Le Venoge dévoile sa prog et une soirée va vous faire hurler
Il y a des festivals qui essaient de vendre de la nouveauté. Et puis il y a le Venoge Festival qui, de son côté, a visiblement décidé de nous prendre par les sentiments. Dans sa programmation 2026, il y a bien sûr de grosses têtes d’affiche, avec des artistes qui remplissent les salles et les playlists, comme David Guetta, déjà annoncé pour une soirée spéciale organisée avec QoQa.
Mais il y a aussi, au milieu de tout ça, une soirée qui semble avoir été pensée comme un piège émotionnel tendu à toute une génération: «Remember Me», un show imaginé, produit et monté spécialement pour le Venoge Festival. Un petit jus maison, donc, et une déclaration d’amour parfaitement calibrée aux années 90 et 2000. Sur le papier, c’est presque obscène d’efficacité.
Donne-moi ton coeur, baby
Gala, K.Maro, Haddaway, Reel 2 Real, Sabrina, Worlds Apart, Dr. Alban, Ophélie Winter et Tragédie, le tout sous l’impulsion du maître de cérémonie Helmut Fritz.
Grosso modo, si vous avez grandi entre MSN, les Skyblogs, les baggys trop larges et les compilations gravées à l’arrache, il y a de fortes chances pour que cette liste vous provoque déjà un petit quelque chose. Voire une envie subite de hurler un refrain que vous écoutez encore aujourd’hui, en faisant la vaisselle ou dans des soirées organisées de plus en plus tôt avec vos camarades d’autant.
Genre ça 👇🏽
Car c’est bien là le pouvoir de ce genre de soirée. Elle ne cherche pas à vous impressionner par sa modernité. Elle veut vous faire ouvrir le tiroir où sont rangés les souvenirs de votre tendre jeunesse. Celui où Freed From Desire, Femme Like U, What Is Love, Dieu m’a donné la foi ou Sexy pour moi sommeillent tranquillement, en attendant qu’un programmateur opportuniste vienne les ressortir en faisant un massage cardiaque avec un iPod nano à votre âme d’ado.
Et le pire, ou le meilleur, c’est que ça va forcément marcher. Parce qu’en 2026, les millennials adorent qu’on les caresse dans le sens du souvenir. On aime faire semblant de lever les yeux au ciel devant ce genre de concept, avant de finir deux heures plus tard à chanter comme si notre vie en dépendait. Et ça, le Venoge l’a parfaitement compris.
Cette grande messe du revival s’inscrit dans une soirée plus large, baptisée Made In Venoge, avec Lisa Stansfield, Magic System et Fatal Bazooka, ainsi qu’un segment «Folie 80» réunissant Jean-Pierre Mader, Patrick Hernandez, Emile (d’Emile & Images) et Début de soirée.
On la connaît par coeur (au secours):
Autrement dit, à Penthaz, le 13 août, personne ne viendra pour écouter dans un silence religieux un obscur projet expérimental. On viendra pour danser, rire, lever son gobelet, et constater que notre mémoire musicale collective est bien plus embarrassante (et géniale) qu’on ne le croyait.
Et le reste?
Evidemment, la programmation du Venoge ne se limite pas à cette grande rechute collective. Le festival frappe aussi fort avec une soirée supplémentaire, le mardi 11 août, portée par David Guetta, annoncé en exclusivité suisse, accompagné d’Afrojack et de Synapson.
Le mercredi, le festival bascule vers une couleur plus urbaine avec PLK, Josman, L2B, La Mano 1.9, Genezio et Nono La Grinta. Le vendredi poursuit dans cette logique avec Damso et Rilès en locomotives, entourés de Suzane, Yuston XIII, Yoa, Sniper et Marie Jay.
Et puis il y a le samedi, avec Mosimann, Claudio Capéo, Gaëtan Roussel, Marguerite, Charlie Winston, Skip The Use et Wamen. Oui, Mosimann est de retour. Encore. Pour la 5e année consécutive. A ce rythme-là, il faudrait peut-être lui attribuer une parcelle à Penthaz.
Mais c’est peut-être ça, la vraie force de cette prog. Elle ne prétend pas réinventer la roue. Au contraire, elle assume une ligne très lisible: du populaire, du festif, un peu de grosse artillerie, et une bonne dose de souvenirs.
Et s’il faut retenir une image de cette édition 2026, ce sera probablement celle de trentenaires et quadragénaires légèrement suants, un gobelet à la main, en train de hurler des refrains qu’ils n’assumaient déjà pas très bien en 2004. Et franchement? On a vu des perspectives estivales bien plus tristes.
