour qu'on oublie qu'on était en 2026. Jeudi soir, au Venoge Festival, près de Penthaz (VD), on a sauté à pieds joints dans nos souvenirs avec le concert «Remember Me».
Les artistes de notre jeunesse, leurs hits et nous voilà propulsés plus de 20 ans en arrière, à l’époque où nos téléphones se pliaient (déjà) en deux, où s’envoyer ces insupportables wizz sur MSN était un mode de communication parfaitement normal et où télécharger une chanson sur LimeWire pouvait prendre approximativement trois jours.
Sur le papier, le programme avait tout de la madeleine de Proust.
Sauf que...
Dans les faits? Disons que la mayonnaise n'a pas totalement pris. Ça a commencé avec Tragédie, qui portait ce soir-là un peu trop bien son nom. Hey Oh, puis Sexy pour moi... les tubes étaient là, les souvenirs aussi, mais la foule, elle, a eu davantage de peine à se mettre dedans. Ça avait le mérite d'exister. Voilà.
Sabrina, elle, nous a ramenés encore quelques années plus loin, vers une adolescence que certains d'entre nous n'ont même pas connue. Ambiance années 80, débauche de kitsch et l'impression d'une DeLorean réglée quelques crans trop loin. Quant à Ophélie Winter, elle a finalement annulé sa venue à la dernière minute.
Heureusement, les Worlds Apart sont venus secouer le public. Le boys band a probablement été celui qui s'est le plus donné pour réveiller Penthaz, chorégraphies délicieusement datées comprises. Reel 2 Real a ensuite matraqué son I Like To Move It, avant que K. Maro ne vienne enfin titiller la nostalgie des jeunes vieux. Après Let's Go, l'artiste a évidemment balancé son iconique Femme Like U.
En quelques secondes à peine, une génération entière a ainsi pu démontrer qu'elle connaissait toujours aussi bien les paroles, bien mieux que les vocs d'allemand appris à la même époque.
Coup de vieux collectif
Mais quelque chose avait changé. Peut-être parce qu'on ne sort pas impunément les années 2000 de leur bocal de formol. Certains tubes ont formidablement vieilli, d'autres un peu moins. Certaines chorégraphies aussi. Et nous (et nos genoux) avec, finalement.
Car avant même l'arrivée de K. Maro, une partie du public avait déjà commencé à quitter les lieux. Sacrilège? Pas vraiment. Il était bientôt minuit, et les Millennials ont désormais des trains à attraper, des boulots qui les attendent le vendredi matin, et pour certains, des articulations qui font des bruits inquiétants dans les escaliers.
Alors non, «Remember Me» n'aura pas totalement ressuscité les boums (et les fantômes) de notre adolescence. Mais c'était peut-être ça, la vraie expérience nostalgique. On a retrouvé les artistes de nos 15 ans. Ils ont pris 20 ans. Et nous aussi.
